‹ Iambes et poèmesChapitre 52 sur 72 · LES BELLES COLLINES D'IRLANDE · texte numérisé non relu

LES BELLES COLLINES D'IRLANDE

Le jour où j'ai quitté le solde mes aïeux, La verdoyante Érin et ses belles colliaes, Ah I pour moi ce jour-là fut des plus malheureux. Là, les vents embaumés inondent les poitrines ; Tout est si beau, â doux, les sentiers, les ruisseaux. Les eaux que les rochers distillent aux prairies, Et la rosée en perle attachée aux rameaux, O terre de mon cœur, à collines chéries I

Et pourtant, pauvres gens, péle-mOe et nu-[ùeds, Sur le pont des vaisseaux prts de mettre à la voile. Hommes, femmes, enfants, nous allons par milliers

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ClMnfaef aus deux lointains une mdlleure ét<nle; La famine nous ronge au milieu de nos champs, £t pour nous les àtés regorgent de misère; Nos corps nus et glacés n'ont pour tous vêtements Que les haillons troués de la riche Angleterre.

Pourquoi d'autres que nous mangent-ils les moissons Qjie nos bras en sueur semèrent dans nos plaines? Pourquoi d'autres ont-ils pour habits les toisons Dont nos lacs ont lavé les magnifiques laines? Pounjuoi ne pouvons-nous rester au même aùn.

Et, tous enfants, puiser i la même mamelle?

Pourquoi les moins heureux s'en vont-ils le plus loin, El pourquoi quittons-nous la terre maternelle?

Ahl depub trop longtemps il est nn vent fatal, Q(ii loiti des champs aimés nous incline la tète. Un destin ennemi qui fait du nid natal De notre belle terre un pays de tempête, Le mépris et la haine... O ma patrie, hélas I Pèserait-on si fort sur tes plages fécondes

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