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ressemblant beaucoup à ceux de la chorée. Les contorsions étaient bilatérales et réparties à peu près sur tous les muscles volontaires du corps. Son intelligence était absolument nette, et elle racontait que, deux mois auparavant, elle avait été prise de mouvements convulsifs qui d’abord commencérent dans le bras droit, augmentèrent graduellement et s’aggraverent Les attaques étaient beaucoup plus sérieuses depuis qu'elle était tombée en bas d’un escalier trois ou quatre jours avant son admission. Pendant ces deux mois, elle a beaucoup souffert d'insomnie. Le jour de son admission, à 5 heures du soir, elle accouchait sans accident d'un enfant bien portant, pesant à peu près dix livres, et, par conséquent, indubitablement à terme On fut forcé de lui donner du chloroforme pour la teuir sur son lit pendant le travail et subséquemment ses convulsions et ses contorsions s'accrurent tellement qu'il devint nécessaire de la maintenir avec les mains.
Elle avait toute sa lucidité d'esprit et paraissait effrayée d'être prise pour une folle. Elle disait qu'elle sentait parfaitement ses mouvements involontaires, mais qu'il lui était impossible de les arrêter. Plus tard, dans la soirée, ils devinrent plus violents encore et on fut forcé de la chloroformer, parce que ni la morphine ni le bromure de potassium n'agissaient.
Elle dormait parfois pendant une heure après l'inhalation, si le bruit le plus léger, tel qu'un éternuement, ne réveillait ses attaques; ce qui rendait presque impossible de la maintenir sur son lit, jusqu’à ce qu'on l'ait de nouveau chloroformée.
De bonne heure, dans la soirée, on lui donna par voie hypodermique 1/4 de centigrammede morphine. Les pupilles furent contractées toute la nuit, et le matin elles étaient encore resserrées. La respiration devint très longue et profonde, mais non stertoreuse. À un moment donné, il n'y avait plus que six inspirations par minute. Le pouls était rapide, pas de suenr appréciable. La moindre chose coutinuait à exciter la malade, mais pendant le réveil les contractions étaient moins intenses et les respirations plus fréquentes.
On la maintenait alors plus facilement sous l'influence anesthésique. Vers le point du jour, on lui fit prendre des stimulants et du chloral. Le nombre des inspirations croissait lentement et était à 8 heures 30 de 14 par minute. Les pupiiles étaient contractées et l'instabilité réflexe était beaucoup moins grande à 10 heures. Température, 100 1/2, Farh ; pouls, 100; respiration 20.
Pendant la journée, amélioration notable, chloral, bromure et . wieskey. Quand on l'excitait, elle fronçait le sourail et grinçait des dents. C'est dans l'après-midi que l'auteur la vit pour la première fois, ses mouvements convulsifs ressemblaient absolument à ceux de la chorée, mais sa manière particulière de fermer les yeux, l'absence de contorsions pendant la palpation, et le toucher vaginal le porta à douter de l'exactitude du diagnostic et soupçonpa le début possible d’une attaque de manie puerpérale.
A ce moment, on hésitait entre une chorée, une manie puerpérale au début et hystérie. La marche ultérieure de la maladie montra que c'était bien une chorée. On trouva le cœur normal, l'urine était exempte d’albumine et de phosphate en excès.
Le 30 septembre, second jour après l'accouchement, la ma- Jade était caime, somnoilente, et on ne la faisait parler qu'avec peine. Les pupilles étaient un peu plus larges que normale ment. On continua à donner du chloral, du bromure et des stimulants. Le ventre est sensible à la pression, mais la nuit a été calme. Dans la matinée, la malade semblait dans un état demicomateux avec dilatation des pupilles. On avait beau lui parler, l’examiner, elle ne disait rien, mais si on continuait à l’exciter, elle fronçait les sourcils et grinçait des dents.
Température, 103 3/1 Farh.; pouls, 126, respiration, 36.
Pendant toute la nuit, la situation resta la même, mais par moments, elle poussait un cri prolongé et on observait des mouvements choréiformes. Le lendemain, légère amélioration. Le 3 octobre, elle est plus irritable, elle fronce le sourcil quand on s'approche d’elle. Les mouvements convulsifs sont décidément
moins marqués et la malade peut rester éveillée sans prendre de médicaments. Le lendemain matin, on note quelques symptômes de la manie aiguë; et dans l’après-midi on la transporte dans une maison de santé où elle est confiée aux soins du médeein résidant, le Dr Thomas Gount, qui a bien voulu renseigner l’auteur exactement. Illa trouva en proie à une manie d’un type doux, mais avec chorée violente. La semaine suivante, son état s'améliora rapidement sous l'influence de la teinture de jusquiame qui fut d’abord ordonnée à petites doses, puis à doses plus élevées, jusqu’à ce que ses effets physiologiques se fussent montrés On lui donna de plus de l’opium, du chloral, du bromure de potassium.
La chorée commença à diminuer avant les symptômes cérébraux, et, avant la fin de la semaine, elle était tout a fait raisonnable. Les contractions diminuërent peu à peu, celles des mains et des pieds furent les dernières à disparaître. La guérison survint enfin. Les règles reparurent au bout de trente-trois jours . L'enfant continue à se bien porter.