L ADIEU
Et puis le froid me prend et me glace les veines. Et tout mon cœur soupire, ohl comme si j'avais, Aux champs de l'Italie et dans ses larges plaines. De mes jours etTeuillé le rameau le plus frais,
El sur le sân venneil de la brune déesse Épuisé pour toujours ma vie et ma jeunesse.
Etivine Juliette au cercueil étendue.
Toi qui n'es qu'endormie et que l'on croît perdue,
Italie, à beauté ! si, malgré ta pâleur,
Tes membres ont encor gardé de la chaleur ;
Si du sang généreux coule encor dans ta veine ;
Si le monstre qui semble avoir bu tou haldne,
La Mort, planant sur toi comme un heureux amant.
Pour toujours ne t'a pas douée au monument;
Si tu n'es pas enfin son entière conquête :
Alors quelque beau jour tu lèveras la léie,
Et, privés bien longtemps du soleil, tes grands yeux
S'ouvriront pour revoir le pur éclat des cieux;
Puis ton corps, ranimé par la chaude lumière,
Se dressera tout droit sur lafunèbre pierre,
Aiots, être plaintif, ne pouvant marcher seul. Et tout embacra^ des longs plis du linceul, Tu chercheras dam l'ombre une épaule adorée ; Et, les deux fneds sortis de la tombe sacrée. Tu vaudras ua soutien pour faire quelques pas. Alors à l'étranger, oh 1 ne tends point les bras : Car ce qui n'est pas toi, ni la Grèce ta mère. Ce qui ne parle point ton langage sur terre Et ne respire pas sous ton ciel enchanteur.
Trop souvent est barbare et frappé de laideur. L'étranger ne viendrait sur ta couche de lave Qjie pour te garrotter comme une blanche esclave ; L'étranger coirompu, s'il te donnait la main, Avilirait ton front et flétrirait ton sein.
Belle ressusciiée, ù princesse chérie.
N'arrête tes yeux noirs qu'au sol de la patrie ; Dans tes fils réunis cherche ton Roméo, Noble et douce Italie, ô mère du vrai beau I
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