‹ IambesChapitre 5 sur 12 · XXV · texte numérisé non relu

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talive que l'on n'ait faite pour ressusciter la muse qui paraissait morte; on l'a dépouillée tour à tour de ses draperies helléniques et du costume élégant que le siècle de Louis XIV lui avait prêté. La mythologie chrétienne, l'histoire féodale, les costumes des peuples étrangers ont été consultés tour à tour. On a secoué la poussière des vieux volumes comme les magiciens ouvraient les tombeaux pour y chercher les secrets de la vie et découvrir dans les débris des morts, les élémens de la flamme vitale dont ils voulaient s'emparer.

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Il ne nous appartient pas d'apprécier les talens remarquables qui se sont développés, ni de les classer comme la critique juteuse a coutume de le faire. L'ode, le drame et le roman, animés d'une vigueur nouvelle, ont produit des fruits éclatans; mais ce que l'on n'avait pas encore tenté, c'était la vérité nue; c'était l'expression naïve et franche de la pensée. Telle est la spécialité, le caractère original des poésies de M . Barbier. Cette originalité est devenue plus frappante encore parla nature même des méditations et des tableaux que l'auteur a choisis. C'est en face de

l'enfant de Paris, misérable qui chante, qui rit, qui se bat, qui vole, qui plaisante, race étiolée et appauvrie, race héroïque au jour du danger; c'est en face de la scène souillée d'immondices; c'est en face des bassesses populaires et courtisanesques; c'est devant tous ces affamés de gloire et d'honneur Rêvant toutes nos prostitutions morales , politiques, littéraires , devant nos carrefours où une police immorale fait surveiller des bandits par des bandits, que le poète a écrit ces vers. Sa muse eût-elle exprimé le dégoût dont tout cela la nouspénètre, eût-elle tonné

sur ces misères, si elle avait usé de la réticence et de la périphrase , si elle avait conservé une pose académique et convenue, une lyre, de l'encens et des fleurs, si elle avait chanté son hymne sous les guirlandes de la rhétorique? non certes; et jamais meilleure et plus puissante occasion ne se présenta d'introduire la vérité dans la poésie.

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