‹ IA41554035_0018Chapitre 25 sur 26 · PO US · texte numérisé non relu

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Fonctions organiques normales; pas de lésions cardiaques; pouls de fréquence normale. Le sommeil parait souvent agité. Crâne régulier, pas d'asymétrie.

OBSERYATION XV

Observation communiquée par Dulil. — Thèse de Hull. Obs. X. p. 80.

Femme de 68 ans. Apparition de la chorée à 21 ans, à l’occasion d’une première grossesse; guérison quelques semaines après l'accouchement; à 23 ans, nouvelle grossesse, réapparition

de la chorée; guérison de nouveau après l'accouchement. A.

24 ans, nouvelle grossesse, troisième attaque de chorée qui persiste à l'état chronique après l'accouchement, avec des alternaüves de remission et d’aggravation; à 30 ans, quatrième grossesse, exacerbation de la chorée, fausse couche à 7 mois. Depuis, les mouvements choréiques ont toujours persisté, diminuant l'été, augmentant de nouveau l'hiver. Depuis l’âge de 65 ans, aggravation de la chorée. Mort par bronchite à 68 ans. Autopsie. Pas de lésions des centres nerveux ni des nerfs.

La nommée Marie Cath..…., âgée de 68 ans, sans profession, est entrée à l'hôpital Necker, le 10 mars 1887, dans le service de M. le professeur Peter.

Cette femme, très amaigrie, presque cachectique, présente des mouvements choréiques très intenses, incessants, généralisés, qui l'obligent, depuis plusieurs années, à garder constamment le lit. Voici les renseignements qui nous ont été donnés, soit par la malade elle-même, soit par des personnes de son entourage sur ses antécédents héréditaires et personnels.

Antécédents héréditaires. — Père mort à 81 ans. Il n'était ni rhumatisant ni névropathe.

Mère morte à 60 ans, avait des accès d'asthme, mais pas de

rhumatismes ni d'accidents d'ordre névropathique. Un frère, mort du choléra, ni rhumatisant ni nerveux. Deux sœurs, l'une encore vivante, l’autre morte subitement à 45 ans. Elles n’ont jamais eu ni l’une ni l’autre de rhumatismes ni de troubles nerveux. Aucune indication précise ne nous a été fournie sur les parents de la ligne collatérale,

Antécédents personnels. — Madame Cath... a été bien portante jusqu'à l'âge de 22 ans. Dans son enfance, pas de terreurs nocturnes, pas d'émotivité excessive, pas de crises de nerfs, pas de danse de Saint-Guy.

Réglée à 18 ans et toujours bien réglée jusqu'à la ménopause qui eut lieu à 49 ans.

Elle n'a jamais eu de rhumatisme articulaire aigu, aucune fièvre éruptive, aucune maladie infectieuse.

Début de la chorée. — Mariée à 21 ans, elle devint grosse l'année suivante, et c'est dans les premiers mois de la grossesse que se rencontrèrent pour la premiere fois les mouvements choréiques généralisés.

Ces mouvements persistèrent pendant toute la durée de la grossesse; ils cessèrent complètement quinze ou vingt jours environ aprés l'accouchement qui eut lieu à terme et sans complications. L’aunée suivante, à 23 ans, deuxième grossesse, et dans le cours du troisième mois, réapparition des mouvements choréiques qui ne cessèrent complètement qu'un mois après l’acconchement.

A 24 ans, troisième grossesse et, des le second mois, troisième retour des mouvements choréïques qui persistèrent incessants pendant tout le cours de la grossesse. Mais cette fois, quand l'état gravide eut pris fin, les mouvements tout en diminuant de fréquence et d'intensité ne disparurent plus complètement.

Il y avait bien, nous dit la malade, des périodes de quinze jours et même d'un mois pendant lesquelles elle n'avait plus que de rares secousses dans les mains, mais, à la moindre émotion ou bien à l’occasion d’une contrariété, aussitôt les mouve-

ments se généralisaient, sans se montrer toutefois avec Le degré de violence, de presque continuité qu'ils atteignaient durant les mois de grossesse, Ces alternatives de sédation incomplète et d'aggravation se succéderent ainsi Jusqu'à l'âge de 30 ans. A cette époque, la malade devint enceinte pour la 4* fois; la chorée s’aggrava et l'accouchement eut lieu avant terme, au Te mois. Les mouvements choréiques s'amendèrent encore durant les quelques semaines qui suivirent, mais ils n'ont depuis lors jamais disparu complètement. Tous les ans, perdant les mois d'été, ils se cantonnaient aux mains et aux avant-bras: mais l'hiver venu, ils se généralisaient, se montraient j:resque continuels et rendaient le sommeil à peu près impossible.

La ménopause ne semble avoir, influencé en rien cette chorée chronique Depuis trois ans, les mouvements choréiques sont si intenses, que la marche, la station debout, sont devenues impossibles. La malade est constainment alitée.

Etat actuel (14 mars 1887). — Amaigrissement extrême. Mouvements désordonnés, incessants et généralisés des quatre membres, du tronc, de la tête, du visage. Le fait d'approcher de la malade, de lui parler, de l'examiner, semble augmenter la fréquence des mouvements choréiques. La figure grimace, la langue est tirée hors de la bouche, les bras et les jambes partent brusquement dans les directions les plus variées, avec des attitudes bizarres, toujours changeantes, indeseriptibles.

La malade a cependant conservé un certain degré de force musculaire; au dynamomètre à droite 19 kilos, à gauche 18.

Nulle part il n'y a trace d'atrophie musculaire.

La sensibilité générale est partout conservée.

L'ouïe, la vue, l’odorat, le goût sont intacts. La malade n'épronve aucune douleur. Intégrité absolue des sphineters. L'intelligence est assez bien conservée. La malade se rend bien compte de la gratité de son état. Elle pleure fréquemment. Elle se plaint surtout de ne pouvoir pas dormir.

Aux deux mains, déformations caractéristiques dues au rhumatisme chronique noueux. Ces déformations existent depuis

une Qizaine d'années. Elles se sont produites petit à petit sans aucune douleur. Les articulations, autres que celles des phalanges, sont complètement respectées.

Poumons. — Rien à noter.

Cœur. — Pointe bat dans le T° espace intercostal, accroissement de la matité, hypertrophie.

Souffle systolique à la base; au foyer aortique, deuxième bruit aortique presque nul, mais pas de souffle diastolique, pouls petit, régulier, sans fréquence, urines claires, faiblement albumineuses, température normale, pas d'œdeme. Dans les derniers Jours du mois d’avril,toux, symptômes de bronchite généralisée, appétit vul, fièvre modérée, mort dans le marasme le 8 mai.

Autopsie, 36 heures après la mort.

Poumons; emphyseme, bronchite aigue, congestion aux deux bases; cœur, hypertrophie considérable, du ventricule gauche, poids, 500 grammes. La paroi du ventricule à sa partie moyenne mesure 3 cent. 112. Pas de lésions mitrales.

À l'onifice aortique, calcification complète des valvules semilunares. Ces valvules sont abaissées, rigides et circonscrivent par leur bord libre, une fente allongée de 2 ou 3 millimètres de largeur. Il y a donc à la fois retrécissement et insuffisance.

Reins petits, rouges, kystiques, nephrite interstitielle. Le cerveau,le bulbe,la moelle,les nerfs des membres ont été recueillis, ils paraissent sains à l'œil nu.

L'examen histologique des coupes de l'écorce dans la zone motrice, de la eapsule interne {des deux côtés) de la moelle (renflement cervical et lombaire) la dissociation des nerfs après action de l'acide osmique à 2/00 ne nous ont révélé aucune alté-

ration.

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