LA REIKE DU MONDE
Souillant tout, et vivant enfin
Du pur sang écoulé des cent mille blessures
Par lui faites au genre humain.
Qiid spectacle I àhl soudain reculant à la vue
De tant de mauï désordonnés, Gutenberg! GutenbergI stupéfait, l'ime émue.
Les pieds l'un â l'autre enchaînés.
Plus d'un fier dtoyen de sa brune paupière
Sent tomber des pleurs à longs flots.
Et, dans ses froides mains plongeant sa tète altière.
Étouffe de profonds sanglots.
Alors, alors, souvent accusant d'injustice
La nature et son dieu fatal.
Et les blâmant tous deux de l'avoir fait complice
Des noirs épanchements du mal.
Plus d'un grand cœur regrette, en sa douleur extrême,
Ton amour pour la Liberté :
Et l'on va, Gutenberg, jusques à crier même :
Que n'as-tu jamais existé I
SeptemTire 1855.
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LA MACHINE
O TOUS qui, pénétrant dans le secret des deux, Avez sni k matière un pouvoir merveilleux, Auteurs de U machine, enfants de Promithée, La nature par vous combattue et domptée Reconnaît du cerveau les fonnidabtes lois, S'incline, s'humilie et vous nomme ses rois; Et la tene,sa fille, imposable victime.
Vous livre de son coipi la substance sublime. Et vous laissant fooiller dsuis son énonne sein, D'innombrables tréson va tempHr votre main.
C'est inea : je vous admire, ù race titaniquel Mais, complices secrets de l'esprit satanique, Je vois ausâ l'Orgueil et la Cupidité Introduisant le mal dans votre nouveauté.
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LA MACHINE
Je les vois, poussant trop les forces chateureoMt Qui frémissent au joug sous vos mains valenieiises, Ouvrir partout la voie i des lébellions.
Et ces ardents pouvoirs, ainsi que des lions, S'élanïant aussitôt hors des lignes prescrites, Rugissant, bondissant ou courant uns limites. Se tourner contre vous, esclaves révoltés.
Et sur vos corps tremblants porter leurs cruautés. Alors, pauvres humains, oh I comme avec usure Vous payez les trésors ravis i la nature I Et comme par des maux étranges, incoimus, Vous expiez les coups portés X ses flancs nusl Alors un sombre jour voit plus de Ainérailles Qjjc la guerre souvent n'en sème en vingt hattïfles. Tout un peuple brûlé par le feu des enfers, Des membres palpitants dispersés dans les airs. Des corps rompus au choc des voitures roulantes, Ou broyés sous les bonds des machines errantes ; Enfin tous les tourments par le Dante inventés Renaissent, et, portant l'épouvante aux cités. Emplissent chaque seuil d'un déloge de larmes i
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96 LA MACHINE
Alors vbus cQtnpreneï, mais tard, dans vos alarmes,
Que pour être puissant sur l'oude et sur le feu
Il faut être avant tout aussi sage que Dieu.
Oui, le flambeau divin qu'on appelle science
Ne fut pas mis aux mains de la mortelle engeance
Four en elle augmenter les passions du mal.
L'appétit de l'argent et l'orgueil infernal.
Si le ciel en fît don à l'humaine nature.
Ce fut dans un but noble et pour une fin pure ;
Ce fut pour amoindrir la masse des douleurs
Que versent sur nos corps tant de fléaux vainqueurs.
Pour dégager l'esprit de la Êinge grossière,
Affranchir saintemeni l'homme de la matière,
Et, de la pauvreté brisant le dur lien.
Lui rendre plus aisé l'exercice du bien ;
Telles sont du savoir les fins recoramandables :
Qîi'humblement il y tende ; ou dans nos matos coupables
Redoutons qu'il ne soit souvent qu'un instrument
De vengeance divine et d'affieux châtiment.
La Machine, d mortels! c'est le héros anrïque,
iiercule au cou de bœuf, à l'épaule athlétique. Hercule, pai les bois, les plaines et les monts. Écrasant les serpents, abattant les lions.
Desséchant les marais des teties empestées.
Maîtrisant dans leui cours les ondes indomptées. Et, la massue en main et les flèches au dos, Soulageant les douleurs de l'iiomme en ses travaux; Mais c'est Hercule aussi foulant la vaste crête De l'Œta montueux, le dieu perdant la tête; Et les veines du front toutes pleines de sang, La rage dans le cœur et la douleur au flanc, En aveugle outrageant k superbe nature, Traînant, comme des morts et par la chevelure. Les pins déracinés, les chênes en éclats; Puis, toujours furieux, méconnaissant Lycas, Prenant le pauvre enfant entre ses mains immenses, Et malgré ses clameurs, malgré ses réùstances, L« tournant par trois fois à l'entour de son front. Et Un(anl un cadavre à l'abîme sans fond.
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