‹ Iambes et poèmesChapitre 62 sur 72 · LES HUSTINGS · texte numérisé non relu

LES HUSTINGS

LA MENACE

Les hustings sont dressés et le sabbat commence : Vidlle Corruption ! eiiteods-tu le pays Frémir et s'agiter comme une mer immense Au vent des passions qui soulèvent ses lils?

Af-fu bien élargi l'antique conscience?

LA CORRUPTION

O fille i l'ceil sanglant cnz entrailles d'airain, O ma digne compagi», puissante Menace!

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LES HUSTIMGS

Pour corrompre le cceur du peuple !

Av« toi j'ai lutté d'impudeur et d'audace, Et je pense, ma sœur, que ce n'est pas en va

LA HEKACE

îi(Â, sous le vent du nord, au fond de sa diaumière J'ai couru ^isite^ plus d'un pauvre lecteur : Et lâ j'ai fait entendre au pâle cenùtaire Qji'il serait dépouilla de son twt protecteur. S'il refusait son vote au seigneur de sa terre.

LA CORRUPTION

Moi, de mes larges mùns l'or a fiii par torrents; Le fleuve ardent partout s'est ouvert une issue; Im^istible, il a franchi le seuil des grands, Et, retombant en pluie au milieu de la rue, Pénétré sans effort jusques aux derniers rangs.

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LA IlENACE

Souvent j'ai rencontré dans les pauvres familles Des hommes vertueux; mais d'un air furibond Devant eux j'ai levé tant de sombres guemlles, J'ai tant crié la faim, qu'ils ont baissé le front Pour ne point voir mourir leurs femmes et leurs filles.

LA CORRUPTIOM

Quelquefois J'ai vu Ter épouvanter les yeus; Alors aux ouvriers sans travaux ni commandes. J'ai promis tant de brocs de porter écumeux, Tant de poissons salés et tant de rouges viandes, Qjie le ventre a dompté les coeurs consciencieux.

LA MENACE

Il est vrai que toujours de généreuses âmes Tonneront contre nous dans le temple des lois,

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LES HUSTIKGS afij

Qtie l'on nous flétrira des noms les plus infômes : Mais qu'importe, après tout, le bruit de quelques voix Contre le fort tissu de nos puissantes trames?

LA CORRUPTION

Ah! depuis cinq cents ans n'est-ce pas notre sort? Tout nouveau Parlement, comme bètes sauvages. Nous traque avec ardeur et toujours à grand tort; Car l'amour du pouvoir croissant d'âges en âges. Notre couple vaincu renaît toujours plus fort.

LA MENACE

En vain chaque parti nous chasse à coups de pierres; Radicaux et torys, papistes, protestants.

Lorsque vient le moment d'Étaler les bannières, Pour obtenir l'empire, ah! tous en même temps Nous tendent en secret leurs mains rudes et tières

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tES HUSTtMOS

LA CORRUPTIOM

Pour me mettre au néani il faudrait id-b»

Du riche à tout jamais déraciner l'engeance ! Mats ce germe doré ne s'extirpera pas; La richesse toujours oteiendra la puissance.

Toujours le malheureux lui cédera le pas.

LA MEKACE

Ah I nous sommes vraiment d'une forte natnre> Nous sommes les enfants d'un pouvoir infernal. De ce pouvoir cachi^ dans toute créature, Qui màne toute chose à son terme fatal.

Et fait que rien de beau dans ce monde ne dure.

O Menace, ma soeurl àgrandspas avançons:

Déjà la foule ardente, au bruit de la fanfare.

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LES HUSTIHGS 36$

Roule autour de$ hustîngs en épais tourbillons : Pour emporter d'assaut le scrutin qu'on prépaie Fais jaillir la terreur du fond de les poumons.

LA MENACE

Et toi, Corruption l répands l'or à main plrine, Veise le flot impur sur l'immense troupeau : Qp'il envahisse tout, les hustings et l'artne. Et que la Libené, présente à ce tableau, Voile son front diy'm de sa toge romaine.

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Un jour un homme au large et froid cerveau

Déchaîne les chiens de la guerre.

Leur dît ; Carnage I et lance le troupeau

Sur l'Océan et sur la terre ; Pour endter leurs sombres abotments,

Tenir leurs gueules haletantes, Il met en flamme et les moissons des champs

Et les toits des villes croulantes; Daos le sang pur il fait marcher les rois,

Et, bravant son peuple en furie.

Charge l'impAt et ses énormes poids

Sur l'épaule de la Patrie;

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