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On sait quel était le profond respect des anciens Romains pour la Divinité et combien ils tenaient à honneur d’être considérés comme le peuple le plus religieux de la terre. Ce sentiment se manifeste avec éclat dans tout le cours de leur histoire : avant de livrer bataille, leurs généraux invoquent les Dieux et consultent les augures; leurs poëtes font de la piété le plus bel attribut et le plus beau titre de gloire; leurs historiens. racontent que Romulus, par l’établissement des auspices, Numa par celui des sacrifices, ont jeté les fondements de Rome; Cicéron s’écrie en plein Sénat : « Nous cédons volontiers la force aux Gaulois, la » ruse aux Carthaginois, le succès aux Grecs dans les » arts ; mais nous surpassons en piété et en religion » tous les autres peuples.» (De arusp.responsis, n° 9.

Un peuple aussi éminemment religieux devait na-

turellement considérer le sacerdoce comme la première des dignités et combler ses vire d’honneurs

et de priviléges.

Nous n’avons pas la prétention de faire ici l’histoire

complète du pouvoir sacerdotal chez les Romains ; le passage suivant de Dezobry suffira pour donner une idée générale des différents colléges sacerdotaux à Rome, de leurs diverses fonctions et atiripais (Lettre XXX.)

« À partir de Numa, il y eut deux classes distinctes de prêtres : les uns chargés des cérémonies du culte, en général ; les autres interprètes spéciaux des volontés divines manifestées par diverses sortes de présages.

» La première classe comprend les Pontifes et les Flamines : les Pontifes ministres des dieux en général, et les Flamines d’une divinité en particulier. » La seconde se compose des Augures et des Aruspices, chargés de prédire l'avenir par l’observation des présages.

» Aucun sacerdoce n’est le partage exclusif d’une classe de la société, et tous les citoyens peuvent y

parvenir.

» Suivant leur ordre hiérarchique, les sacerdoces sont : d’abord ceux qui ont soin du culte en général, les Pontifes, les Augures, les Quindécemvirs et les Septemvirs-Epulons, formant quatre colléges; ensuite ceux attachés à une divinité particulière, les divers Flamines ; puis d’autres qui, sans être Flamines ni membres de l’un des quatre colléges, sont

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cependant chargés d’importantes fonctions sacrées, tels que les Curions, le Roi des sacrifices, les Frères Arvals et les Fécials. Enfin les Vestales, seul collége de prêtresses qui existe à Rome.

» Les colléges sacerdotaux sont chargés chacun d’une partie spéciale du culte ; mais l'inspection générale en appartient au Sénat qui veille à la conser-

» vation des anciens rites, prononce souverainement » sur l’admission ou le rejet des nouveaux cultes que » l’on tente ou que l’on propose d'établir, et ordonne

toutes les cérémonies religieuses extraordinaires.

» L'esprit de cette surveillance est éminemment politique : les Romaïns pensent que par l'introduction de nouvelles divinités, on engage les hommes à suivre les lois étrangères, et que de là naissent des unions par serment, des ligues, des associations toujours dangereuses pour la tranquillité de l'État. »

Cette pensée devait dicter aux empereurs et au Sé-

nat les persécutions contre les chrétiens.

$ [ — Du Collége des Pontifes.

Tous les ministres de la religion jouissaient à Rome

de la plus haute considération ; mais le pontificat fut sans contredit le plus beau de tous les sacerdoces romains, et jamais aucun autre n’osa lui disputer la prééminence. En faire connaître les principaux attributs et priviléges, sera par là même faire connaître les avantages immenses accordés par les anciens Romains à leurs prêtres.

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