‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 104 sur 110 · XV. BRYCON (Müller); Beuxov, mangeur, dax · texte numérisé non relu

XV. BRYCON (Müller); Beuxov, mangeur, dax

Cuvier, Mém. du Muséum, t. IV, pl. 21 , Sig. 1,t. V, pl. 26 et 36, fig. 1. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 246, n’admettent pas ce genre. Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.15, tab. vr, fig. x, les dents, et p£. vuir, Jig. 2, le poisson.

Caractères. Corps allongé, comprimé, à ventre rond ; écailles grandes ; trois rangées de dents à plusieurs pointes, les plus petites en avant; les susmaxillaires sur un seul rang ; épiptère entre les catopes.

Une seule espèce, du Brésil, d’après Cuvier, et six inscrites par Müller.

XVI. SALMIN (Agassiz), Salminus, diminutif de Salmo ? Cuvier, Mém. du Muséum, 1. NV, p.364, pl. 27, fig. 1. Règne animal, pl. x, fig. 2.

Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 55.

Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.16, tab. van, fig. 3, la tête du pois-

son.

Caractères. Corps allongé ; ventre arrondi ; dents sur plusieurs rangs, simples et coniques; écailles grandes; épiptère après les catopes.

Cinq espèces inscrites par Cuvier, toutes des eaux douces d'Amérique.

XVII. EXODON (Müller); &, en dehors, éèobe, édovros, dent. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 49; Épicyrte. Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.16, genre 20.

Caractères. Corps comprimé, à ventre arrondi , à grandes écailles ; épiptère intermédiaire ; dents supérieures sur deux rangs, dont quelques-unes, en petit nombre, dirigées en avant.

Une seule espèce indiquée sous le nom de Paradoxale, venant de la

Guyane.

XVIII. ÉPICYRTE (Müller); 2rt, en dessus, xvproç, bossu. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 41, pl. 636. Gronovius, Museum Ichth., tab. 1, fig. 4.

Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.17, tab. 11, Jég. 1, les dents. Caractères. Corps allongé, comprimé; ventre rond en avant, comprimé en arrière des catopes; dents antérieures coniques; les latérales très-longues; pas de palatines.

Une seule espèce, de la Guyane, indiquée par Muller; trois par Cuvier.

XIX. XIPHORAMPHUS (Müller), Xiphorhyncus, Agassiz; auyos, bec; 6ÿyyos, groin.

Bloch, p£. 385.

Cuvier-Valenciennes, t, XXII, p. 337.

Cuvier, Mém. du Muséum, t. V, pl 27, fig. 2. Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.17, tab. v, fig. 1, le poisson et ses dents.

Caractères. Corps comprimé, allongé; ventre arrondi; épiptère intermédiaire ; toutes les dents d’en haut coniques, sur un seul rang, mais mêlées avec de longues canines; une série de dents coniques au palais; dents

pharyngiennes en velours.

Six espèces inscrites, toutes de l'Amérique du Sud.

XX. HYDROLYCUS (Müller); bôpoets, d’eau, aquatique; }6xos, loup. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 308.

Hydrocyn, Cuvier, Mém. du Muséum, t. V, pl. 27, fig. 2. Troschel-Müller, Horæ Ichth., p. 18, pl. v, fig. 2, les dents.

Caractères. Corps rond, comprimé, à ventre arrondi; une seule série de

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dents coniques, mêlées à de grandes canines qui sont reçues dans des creux sus-maxillaires; palais à petites dents granuleuses; épiptère intermédiaire.

Une seule espèce, de la Guyane.

XXI. RAPHIODON (Agassiz); de bugtc, aiguille; 6dods , d20vros, dent. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p/. 333.

Spix, Cynodon vulpinus, Poissons du Brésil, pl. 26 et 27. Troschel-Müller, Horæ Ichth., p. 19. ,

Caractères. Corps long, comprimé; ventre caréné ; écailles petites ; mâchoires garnies de petites dents mêlées à de grosses canines, sur un même rang, reçues dans des creux du palais; catopes petits; épiptère au-dessus, de l'hypoptère, longue, écailleuse à la base.

Deux espèces, du Brésil.

XXII. AGONIATE (Müller); à privatif, yoviæ, angles. Cuvier-Valenciennes, t, XXII, p. 347.

Troschel-Müiler, Horæ Ichth., p. 19, tab vu, fig. 2, les dents ; tab. vr, fig. 2, le poisson.

Caractères. Corps allongé, comprimé ; ventre un peu caréné ; écailles grandes; les dents intermaxillaires en rang double, les externes coniques, les in-

ternes à trois pointes, dont celle du milieu est plus longue, mêlées aux dents canines, qui sont très-fortes; pas de palatines,

Une seule espèce, de la Guyane, où on le nomme Hareng, Halecinus.

XXII. XIPHOSTOMA (Spix); Etgos, épée, et otoux, bouche. Spix, Poissons du Brésil, pl. 42.

Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 348.

Cuvier, Mém. du Muséum, 1. V, p. 359, pl. 26, 3. Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.21, tab. 3, fig. 3, toute la tête.

Caractères. Corps long, arrondi, à écailles médiocres ; épiptère rayonnée, petite, intermédiaire aux catopes ; dents petites, grêles, nombreuses, sur un seul rang.

Cinq espèces inscrites, toutes américaines. Ce sont des Saumons à bec osseux prolongé.

XXIV. PYGOCENTRUS (Müller); ruyh, rates, derrière; xévrpov, épine, aiguillon. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 284.

Cuvier, Mém. du Muséum, t. V, p. 29, fig. 4.

Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.21, tab. 2, fig. 3, les dents. Spix, pL. 30.

Caractères. Corps comprimé; ventre dentelé ; deux aiguillons avant l'anus ; bouche petite, à dents tranchantes, triangulaires, non dentelées; palais

sans dents; hypoptère très-longue.

Quatre espèces, du Brésil.

XXV. PYGOPRISTIS (Muller); de ruyh, nates, clunes, et de mpiotw, scie. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 296.

Cuvier, Mém. du Muséum, t. V, p. 223.

Troschel-Muüller, Horæ Ichth., p.21, genre 28, tab.1x, fg. 1 et 2. Deux espèces.

Caractères. Corps comprimé ; ventre dentelé, à doubles séries de dentelures avant l’hypoptère ; dents tranchantes, triangulaires, en scie et très-fortes; pas dé dents au palais.

Trois espèces inscrites comme recueillies en Amérique,

XXVI. SERRASALME (Cuvier, Lacépède); de serra, une scie, et de Salmo, Saumon.

Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 265.

Cuvier, Mém. du Muséum, 1. V, pl. 28, n°3 et 4. Agassiz, Spix, pl. XXVIII, XXIX et XXX.

Troschel-Muller, Horæ Ichth., p. 21, tab. 11, Jüg. 2, les dents. Caractères. Corps comprimé; ventre dentelé ; deux aiguillons avant l'anus et quatre pointes avant l’hypoptère, qui est très-longue ; dents tranchantes, triangulaires, très-fortes, non dentelées, comme des palatines, sur un seul

rang.

Treize espèces inscrites dans ce genre par Cuvier.

XXVII. CATOPRION (Müller); xurx, en bas, et motwv, scie. Cuvier-Valenciennes, t: XXII, p. 302.

Cuvier, Mém. du Muséum, t. V, pl, 28, fig. 3, mento.

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Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.22, pl. 2, fig. 5, les dents et les aiguillons.

Caractères. Corps comprimé ; ventre dentelé sur un double rang; écailles

petites ; dents coniques sur deux rangs en avant ; les latérales tranchantes, triangulaires, sur un seul rang,

Une seule espèce, de la Guyane.

XXVIIT. MYLÈTES (Cuvier) ; wkntes, à cause des dents molaires. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 192.

Cuvier, Mém.du Muséum, t. IV, pl. 21 et 22.

Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.22, tab. 1x, fg. 3, tab. x, 1 et 2. Deux espèces.

Spix, Poissons du Brésil, pl. 32.

Caractères. Corps comprimé, à ventre dentelé, en double rang vers l'anus; écailles moyennes; un double rang de dents intermaxillaires; les antérieures prismatiques à pointes coupantes, les internes à bords des molaires tranchants en arrière ; deux dents coniques, saillantes; épiptère précédée d’aiguillons.

Douze espèces, de l'Amérique méridionale,

XXIX. MYLEUS (Müller); de püAn, meule, par la couronne des grosses dents. Cuvier-Valenciennes, t. XXII, p. 231.

Troschel-Müller, Horæ Ichth., p.24, tab. vur, fée. 4, et tab. x1, fêg. 1. Caractères. Corps comprimé; ventre caréné, dentelé, à double épine vers l'anus; écailles petites; dents intermaxillaires tranchantes, sur deux rangées, dont les externes sont comprimées, tranchantes ; les internes à couronne tronquée ; épiptère intermédiaire.

Deux espèces, de la Guyane et de Surinam.

TRIBU DES OPLOPHORES.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Nous venons de voir que, parmi les poissons dont les nageoires paires inférieures occupent la région ventrale, beaucoup d'espèces présentent une particularité de structure tout à fait caractéristique. Cette singularité consiste en une sorte de déplacement ou de transposition des nageoires paires latérales ou thoraciques, qui semblent être descendues et reportées sur le ventre, vers la partie inférieure du corps, immédiatement au-dessous de la terminaison de la cavité des branchies, près des rayons branchistectes. Il résulte de là que les pleuropes se trouvent situés sur la même ligne que les catopes postérieurs, ce qui pourrait faire croire que ces poissons auraient quatre nageoires abdominales.

Pour concevoir la cause de cette sorte d'anomalie, il est nécessaire de dire que dans ces poissons les os de l'épaule sont soudés entre eux, ou que les trois ou quatre pièces qui entrent ordinairement dans cette structure se trouvent ici réunies de chaque côté ou confondues en un os unique, courbé et replié sur lui-même. Par l'effet de cette soudure en une seule pièce, l’une de ses extrémités, la supérieure, s'élève vers le crâne et s’y joint fortement en arrière, tandis que l’autre portion de cet os unique de l'épaule, celle qui est inférieure, devient presque horizontale et se porte dans la ligne médiane interne, vers l’os pair qui lui

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES OPLOPHORES. 465 correspond. Ces deux os, ainsi réunis sur une ligne longitudinale par une suture dentelée, se pénètrent réciproquement et constituent là un plastron pectoral ou un sternum très-solide.

Cette ceinture osseuse, consolidée par la jonction des os comme le sont ceux du bassin, cerne en grande partie, par le bas et en arrière, la région antérieure du corps, celle qui renferme les parties profondes de la bouche, les branchies, le cœur ainsi que ses annexes, et sépare cet espace de celui, beaucoup plus étendu, qui contient les autres viscères abdominaux.

Quoique ces os soient très-solides dans leur texture pour opposer une grande force de résistance dans le sens de leur rapprochement réciproque ou de la compression, plusieurs parties en sont excavées, perforées, et destinées à loger des muscles et à donner passage à des tendons qui doivent agir sur la nageoire pectorale. Celle-ci offre un mode d’articulation tout à fait analogue à ce que nous avons vu dans les Balistides, mais que nous croyons devoir faire connaître ici avec plus de détails qu'on n’en trouve généralement dans les ouvrages qui en ont parlé.

C'est un cas très-remarquable, tout à fait caractéristique; il donne lieu à une particularité physiologique et mécanique de mouvement de la nageoire pectorale qui n’est pas moins importante à étudier dans son utilité évidente pour l'emploi auquel il est destiné.

Le cercle osseux que nous venons de faire connaître présente en dehors une cavité scapulaire dans laquelle est reçu et peut se mouvoir un long rayon osseux, qui sert tout à la fois à l’animal, d'abord comme une sorte de rame pour maintenir l'équilibre du tronc dans l'acte de la natation, etensuite

comme un véritable moyen de défense passive ou de préservation contre la voracité des autres animaux. Ce rayon osseux, toujours très-solide, pointu, très-souvent rugueux à sa surface, comprimé et dentelé en sens opposé sur ses bords, est lié intimement à la membrane de la nageoire latérale, qu'il contribue à étendre ou à faire développer; mais son extrémité articulaire est en outre organisée de manière à pouvoir être fixée ou à rester inamovible, suivant la volonté de l’animal ou quand le danger se présente. C’est ce qu'on observe aussi bien évidemment dans les Triacanthes, de la famille des Balistides, de la sous-classe des Chondrostés.

Nous avons cru devoir donner avec quelques détails la description de ce rayon épineux, et surtout de son extrémité articulaire, parce que cet organe, par sa présence, caractérise principalement la famille des poissons Oplophores, et, pour en faciliter la connaissance, nous nous servirons d’un échantillon provenant d'un grand individu ou de l’une des espèces du genre Pimélode, dont les parties sont le mieux développées.

On remarque d’abord que la portion articulaire ou interne de cet os épineux est élargie transversalement, et semble divisée en deux parties par une rainure au haut de laquelle est un espace creux triangulaire. Cette base de l'os semble partagée en deux régions saïllantes, dont une externe, correspondant à peu près à l'axe longitudinal de l'os, qui se termine par deux éminences ou apophyses séparées entre elles par une coulisse qui est elle-même enduite intérieurement d’un cartilage. La plus longue et la plus élevée de ces apophyses est concave en dessous, saillante et courbée en bec de corbin, tandis que l’autre éminence, située plus bas, reste plane

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et fait l'effet d'un condyle transversal. En dehors, ou sur la région externe, on voit un énorme trochanter ou saillie arrondie en demi-cercle, dépassant de beaucoup l'axe longitudinal, et destinée, comme on le verra, à modifier le mouvement principal.

Toutes ces parties supérieures du rayon épineux sont renfermées dans une large capsule synoviale, et les surfaces solides sur lesquelles doit s'opérer le mouvement sont de part et d'autre incrustées d'un cartilage destiné à modérer le frottement et à faciliter le glissement nécessaire.

Telle est l'organisation de l'agent mobile de cette nageoire pectorale; mais la cavité articulaire destinée à le recevoir est aussi coordonnée de manière à correspondre par ses surfaces aux parties saillantes que nous venons d'indiquer. La fosse articulaire des os de l’épaule, située au bas et en dehors de l'os en ceinture, vers le point où semble s'être opérée la courbure horizontale de chacun des os, est beaucoup plus vaste en apparence que ne semblerait l’exiger la tête de l'os du rayon épineux, quoiqu'elle soit très-grosse; mais ce grand espace était nécessaire pour permettre toute la liberté des mouvements combinés qu'exigeait ce mode d’articulation. On voit d'abord, au fond et un peu en dedans, une saillie moyenne et presque transversale d’une éminence encroûtée de cartilages; cette saillie est constamment en rapport avec l’échancrure indiquée entre les deux éminences prolongées dans l’axe de l'os mobile, au-dessous de celle qui est crochue. C’est sur cette ligne médiane saillante que s'opère l'extension et la flexion du rayon épineux, et c’est elle qui détermine la spécialité de ces deux actions.

Uneautre région de la cavité scapulaire joue un rôle plus

important dans le mécanisme dont est douée cette articulation : c’est l'existence de cette rainure semi-cireulaire excentrique, enduite de cartilages de glissement, dans laquelle s'engage le grand trochanter supérieur du rayon épineux,qui s'y meut comme une corde reçue dans la gorge d’une poulie fixe, mais en s'y enroulant, et comme obligé de suivre sa courbure, On conçoit comment l’axe inflexible de l'os, ne pouvant être tordu, décrit sur lui-même et sur toute sa longueur un mouvement rotatoire qui dégage son extrémité supérieure de la fosse destinée à la recevoir quand l’extension est fixe et complète. Les deux autres éminences saillantes et internes permettent seules les mouvements de bas en haut, ou de faible latéralité oblique, pour faire conserver l'équilibre dans la natation.

Ce mécanisme, comme on le voit, était important à faire connaître. C’est un cas fort rare et curieux dans l'anatomie comparée, et même dans l’économie animale. Nous en trouvons cependant quelques autres exemples employés par la nature, mais attribués à quelques animaux dans des buts et à l’aide de procédés fort différents, quoique destinés à produire les mêmes résultats, c’est-à-dire pour régler les effets, la direction, et même la solidité ou la stabilité de certains mouvements; nous n’en indiquerons qu'un seul, et trèsbrièvement, parce qu'il a de l’analogie et qu'il se rapproche de celui que nous offrent les Oplophores.

Ainsi, dans tous les oiseaux, et surtout chez les Échassiers, on trouve un ressort élastique produit par l'os péroné de la jambe, aminci et soudé au tibia. Ce petit os se tord sur luimême, en s'engageant aussi dans une rainure pratiquée au bord externe de l'os de la cuisse, sur la partie arrondie du

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES OPLOPHORES. 469 condyle. Ce ressort, qui tend à revenir sur lui-même quand l'action cesse de s'exercer, force la jambe et la patte tout entière à rester tantôt fléchie, tantôt étendue sur le tronc, comme la plaque ou le ressort d'acier qui s'appuie sur le talon arrondi de nos couteaux de poche, dont la lame tranchante reste tantôt fixe et prolongée sur le manche, et tantôt couchée horizontalement, étendue dans la rainure destinée à la recevoir, quand on ne veut pas en faire usage (1).

Ce n’est pas la seule particularité dans l’organisation du squelette que nous offre la tribu des poissons Oplophores ; il en est parmi eux un assez grand nombre qui sont en outre armés pour leur défense d’un instrument plus propre encore à les protéger contre les attaques extérieures. Ils portent sur le dos, en avant de leur première nageoire impaire, un trèslong rayon osseux, une longue épine formidable, qui se dresse aussi à volonte sur l’échine et qui a reçu pour cet office une forme et un mode d’articulation toutes particulières. Ordinairement c’est le second rayon osseux de l'épiptère, dont la base élargie présente tantôt une sorte d’anneau dans l’intérieur duquel se voit une lame transverse de la vertèbre qui lui permet d'agir ou d’être mü un peu de droite à gauche, mais surtout, et d'une manière plus évidente, d'avant en arrière, et réciproquement ; car c'est en effet son usage principal. En avant de la base de ce deuxième rayon épineux on en voit un autre plus court, qui représente un chevron posé verticalement en apparence sur l'apophyse épineuse de l'une des premières vertèbres qui suivent le crâne. Celle-ci porte

a oo LULU

(1) Voir un Mémoire que j'ai publié sur ce mode d'artieulation en ressort, Magasin encyclopédique, tome V, année 1801, page 174.

une éminence triangulaire à bords obliques, mais gonflés au milieu, sur laquelle est placé, comme à califourehon, le rayon court fourchu dont les doubles branches sont forcées, par l'action de certains muscles, de s'écarter un peu pour franchir l'obstacle saillant, comme une sorte de ressant mecanique, pour fournir un point d’appui solide et insurmontable au grand rayon épineux, qui se trouve ainsi élevé ou redressé à peu près sous un angle droit.

Beaucoup d'espèces ont en outre presque tous les os du crâne à nu et soudés entre eux, pour constituer une sorte de cuirasse où de casque, à la partie postérieure duquel on voit l’enfoncement où est reçu, en grande partie, le premier rayon dont la base élargie est pourvue. Ce mécanisme, qui permet le redressement et l'inamovibilité instantanée, mais volontaire, des rayons épineux de l'épiptère, peut être observé assez communément chez beaucoup de poissons, parmi les Thoraciques Acanthoptérygiens.

Telles sont les deux particularités organiques qui distinguent et caractérisent les Oplophores, auxquelles il faut joindre le plus souvent la nudité des téguments; car la plupart n'ont pas la peau recouverte d'écailles, et très-souvent leur bouche est garnie, au-dessus du museau ou sous la màchoire inférieure, de prolongements flexibles que l'on nomme des barbillons, le plus ordinairement en nombre pair et beaucoup plus prolongés que dans la plupart des autres poissons. Ce sont des organes du toucher passifs, qui semblent indiquer le séjour habituel de ces poissons an fond des eaux tranquilles, où ils se mettent en embuscade.

Nous avons déjà dit que les auteurs avaient depuis longtemps réuni ces espèces sous le nom général et collectif de

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Silures, mais que cette réunion nombreuse n'avait pas tardé à être partagée en plusieurs autres, qu'il était devenu important de subdiviser encore. La simple inspection de la nageoire du dos nous a fourni bientôt un moyen trèssimple d'opérer cette séparation en deux divisions bien tranchées, auxquelles nous avons donné le nom de familles, suivant que ces poissons n'ont qu'une seule épiptère où quand ils en ont deux. Dans la première nous avons laissé les espèces qui n’ont qu'une seule nageoire du dos, comme les Silures, et nous les avons appelées les SiLuroïpes, et nous désignons les genres dans lesquels on peut observer les deux nageoires du dos par un nom qui tend à exprimer ce caractère; c’est celui de DIPTÉRONOTES.

Nous n’entrons pas ici dans plus de détails, nous réservant de les faire connaître dans l’étude dont nous allons faire précéder l'examen de ces deux familles, en traitant d’a-

bord de celle des Siluroïdes.

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