‹ IA41554035_0018Chapitre 10 sur 26 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

La chorée peut débuter à diverses périodes de la grossesse. Dans certains cas, nous le verrons commencer avec

= 90 — la grossesse elle-même, au point qu'on pourrait dire qu'elle en constitue up des premiers signes. Mais ce n’est pas ce qui se passe le plus habituellement comme on peut le voir et s’en assurer par la lecture des observations qui suivent. C’est dans la premiére moitié de la gravidité qu’elle fait habituellement son apparition. Pourtant il arrive qu’elle n’éclot que vers le 6° mois.

Cette affection va, dans la majorité des cas, en progressant d’une facon lente, sans à-coup, jusqu'à l’expulsion du produit de conception.

Pourtaut, chez certaines femmes, on voit la chorée éclater brusquement et acquérir trés vite, en quelques jours, un degré d'intensité assez considérable.

Les mouvements choréiques se montrent tantôt dans tout le corps, tantôt dans une moitié seulement. Mais c'est là l'exception; car les exemples d'hemi chorée gravidique sont très rares. Cependant dans quelques cas d'hemi chorée vraie, les mouvements débutent par un côté, se propagent ensuite au côlé opposé; mais très souvent leur intensité est différente soit à droite, soit à gauche, plus marquée en général du côté où l'affection s’est d'abord montrée. |

Dans le cas de chorée gravidique, les prodrômes manquent souvent. Dans les cas où ils existent, on voit la femme changer brusquement de caractère, perdant la mémoire, devenir irascible et éprouver du côté de l'ouïe, et surtout de la vue, des hallucinations. Ces phénomènes, s'ils ne précèdent pas l'apparition des mouvements choréilormes, les accompagnent habituellement et font partie du cortège symptômaltique.

mot

C’est habituellement du côté gauche et par le membre supérieur que commencent ces mouvements. La main se tend et se fléchit sur l’avant-bras, prenant quelquefois un point intermédiaire.

L’avant-bras et le bras par la contraction simultanée ou séparée de certains groupes de muscles produisent des mouvements de supination, de pronation ou encore de flexion, mouvements involontaires survenant avec brusquerie et exagérant chez la femme qui cherche à les dissimuler l’état d’énervement et de surexcilation habituels dans celte affection. Les doigts sont inhabiles aux ouvrages délicats auxquels elle se livre journellement, et la préhension des objets dans les actes les plus ordinaires de la vie est accompagnée d’une maladresse remarquable qui met immédiatement sur la voie du diagnostic.

Presque en même temps les membres du cté opposé et les membres inférieurs-sont pris. Il en résulte un désordre dans la marche, dans la station assise et toute une série de changements brusques d’attitudes, d’autant plus singuliers qu'ils sont plus inattendus et illogiques.

Dans la station debout, quand la‘malade cherche à rester immobile, une contraction brusque des extenseurs déplace son centre de gravité et l’oblige à une série de mouvements pour retrouver son équilibre, et dans les cas graves la marche elle-même par lPincoordination des contractions des groupes musculaires qui y coopèrent peut devenir difficile sinon impossible.

Il n’est jusqu'au tronc et aux épaules où l’on n’observe de ces contractions brusques et anormales.

Les muscles mêmes appartenant au système respiratoire peuvent arriver de Ja même façon à rendre difficile cette importante fonction, particulièrement lexpiration lente et soutenue.

Quant à la tête et au cou, ils sont fréquemment le siège de tics, occupant tous les muscles si variés qni'concourent à Pexpression de la physionomie, sans en excepter les muscles du larynx et les muscles du pharvax. Il en résulte, dès lors, dans la parole et dans la déglutition des difficultés spéciales.

Mais à ces difficultés d'ordre purement physique viennent se joindre celles d'ordre cérébral; car, comme nous avons déjà dit, ce n’est pas seulement l’axe médullaire, mais lPaxe cérébro-médullaire et le facteur cérébral se traduit par la lenteur dans la transmission des idées, la perte de la mémoire et les modifications du caractère.

On a signalé dans certains cas une polvurie abondante. Il est donc possible que les centres vaso-moteurs soient atteints de leur côté.

Bien que nous n’en ayons pas trouvé d'observations, il est possible que, comme dans la chorée vulgaire, il existe du côté des sphincters des troubles d'innervation.

En résumé, comme dans la chorée ordinaire, ce qui caractérise l'affection qui nous occupe, c’est la production de mouvements, mouvements anormaux, incoordonnés, conscients et involontaires.

À ces symptômes médullaires, il faut avoir soin de joindre les symplômes cérébro-bulbaires. L'agitation des choréiques cesse habituellement pendant le sommeil, mais ce repos n'est complet qn'à la condition que

EEE

l’idéation soit complètement suspendue, c’est-à-dire que le sommeil soit sans rève, et l’idéation qui se réveille impose, comme le dit Jaccoud, à l'axe médullaire une excitation qui se transmel comme celle de l’état de veille et produit une incoordination motrice moins grande, mais non douteuse.

La similitude de la chorée des femmes grosses et de la chorée infantile est absolue. Il n’est jusqu'à l'intensité des mouvements qui ne soit semblable dans les cas graves et l'usure des téguments allant même, comme dans le cas de J.-P. Franck, jusqu’au sphacèle, jusqu'aux eschares, en font foi.

Il n’est pas rare que des manifestations hystéro-épileptiques ne viennent s’adjoindre à la chorée, mais les troubles cérébraux font rarement défaut, si heureusement dans la majorité des cas ils ne vont pas jusqu’à la démence pour constituer ce qu’on à appelé improprement la folie hystérique. Chez presque tous les malades, il y à un état mental particulier, peut-être insuffisant pour frapper les cliniciens au premier abord, mais qui n'échappe jamais à ceux qui depuis longtemps entretiennent avec la maladie commerce d'amitié.

Page 1