‹ Iambes et poèmesChapitre 3 sur 72 · LE LION · texte numérisé non relu

LE LION

Sur les marcfaes du Louvre... et là, le poil en ung, Et ses larges poumons lui battant dans le flanc, La langue toute rouge et la gueule béante.

Haletant, je l'ai tu, de sa cronpe géante Inondant le velours du trAoe culbuté, Y vautrer tout du long sa fauve majesté,

Alors j'^ vu soudain une foule sans nombre Se tntner à plat ventre à l'abri de son ombre; J'ai vu, pUes encor du seul bruit de ses pas, Mille nains grelottants lui tendre les deux bras; Alors (m caressa ses flancs et son oreille, On lui baisa le poil, on lui cria merveille.

Et chacun lui léchant les pieds, dans son efiroi. Le nomma son lion, son sauveur et son lOi.

Mais loAque, bien repu de sang et de louange, Jaloux de secauer les restes de sa fange.

Le monstre i son réveil voulut ùâie le beau; Qpand, ouvrant son onl jaune et n

l8 LE tlON

Le crin dur, il voulut, comme l'antique athlète. Sur son ccl mnsculeux dresser sa lat^e tite.

Et, les barbes au vent, le iront échevelé, Bn^ en souverain, — il était muselé.

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aUATRE-VINGT-TREIZE

Un jonr que de l'État !e vaisseau séculùre, Fatigué trop longtemps du roulis populaire.

Ouvert de toutes parts, à demi démâté.

Sur une mer d'écueils, sous des cieus sans étoiles. An vent de la Terteur qui déchirait ses vchIcs, S'en allait échouer la jeune IJberté;

Tous les rois de l'Europe, attentiâ au naufrage. Tremblèrent que la masse, en heurtant leur rivage, Me mit du mCme choc les trônes au néau;

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20 QUATRE-VIKGT-TREIZE

Alort, comme forbans qui guettent une proie, On les vit tous s'abattre, avec des cris de jcne. Sur les flancs d^amb du colosse flottant.

Mais lui, tout mutilé des coups de la tempête, Se dressa sur sa quille, et, relevant la t£te, Hérissa ses sabords d'un peuple de héros, Et, rallumant soudain ses foudres désarmées, Comme un coup de canon licha quatorze années; Et l'Europe à l'instant rentra dans son repos.

Sombre quatre-vingt-treize, épouvantable année. De lanrien et de sang grande ombre couronnée. Du fond des temps passés ne te relève pas !

Ke te relève pas pour contempler nos guerres. Car nous sommes des nains i cAté de nos pères. Et tu rirais vrùment de nos maigres combats.

Ohl nous n'avons plus rien de ton antique flammi

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QUATRE-VINOT-TSEtZH

Plus de force au poignet, plus de vigueur danj l'ime, Plus d'xrdecte amitié pour les peuples vùncDS \ Et quand parfois au «xur il nous yieat une haine. Nous devenons poussifs, et nous n'avons d'baidne Que pour ttcâs jours au {dus.

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