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I. -- Vicariat des Missions de l'Athabaska, Can

La Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée ’a, sous Ia direction miséricordieuse de la divine Providence, produit des fruits de salut dans les différentes Missions qui lui ont été confiées ; dans l’Amérique du Nord, en particulier, c’est une chose évidente qu'elle a été destinée à remplir la fonction de mère — et de mère féconde — pour tout le nord-ouest canadien.

Cependant, qui aurait soupçonné, quand le P. Pierre Aubert et le Fr. Alexandre Taché venaient à la rivière Rouge, que leur présence assurait un avenir si brillant à la civilisation çt à l'Eglise catholique ? Leurs débuts ont été bien modestes, —— ils ne pensaient qu’à évangéliser quelques tribus sauvages, errant dans un vaste désert -— mais ils ent ouvert ie chemin aux -Oblats qui, depuis, n’ont pas cessé d’y marcher; et ils ont planté un arbre, qui a prodigieusement grandi et dont les branches s'étendent, aujourd’hui, jusqu’au Pôle nord.

Le Vicariat de l’Athabaska est une branche de cet arbre. Cette branche n’a encore produit que des fruits

(1) Sous cette rubrique, nous publions aujourd’hui trois rapports, préparés et adressés à S. G. Mgr le Supérieur général, à l'occasion du «+ Chapitre de 1914 ». Bien qu'ils ne soient plus up-to-date, ces rapports forment respectivement une page trop intéressante de Fhistoire de chacun des Vicariats (ou Provinces) dont 1ls parlent, pour que nous nousexcusions de les faire paraître sk tard, — pour des raisons indépendantes de notre volanté, d’ailleurs. lis seront, du reste, corrigés où plutôt mis à four per les rapports qui vont être incessamment présentés au Chapitre de 1920. ‘

bien modestes ; mais, st la sève qui anime l'arbre ne lui manque pas, tout fait prévoir qu'elle ressembléra aux autres branches. Cette sève nécessaire, ee sont les Missionnaires Oblats ; et je soutiens que la Congrégation est obligée de nous en donner et de faire pour l’Athabaska ce qu’elle a fait pour l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba, On m'a dit de chercher des prêtres séculiers. Eh ! que ne dit-on cela aux ordres diocèses organisés et florissants de la Congrégation ? Nous, nous sommes encore des enfants trop petits et trop faibles pour nous passer du lait de notre Mère!

B. — Etat des Missions.

1° Mission Saint-Bernard. — Le Vicaire apostolique y réside aujourd’hui, avec le R. P. Dosithée Laferrière, O. M. I., Supérieur, le P. Yves Floc’h, O. M. I., Curé, et le P. Jules Calais, O0. M. I., rappelé du lac d’Esturgeon pour cause de maladie. Les FF. Augustin Dumas, Nicolas Laurent et André Debs, O. M. I., y travaillent de leur mieux. Couvent des Sœurs de la Providence, avec une école de plus de 120 enfants — dont quelques-uns seulement sont externes. Hôpital tenu par les mêmes Religieuses. Ville naissante, nommée Grouard — çe qui ne lui donnera jamais une importance consjdérable : cependant, elle compte déjà 1.700 habitants, population mêlée de Canädiens-Français, d’Anglais, de métis, .ete. On doit prêcher, chaque dimanche, en trois langues.

a) Mission Saint-Anioine. — Ancienne mission, desservie par le R. P. Laferrière. Les FF. Jean Lecreff (1) et Joseph Kerhervé, O. M. 1.,, y demeurent et prennent soin de la ferme — la plus belle du pays et propriété de la Congrégation. : N

b) Mission Saint-Benott. — De Saint-Bermard un Père va visiter Saint-Benoît, ou le Poisson Blanc, et pousse, quand il le peut, une course d’une centaiñe de

{1) Mort en 1919 (Voir Missions, décembre 1919, page 416 :

milles vers Je nord, où quelques faruilles sont dispersées, et jusqu’à Prairie River, colonie de Bancs et de métis.

2° Mission Saint-Bruno, — qui dépendait naguère de Saint-Bernard, d’où l’on se rendait, .à des époques assez irréguülières, aux Réserves sauvages. Nous avons été obligés d’y bâtir une étole -— confiée aux Sœurs de la Providence, Le gouvernement nous autorisa à y recevoir, d’abord, 25 enfants sauvages comme pensionnaires, et puis, après maintes démarches, 40 et, enfin, 50 enfants — qui ont ainsi le bonheur d’y jouir de tous les avantages d’une éducation chrétienne. C’est le R. P. Edouard Pétour, O. M. I., qui est actuellement chargé de cette mission. ÏÎl a pour compagnon le P. Joseph Dupin, O. M. I., — vétéran isfirme et en retraite (1) — et le Fr. Jean Pollet, O. M. I. Et il a les trois réserves de Mustus, de Kinuseu et de la rivière du Cygne sous sa dépendance, -— ce qui lui occasionne de nombreux voyages.

3° Mission Saint-Célestin, — à Sawridge. (J'ai, par erreur, donné le nom de Saint-Constant à ce poste, dans le résumé que j’ai envoyé précédemment au rédacteur du Personnel,) Un Père de Saint-Bernard, jusqu’à présent, se rendaît là, pour s'occuper des sauvages et des métis qui s’y trouvent. Mais les blancs s’y sont établis, et il nous faut en faire une résidence — confiée au R. P. Cyprien Batie, 0. M. I., qui doit, en outre, visiter Mirror Landing et les familles échelonnées le long de la rivière Atbabaske, de la Petite Rivière des Esclaves et”sur les bords orientaux du lac du même nom. — Le chemin de fer” d'Edmonton à Dunvegan arrive maintenant à Sawridge. .,

49 Mission Saint-Jean-Baptiste, — à Falher, C'est là que nous. dirigeons les colons canadiens-français que nous amène fe R. P. Henri Giroux, O. M. 1. Nous espérons y voir bientôt une paroisse florissante ; mais, pour le quart d’heure, tout y est à créer. Le R. P. Jean Dréau,

(1) Le P, Dupin est “mort, le 12 mars 1920, à l'âge de 80 ans, dont 53 de vis religieuse. :

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O. M. I., qui demeure là, n’a pas encore où se mettre à l’abri de la pluie — qui y tombe abondamment.

50 Mission Saint-François Xavier, -— au lac Esturgeon. Mission sauvage, dont le R. P, Raul Serrand, O. M. I., est le directeur, depuis que le P. Calais a dû la quitter. Je lui ai envoyé le P. Joseph Wagner, O. M. I. pour compagnon. Ce dernier, tout en étudiant le cris, doit, de temps en.temps, visiter les colons allemands — dispersés dans la Grande Prairie. Le Fr. Laurent Michel, O. M. I., y est seul, et aurait besoin d’un ou de deux confrères. Il y a là un couvent de Sœurs de la Providence, avec une école. | .

6° Mission Saint-Vincent Ferrier, — Grande Prairie, résidence des RR. PP. Alexandre Josse et René Hautin, O. M. I., et du Fr. Hervé Huitric, 0. M. I. y a cinq ans, des sauvages castors et des métis iroquois ou cris”se promenaient en maîtres dans cette grande Prairie ; mais, hélas ! ils en sont, maintenant, presque tous bannis. Une foule d'étrangers, en grande majorité hostiles À notre Foi, ont envahi ces belles contrées. On dirait que toutes les sectes s’y sont donné rendez-vous, — Anglicans, Méthodistes, Presbytériens, Baptistes, Seventh Adventists, Christian Scienlists, etc. Quelques catholiques s’y établissent aussi, cependant, et les Pères ont à desservir plusieurs localités, outre Saint-Vincent, qui est comme la paroisse centrale : ils doivent aller, à tour de rôle, à Saskatoon Lake, à Smoky River, à Buffalo Lake, à Prairie Pouce-Coupé, etc. On me dit qu’un bon noyau de Canadiens et d’Irlandais catholiques se trouvent désormais à Prairie Pouce-Coupé et demandent un Père !… .

70 Mission Saint-Joseph, — à Spirit River, résidence confiée au R. P. Louis Girard, O. M. L., et établie d’abord Pour le service des métis et sauvages cris et çastors. Des blancs de différentes nationalités y sont arrivés, depuis, — Américains protestants surtout, nrais on y renrontre aussi quelques catholiques allemands et mêine des Français de France ! Le cher P. Girard est là tout seul. L'année dernière, je lui avais envoyé un jeune Frère

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convers, qui n'a pas persévéré, — et je n’en ai point d’autre à lui donner pour le remplacer,

c-d) Mission Saint-Gharles, à. Dunvegan, et Mission Saint-Jean, Hudson’'s Hope.-— Postes inoccupés, malgré la présence des sauvages que nous y avons baptisés, jadis, et malgré le grand nombré des colons qui s’y installent et parmi lesquels il y a un certain nombre de catholiques. L’an passé, aucun de nous n’a. pu visiter ces endroits ! Cette année, Mgr Joussard y est allé et y a'fait une mission fructueuse, — plus de cinquante baptêmes. 11 y faudrait un Père !...

8° Mission Saint-Boniface, — à Friedenstal, nouvelle résidence au milieu de colons allemands catholiques. Ces braves gens m’avaient demandé un Père parlant leur langue. Je n’avais que ke R. P. Antoine Bichler, O. M. I., alors au Fond du lac Athabaska. Je le fis venir à Saint-Augustin, et avertis les Allemands que le Père se bornerait à les visiter de temps à autre, — jusqu’à ce qu’on lui eût bâti une maison convenable. Malgré cela, le P. Bichler voulut se fixer prématurément au mieu de ses ouailles, — ce qui fut cause de bien des désagréments, de part et d’autre, car on n’improvise pas un établissemeht dans un pays où presque tous les matériaux doivent être importés de loin. Le P. Bichler tomba “malade, et fut remplacé par le R. P. Lucien Croisé, O. M. I., — qui vient de se bâtir une maison, où non seulement il s’est installé lui-même mais où il peut encore réânir les cathotiques pour loffice du dimanche. La plupart des colons parient l'anglais, et le P. Croisé aussi; mais un bon nombre de familles, cependant, ne connaissent que l’allemand, et j'ai été heureux de pouvoir accéder à leurs instantes prières en leur envoyant le P. Guillaume Ebert, O. M. I., — récemment arrivé dans le Vicariut, avec le P. Wagner. D'ailleurs, de nouveaux colons suivent leurs devanciers, et les Pères ont à visiter plusieurs localités à plusieurs milles à la ronde.

9o Mission Saint-Augustin, — Peace River Crossing. Le KR. P. Arsène Aluc, O: M. I., en est le directeur, — süccédant au bon P. François Le Serrec, O, M..1,, qui

l’aide &e'son miéux, ainsi que les chèrs FF. Joseph Mi: sent, Gustave Teillet, Jean Mathys et Joseph Eiseman, 0. M. I. Les Sœurs de la Providence y ont un ‘couvent et uhe ‘école florissante. La missioh possède un, moulin os à farine et une scierle à Vapeur, ainsi que des ‘champs vastes et fertiles : cela sert à faire vivre tout le person nel — Pères, Frères, Sœurs, enfants, ete. — et fournit encore des provisions à d’dutres postes. D'abord bâtie pour les métis et sauvages cris et castors, l’église y est aujourd’hui trop petite, Car, parmi les: colons qui envahissent 1e pays, se trouvent un certain nombre .dé : k catholiques. , . €) A huit rhilles de Saint-Augustin, en descendant la

rivière ia Paix, à Peace River Crossing, une ville vient

d'éclore,. comme un champignon, et se dévéloppe de

jour en jour. Le cheïnin de fer va y arriver, peut-être, ,

l’année prochaîne | = 11 y a iongtemps que j'avais pris

des mesures pour yÿ faire construire une chapelle. Des

circonstances fâcheuses ont contrarié mes .plans ; ‘et,

au lieu d’une terre que Ton eût pu avoir pour rien, .

j'ai été obligé, ce printemps, de payer 2.000 dollars , Ê

ur deux maigres lots de ville, dont le prix, sur le marché, était 3.400 dollars, — ce qui vous donne une idée du progrès inimaginable dont nous sommés victimes | 10° Mission Saint-Henri, — Fort Vermillon: S. G. Mon- :

«seigneur Joussard y demeurait, l'hiver dernier, avec Îe 4 P. Alphonse Rault, O. M. 1., ét les FF. Vincent Crofmat, <

Jean Wagner, Jules Nicol, ©. M. I. Les Sœurs de la

Providence avatent là un beau couverit, —- avec école- U pensioninat et abri pouf vieilles‘ou infirmes. Mgr Jous- ° ‘ sard avait employé bien dès années’ à préparer les maté- « . L riaux de ce couvent, et it l'avait vu Bâtir. Nous étions , tous flérs de le voir se dresser sur les bords de la rivière ‘ nu la Paix itles étrangers l’admiraient tomme là plis belle + A construction de ce pays ; 3 70 enfants, — cris, castors, N esclaves, métis et bianés — y revevaient une éducatiof ; chrétienne. Le Bon Dieu nous l'avait donné ; le 16 mars Te dernier, 11 nous l’a eñlevé, en permettant au feu de le. . >.

détruire. Heureusement que personne n’a péri dans les flammes. Que le saint Nom de Dieu soit béni!

{-j) A Saint-Henri se rattachent : — j) Saint-Louis, situé en face, de l’autre bord de la rivière; g) Saint- Edouard, à 150 milles au nord-ouest, sur la rivière au Foin ; h) le Sacré-Cœur, à la petite rivière Rouge, audessous des chutes de la rivière la Paix ; à) Saint-Michel, à 60 milles, en remontant cette rivière, c’est-à-dire à la pointe Carcajou ; j) joignez-y un poste éloigné de deux jours de marche, dans de belles prairies, et, sur la rivière au Huard, à une distance respectable encore, les campements des Cris. Il faudrait trois Pères à cette Mission, — dont voici à peu près da surface. Prenez Saint-Henri pour centre, puis un rayon de 50 lieues françaises, et” tracez une circonférence : le territoire compris dans ce cercle forme la paroisse, — territoire coupé de cours d’eau, de forêts, de montagnes, de vastes prairies et de marécages. Les sauvages, presque tous encore nomades, ont de l’espace pour chasser ; les métis bâtissent, cultivent, élèvent quelques troupeaux ; et des blancs arrivent, qui feront de l'élevage ou de Ia culture sur une rande échelle.

11° Mission de la Nativité, — au lac Athabaska. Le R. P. Joseph Le Treste, O0. M. I., en est le supérieur, en place du KR. P. Louis Le Doussal, O. M. I., affligé de 80 ans et de plusieurs autres infirmités. Le P. Alfred de Chambeuil, O0. M. I., y travaille aussi avec zèle, depuis longtemps ; et les FF. Hermas Charbonneau, François Hémon, Rodolphe Courteille et Louis Crenn, O. M. 1, y font tous les métiers, —— aidés de deux jeunes novices bretons, qui y prennent des leçons de vie religieuse et apostolique. Les Sœurs Grises y ont un grand couvent, aveë école-pensionnat. Les métis, les Montagnais et les Cris composent l’immense majorité de la population, et sont catholiques ; mais on m’annonce que l’évêque anglican du Mackenzie quitte son diocèse et vient établir son siège sur les bords du lac Athabaska. Nos Pères avaient, pourtant, assez de besogne pour. desservir leur vaste paroisse ! Quels voyages, longs et souvent dangereux,

ne font-ils pas, afin de visiter les malades ‘ou les mourants !

12° Mission Sainte-Marie, — à Smith Landing. A la demande de Mgr Breynat, j'ai fait un arrangement au sujet.de ce poste, et je lui en laisse la charge — pour un ‘ temps indéterminé.

13° Mission Notre-Dàme des Sept-Douleurs, — Fond du Lac. Le R. P. Jean Riou, O. M. 1., en a la charge. Il avait pour compagnon le P. Désiré Bocquené, ©. M. I. — que j'ai appelé à la Mission Saïint-Henri, afin d’en être le directeur. J’ai donné l’ordre : a-t-il été "reçu, le Père B. vit-il éncore, ou pourra-t-il sa rendre à mon appel ? Il y a bientôt quatre mois que j'ai envoyé l’obédience, et je n’ai reçu aucune réponse (1)! Cela ne me surprend pas, mais ailleurs on s'imagine peut-être des conditions plus faciles. Par exemple, ce que j’ai dit de l'étendue de la mission Saint-Henri est également vrai de l’étendue de celle de Notre-Dame des Sept-Douleurs : prenez un centre, puis un rayon de 50 lieues, et tracez un cercle, — et tout le territoire dépendant de la mission du Fond du lac n’y sera pas enfermé ! Pays de rochers, de lacs, de rivières, de terres stériles, — barren grounds, disent les Anglais — habité par les Mangeurs-de-Caribous, tous bons chrétiens. |.

140 Mission Saint-Julien, du Fort Mackay, et Mission Saint-Jean-Baptiste, au Fort Mac-Murray. — Le KR. Père Adoiphe Laffont, O. M. I., est le missionnaire des sauvages montagnais et cris, des métis et même des blancs qui s’établissent dans ces parages — où le pétrole, l'asphalte, le bitume, etc., ont décidé le gouvernement à ouvrir un chemin de fer jusqu’au fort Mae-Murray. Déjà une ville ÿ prend -naissance.

15° Mission Saint-Martin, — au Mc Wabaskaw. Le R. P. Joseph Habay, O. M. 1., —- avec le P. Edouard Jaslier, O. M. I., et les FF. Johfh. Behan, Joseph Leroux et Michel Mathis, O. M. I., — dessert cette mission, la

(1) Le P. Bocquené est, Dieu merci, toujours en vie : après

avoir servi son pays, durant la guerre, il vient de rentrer cher Mer Grouard, plein de zèle et de. santé.

plus difficile du Vicariat. D’abord, elle est presque inabordable en été; mais, en hiver, quand tout est'gelé, on peut y passer assez facilement. Là aussi, pour vous donner une igée de l’immensité du pays, vous pouvez, avec un rayon de 50 lieues, tracer une circonférence — et vous aurez la paroisse de Saint-Martin ! Seulement, ce n’est plus comme au fort Vermillon, où vous trouvez de vastes prairies et de belles forêts. Ce n’est, cépendant, pas non plus comme au Fond du lac Athabaska, où la terre cultivable fait défaut, A Saint-Martin, il y a surtout des lacs, — une douzaine, au moins — assez considérables et poissonneux, éloignés les uns des autres, parfois reliés entre eux par quelque rivière ou séparés par une forêt, une montagne ou des marécages, En été, le missionnaire. visite les familles établies sur le bord de ces lacs, en canot et faisant maint portage, et, en hiver, il se sert de la raquette et des chiens : chaque voyage demande au moins un mois et souvent plus. Les sauvages cris ne sont pas encore tous convertis, — une mission protestante nous y dispute le terrain — mais on peut espérer que la Religion catholique triomphera dé ses adversaires, car déjà, grâce à l’école tenue par les Sœurs de la Providence et grâce au zèle infatigable des Pères, nos ennemis battent en retraite sur toute la ligne.

Jai mentionné le Fr. Leroux commé étant à Saint- Martin. En réalité, je ne sais pas s’il s’y trouve, — je lui ai donné l’ordre, ft y a fort longtemps, de venir au secours du P. Habay, mais je ne sais pas si son obédience lui est parvenue. Le Fr. Leroux est un pêcheur émérite, et il rendra d'immenses services à Saint-Martin. J’ai nommé également te Fr. Michel Mathis ; mais il doit quitter le Lac Wabaskaw, où je l'avais envoyé construire une nouvelle bâtisse pour le couvent, et nous l’attendons au petit lac des Esclaves, où il va venir donner un coup de main au cher Fr. Dumas — occupé, lui aussi, à agrandir le ceuvent de Saint-Bruno.. Que ces bons Ffères nous sont donc précieux ! Je ne puis assez leur témoigner mon affectueuse reconnaissance pour Jeur admirable dévouement et lefficacité de leur concours dansles missions del’Athabasha.

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