‹ I pupazziChapitre 80 sur 95 · ASPASIE · texte numérisé non relu

ASPASIE

Mon père est si bon !

MADAME GOBARD, bas à son mari.

Àh ! ça fait deux fois. Quelle cruche !

JUJULE.

Ah ! un militaire !

(Tout le monde regarde.)

* M. COURBEMANCHE.

Jeune homme, si vous aviez vécu, vous reconnaîtriez la différence des Oplites et des Peltastes, du civil et du guerrier ; ce que vous venez de voir passer, ce n'est pas un militaire, c'est un garde national,

M. GOBARD.

Oh! militaire ou garde national, c'est la même chose !

M. GOURBEMANGHE.

Du tout!

L'un défend au dedans la patrie attaquée, L'autre, au dehors, de sang inonde son épée ...

MADAME GOBARD.

Tiens, ça rime !

M. GOURBEMANGHE.

Ce sont des vers que je viens d'improviser.

M. GOBARD.

Ah ! par exemple, vous n'avez pas été long ! c'est un

260 ! l'LTAZZI

joli talent! Ah! je voudrais bien improviser comme ça; il faudra que j'essaye...

MADAME COURBEMANCHE, basàA*pa*ie.

As-tu entendu ton père?

ASPAS1E.

Mon père est si bon !

MADAME GOBARD.

Je parie qu'Agathe a oublié le gigot î Avez-vous ou blié le gigot, Agathe?

AGATHE

Oui, madame, il est là !

M. COURBEMANCHE.

Cette fille est illogique. Si le gigot est là, c'est une preuve qu'elle ne Ta pas oublié.

JUJULE.

A-t-on du melon, maman ?

MADAME GODARD

Oui, mon fils.

i puiwzzi 261

•MADAME GOURBEMANGHE.

Ah ! vous avez encore fait des folies !

MADAME GODARD

Non, non. D'ailleurs, c'est pour mon mari que nous l'avons acheté; il adore le melon, et puis je savais que mademoiselle Spasie collectionne les pépins pour faire des paniers à ouvrage ou des corbeilles pour son père.

aspasie.

Mon père est si bon !

MADAME GOBARD, bas.

J'en étais sûre !

JUJULE.

Ah ! nous entrons dans la foret et nous allons voir le donjon.

M. GOBARD.

Célèbre par Daumesnil.

MADAME COURBEMANCHE.

Je ne connais pas!... C'est un professeur?

M. COURBEMANCHE.

Non, madame, c'est un héros !

MADAME GOBARD.

Un héros!

M. COURBEMANCHE.

Voici ce qu'il a Tait, madame.

MADAME GOBARD.

Écoute, Jujule, tu vas t'instruire.

JUJULE.

Moi, j'aime mieux m'amuser!

MADAME COURBEMANCHE.

Est-il gentil!

M. COURBEMANCHE.

Daumesnil avait une jambe de bois... qu'il avait perdue à Wagram... pas la jambe de bois... la vraie..:

M. GOBARD.

On a compris.

MADAME GOBARD.

Alors, c'était un blessé?

M. GOURBEMANGHE.

Évidemment, madame; donc Daumesnil commandait la place de Vincennes en 1814, lors de l'invasion des alliés... Et vainement les Russes le sommaient de se rendre, Daumesnil leur disait : Quand vous me rendrez ma jambe, je vous rendrai la place ! Cette réponse, digne d'un héros, Ta fait surnommer la jambe de bois...

jujule. .

Ah ! voici le camp !

M. GOBARD.

Nous sommes au camp!

M. COURUEMANCHK.

Campus Martius. Le camp de Saint-Maur.

MADAME GOBARD.

Ça î le camp ! Les tentes ne sont pas rayées.

2<H i pupazzi

M. COURBEMANCHE.

On ne raye plus les tenter, madame, on raye les canons aujourd'hui !

MADAME GOBARD.

Eh bien ! descendons. La voiture nous suivra dans le bois où nous dînerons. Agathe, gardez la voiture avec le charretier.

AGATHE

Oui, madame.

M. GOBARD.

Et nous, visitons les jeunes guerriers !

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