‹ Iambes et poèmes (volume 2)Chapitre 52 sur 112 · CIMAROSA · texte numérisé non relu

CIMAROSA

Chantre mélodieux né sous le plus beau ciel. Au nom doux et fleuri comme une lyre antique, Léger Napolitain, dont la folle Musique A frotté, tout enfant, les deux lèvres de miel,

O bon Cimarosa ! nul poète immortel, 5

Nul peintre comme toi, dans sa verve comique. N'égaya des humains la face léthargique D'un rayon de gaîté plus franc et naturel.

Et pourtant tu gardas à travers ton délire.

Sous les grelots du fou, sous le masque du rire, lo

Un cœur toujours sensible et plein de dignité ;

Oui, ton âme fut belle, ainsi que ton génie ; Elle ne faillit point devant la tyrannie. Et chanta dans les fers l'hymne de liberté.

DOMINIQUIN

Bel ange inspirateur de tout génie humain, Noble fille des cieux, divine solitude.

Toi qui vis saintement et le front dans la main. Loin des pas du vulgaire et de la multitude !

O nourrice de l'art ! ô mère de l'étude ! 5

Tu reçus dans tes bras le grand Dominiquin ; Et sur ce noble cœur rongé d'inquiétude Tu versas à longs flots ton calme souverain.

Hélas ! pour lui le ciel fut longtemps sans lumière ; Bœuf sublime, à pas lourds il creusa son ornière lo Aux cris des envieux hurlant à son côté :

Mais à son lit de mort, comme au vieux saint Jérôme, La gloire ouvrit pour lui le céleste royaume Et lui donna le pain de l'immortalité.

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