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SCÈNE II

Le camp de Saint- Maur. — Tentes de zouaves, de turcos et de sapeurs de la garde. — M. Courbemanche donne le bras à Mme Gobard. — M. Gobard à Mme Courbemanche. — Jujule donne le bras à Aspasie.

MADAME GOBART.

Voici les zouaves ! quelle barbe ! quelle figure t

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M. COURBEMANCHE.

Vous pouvez leur parler; ils vous répondront.

MADAME GÛBARD.

Vous croyez?

M. COURBEMANCHE.

Oh! certainement.

Madame GOBARD, s adressant à un zou.ve.

Eh bien, mon ami, vous êtes content d'être revenu ?

le zouave.

J'en ai peur, madame !

MADAME GOBARD.

Avez-vous été blessé

LE ZOUAVE

Oui, madame, même que ça a crevé l'œil de Joséphine !

(11 retrousse sa manche et montre un bras velu et vigoureux, sur lequel se trouve tatoué un portrait de femme arec cette légende : Joséphine pour f^la vie. Une balle a effacé la moitié du tatouage.)

MADAME GOBARD.

Oh! comme ça a dû vous faire mal ?

LE ZOUAVE

Je n'ai rien senti du tout.

U. COURBEMANCHE.

Je ne l'aurais pas cru, à moins que l'animation du combat, prédisposant les sens à l'insensibilité, n'endurcisse les tissus capillaires et ne chasse momentanément la douleur...

LE ZOUAVE

Ah ! mais, un instant. J'ai reçu un coup de baïonnette dans la cuisse, et je vous prie de croire que ça n'était pas rose.

madame godard, vivement.

Ah! voyons.

LE ZOUAVE, goyuenar dant.

Si madame le désire...

MADAME GOBARD, très-rouge.

Oh! je voulais dire... c'est-à-dire... Ce n'est pas cela que je voulais dire...

LE ZOUAVE

A votre service !

M. COURBEMANCHE.

Est-il vrai, mon brave, que vous élevez des animaux?

LE ZOUAVE

Tenez, voilà mon coq.

M. GOURBEMANCHE.

JJn coq! Gallu*, la Gaule! Tout se tient dans la nature.

LE ZOUAVE

Mon camarade a un chat, et le sergent un rat à trompe.

MADAME GOBARD.

Un éléphant ?

lGÔ l l'Ill'AZZI

LE zouave, liant.

Si vous voulez.

M. GOURBEMANCHE.

Allons, mon ami, au revoir! Nous nous revoirons le 14 sur les boulevar.ls. Je suis de garde. Quand je vous verrai passer, je vous présenterai les armes.

MADAME GODARD

Et moi j'agiterai mon mouchoir; vous saurez que c'est moi.

LE ZOUAVE

Oui, madame.

M. GOBARD.

Nous voici dans le camp des turcos!

MADAME COURBEMANCHE.

Ce sont des noirs !

M. GOBARD.

Presque tous ; ils sont nés dans le Caucase, en Algérie; ce sont les en r antsde nos conquêtes africaines.

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MADAME C0UR13EMANCI1E.

On dit qu'ils ne parlent pas français.

M. GOBARD.

C'est vrai ; vous allez voir. Ouallah ! ouallah!

MADAME GOURBEMANCHE.

Est-ce que vous connaissez leur langue?

M. GOBARD.

Non ! mais il suffit de parler nègre ; vous allez voir. Ti b*>au nègre, comment ti porté?

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