‹ Iambes et poèmesChapitre 8 sur 72 · SO DANTE · texte numérisé non relu

SO DANTE

Que la mort sut ta lèvre a cloué de ses mains?

Est-ce un lis de pitié sur tes pauvres humains?

Ah I le mépris va bien i. la bouche de Dante,

Car il reçut le jour dans une ville ardente,

Et le pavé natal fut un champ de graviers

Qfii décliira longtemps k plante de ses |neds.

Dante vit, comme nous, les passions humaines

Rouler autour de lui leurs fortunes soudaines;

Il vit les citoyens s'égorger en plein jour,

Les partis écrasés reiudtre tour à tour |

11 vit sur les bûchers s'allumer les victimes ;

Il vit pendant trente ans passer des flots de crimes,

Et le mot de patrie â tous les vents jeté.

Sans profit pour le peuple et pour la liberté.

O Dante Alighieri, poète de Florence,

Je comprends aujourd'hui ta mortelle soufirance;

Amant de Béatrice, i l'exil condamné.

Je comprends ton c^ cave et ton iront décharné.

Le dégoût qui te prit des choses de ce monde.

Ce mal de cœur sans fin, cette haine profonde

Qfii, te faisant atroce en te fouettant l'humeur.

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loondËrent de bile et ta plume et ton ccrar.

Aussi, d'après les moeurs de ta ville natale, Artbte, tu peignis une toile fatale, Et tu fis le tableau de sa jierversité Avec tant d'éne^e et tant de Téritè, Que les petits enfants qui le joui, dans Ravencc, Te voyaient traverser quelque place lointaine. Disaient en contemplant ton front livide et vert : Voili. voild celui qui revient de l'enfei I

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