FORME ET MARCHE
Si Lel est le tableau général de la chorée gravidique, il faut bien dire que chaque individu imprime à la maladie des caractères particuliers; aussi doit-on considérer plusieurs formes qui dérivent soit de l’état général de la
Le Core
maladie au moment de l'apparition des premiers symptômes, soit de ses antécédents personnels ou héréditaires, joints à la localisation des mouvements.
Nous distinguerons donc à côté des cas de moyenne intensité que nous venons de décrire et qui sont la forme la plus commune à cette affection, une chorée légère, une chorée grave, une chorée récidivante, une hemichorée et une mono-chorée.
La chorée légère est assez fréquente, si nous n’en trouvons pas plus d'observations, c’est que cette affection évolue d’une façon rapide et qu’elle a été si peu marquée que les médecins qui l'ont observée n’ont pas cru utile d’en parler. Les mouvements dans ce cas sont peu marqués, peu élendus, cessent complètement pendant le sommeil. [ls ne prennent pas les muscles du pharynx et n’entravent pas les fonctions végetalives. Ils n'influent en rien sur le cours de la grossesse ni sur le produit de conception. Nous ne voulons pas la décrire pour nous exposer à des redites. C’est, en définitive, le tableau que
nous avons fait tout à l'heure, moins les symptômes
pharyngiens; mais tout y est atténué.
Nous n’en dirons pas autant des formes plus graves.
Dans cette forme que rien ne peut faire présager au début, les mouvements choréiques prennent rapidement une amplitude assez grande. Ils se renouvellent incessamment et ne laissent à la malade aucun repos. Celle-ci épuisée, est bientôt obligée de garder le lit. Il existe un affaiblissement musculaire très marqué. Cetle parésie ou cet affaiblissement marqué ne va pourtant jamais jusqu’à la paralysie.
Dans ces cas, les malades ne dorment plus ou dorment mal, et la trêve qu’apporte dans ces cas un sommeil réparateur fait complètement défaut. Aussi, après quelque temps, les frottements répétés contre les draps du lit, ne lardentils pas à amener des excoriations, des eschares de la peau toute entière, amenant des suppurations abondantes.
Les fonctions digestives sont troublées, non pas parce que les digestions Sont mauvaises, mais par suite de la difficulté de nourrir les malades qu’on est obligé de faire manger. Les spasmes du voile du palais et des lèvres rendent la nutrition difficile et facilitent l'introduction des aliments dans les voies aériennes.
A ces causes d’affaiblissement, Suppurations, difficulté de nutrition et dépense considérable d’influx nerveux, vient encore se joindre des troubles mentaux inquiétants, des hallucinations de la vue et de louiïe qui troublent la malade. Les désordres mentaux qui, pour la suite, font redoubler la manie aiguë à laquelle prédispose déjà l’état puerpéral. C’est dans ces cas qu'arrive fréquemment la mort du fœtus, l'avortement ou l'accouchement prématuré.
Ne peut-on se demander si dans ces cas particuliers où tous les muscles de la vie de relation sont atteints d'une véritable ataxie où il existe une sorte de « folie musculaire », comme disait Bouillaud dans un langage très pittoresque, ne peut-on se demander si les fibres musculaires striées qu’on a découvert récemment dans la structure de l’utérus, ne seraient pas atteintes, elles aussi, de contractures intempestives, venant mettre en jeu les
Fonteneau 4
MULOp autres fibres musculaires de l'utérus qui appartenant au groupe des fibres lésées, ne sont atteintes pas plus que celles de l'intestin.
Les complications cardiaques de la chorée Pendocardite, végélante, sont surtout fréquentes dans les formes graves, bien qu'elles se rencontrent aussi dans les cas moyens.
Et alors on voit les malades s’affaiblissant rapidement, atteintes de troubles mentaux graves, arriver à un degré de cachexie qui vient compliquer lhémorrhagie qui accompagne fatalement l'avortement.
La terminaison fatale peut même survenir avant lexpulsion du produit de conception.
Ce tableau fort noir est heureusement rare. Pourtant, on en trouve un certain nombre de cas relatès par les auteurs. Mais les cas qu'on croirait plus fréquents eu égard au nombre des observations publiées sont en réalité peu nombreux; car c’est surtout à cause de leur gravité extrême qu'ils ont été publiés, tandis qu’on passe volontiers les autres sous silence.
Nous dirons peu de chose en terminant des hemichorées et des mono-chorées. Nous croyons pourtant qu'il faut en faire des formes bien distinctes, car la maladie qui revêt cette allure spéciale reste bien elle-même, jusqu’à guérison, sans prendre d'extension ni envahir le reste du corps.
L'hemi-choréc atteint-elle plus souvent un côté du Corps ?
Rufz avait déjà remarqué ce fait et en avait établi comme règle que c’élait surtout le côté gauche, Widle dans son relevé trouve que le côté gauche est un peu plus
ST 3 ES souvent frappé que le droit, Les observations d'hemichorée que nous avons relevées viennent à Pappui de opinion de Rufz. L'hemi-chorée gauche serait un peu plus fréquente que la droite.
Il n’est pas rare toutefois que les mouvements choréiques soient plus marquês au membre supérieur où au membre inférieur. Quant à la mono-chorée gravidique, elle est très rare. Les mouvements se, localisent alors.