‹ Iambes et poèmesChapitre 10 sur 72 · I.E KIRB · texte numérisé non relu

I.E KIRB

Pauvre ime, aitùnie encore au bord de la carrière, Triste, penchant la [ête et fermant la paupière. Elle retombera daos son cloaque impur, Et s'en ira bien loin vers quelque coia obscur. Gémissante, traînant l'aile et perdant sa plume, Mourir avant le temps, le cœur gros d'amertume.

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n est, il est sur terre une infénitde cuve;

On la nomme Paris; c'est une large étuve,

Une fosse de pierre aux immenses contours

Q)]'ime eau jaune et terreuse enfenne â triples tours;

C'est un volcan fumeux et toujours en haleine

Qui remue à longs flots de la matière humaine ;

Un précipice ouvert 1 la corruption,

Où la fange descend de toute natiou,

El qui,de temps en temps, plein d'une vase immonde,

Soulevant ses bouillons, déboide sur le monde.

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Là, dans ce trou boueux, le timide soleil Vient poser rarement un pied blanc et vermeil ; Là, les bourdonnements nuit et jour dans la brume Montent sur k cité comme une vaste écume, Li, personne ne dort, là, toojouis le cerveau Travaille, et, comme l'arc, tend son rude cordeau. On y vit un sur trois, on y meurt de débauche ; Jamais, le front huilé, la mort ne vous y fauche. Car les saints monuments ne restent dans ce lieu Q}ic pour dire: Autrefois il existait un Dieu.

Là, tant d'auiels debout ont roulé de leurs bases, Tant d'astres ont pâli sans achever leurs phases, Tant de cultes nùssants sont tombés sans mûrir. Tant de grandes vertus, là, s'en vinrent pourrir. Tant de chars meurtriers creusèrent leur ornière. Tant de pouvoirs honteux rougirent la poussière, De révolutions au vol sombre et puissant Crevèrent coup sur coup leurs nuages de sang, Q(ie l'homme, nesacluut où rattacher sa vie,

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tA CUVE

Au seul amour de l'or se livre avec fuiie.

Misère! Après mille ans de bouleversements.

De secousses sans nombre et de vains errements,

De (ulies atJolis et de trônes superbes

Dans les sables perdus et couchés dans les herbes.

Le Temps, ce vieux coureur, ce vieillard sans pitié,

Qpi va par toute terre écrasant sous le pié

Les immenses dtés regorgeantes de vices.

Le Temps, qui balaya Rome et ses immondices,

Retrouve encore, après deux mille ans de chçmïn,

Un abîme aussi noir que le cuvîer romain.

Toujours même fracas, toujours même délire, Même foule de mains i partager l'empire ; Toujours même troupeau de piUes sénateurs, Mêmes flots d'intrigants et de vils corrupteurs, Même dérision du prêtre et des oracles.

Même appétit des jeux, même soif des spectacles; Toujours même impudeur, même luxe efironté, Dans le haut et le bas même immoralité.

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Mêmes débordements, mêmes crimes énormes.

Moins l'air de l'Iulie et la beauté des fonnts.

La race de Paris, c'est le pâle voyou

Au corps chétif, au teint jaune comme un vieux soi

C'est cet enfant criard que l'on voit A toute heure,

Paresseux et flânant, et.loln de sa demeure,

Battant les maigres chiens, ou, le long des grands mi

Charbonnant en sifflant mille croqua impurs ;

Cet enfant ne croit pas, il crache sur sa mèie,

Le nom du ciel pour lui n'est qu'une farce amêre;

C'est le Ubertinage eufin en raccourci ;

Sut un Iront de quinze ans c'est le vice endura.

Et pourtant il est brave, il affi;onte la foudre, Conune un vieux grenadier il mange de la poudre, 11 se jette au canon en criant r Liberté t Sous la balle et le fer il tombe avec beauté. Mais que l'Ëmeute aussi passe devant sa porte, Soudain l'instinct du mal le saisit et l'emporte ; Le voilà grossissant les bandes de vauriens,

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