‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 107 sur 110 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES SCUTOCÉPHALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES SCUTOCÉPHALES

Nous réunissons un certain nombre de poissons abdominaux sous un nom commun de race ou de famille, celui de ScurocéPHaLes, par lequel nous avons cherché à exprimer le caractère essentiel des espèces ainsi rapprochées, parce que la partie antérieure de leur corps, qui comprend toute la tête, est privée des écailles qui recouvrent d'ailleurs presque tout le reste de son étendue. Cette dénudation apparente, ou ce défaut de moyen de défense, est cependant remplacé ou suppléé par une peau épaisse, sorte de cuir ou de casque mou, mais assez solide pour protéger le crane; les deux mots employés pour exprimer ce fait sont ceux de oxÿroc, peau coriace qui abrite, et de xpan, la tête.

C'est après avoir épuisé les ressources de l'observation dans l'examen de toutes les particularités qui pouvaient successivement être employées pour séparer en groupes distincts la nombreuse série des poissons abdominaux, ou ceux dont les nageoires paires occupent la région inférieure du ventre, celle qui est la plus éloignée des pleuropes ou des pectorales, qu'il nous restait à classer les espèces que l’on trouvera réunies dans cette famille.

La plupart de ces poissons avaient été rangés, les uns parmi ceux que nous nommons aujourd’hui les Gymnopomes, tels que les Cyprinoïdes et les Cilupéides, dont la tête n’est privée. d'écailles que sur la région des joues et des battants operculaires; les autres étaient placés avec les Ésoces où nos Opisthoptères, comme cela est dans les Brochets. Cependant, dans ce cas même, les différences sont énormes. Les Mor-

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Cependant il faut reconnaître que les deux sections principales qui divisent cette famille présentent chacune une structure différente, d’abord pour les parties et la forme de la bouche, et ensuite dans toute l'apparence extérieure de leur conformation. Ainsi, la division qui comprend les Mormyres réunit des poissons d'Afrique sur l'histoire desquels il nous reste beaucoup à désirer. Cette race est tout à fait distincte, mème dans la classe entière des poissons osseux : leur bouche resserrée, à lèvres épaisses, la disposition singulière de leurs branchies, qui ne laissent d'apparent et de signe de leur existence que la fente linéaire de la peau, dans l'épaisseur de laquelle se trouvent cachées les pièces de l'appareil des branchies et du mécanisme des organes respiratoires. Dans l’autre division, au contraire, quoique la totalité de la tête soit revêtue de téguments coriaces, on reconnait la présence des os du crâne; on peut surtout très-bien distinguer au dehors les pièces operculaires, et même les rayons osseux qui soutiennent la membrane branchistége.

On conçoit que, ne voulant indiquer dans le tableau synoptique que le caractère essentiel et seulement comparatif des genres entre eux, nous nous soyons borné à cette simple indication; mais nous avons développé les autres particularités en les plaçant sous les numéros qui correspondent à chacun de ces genres.

Nous devons aussi faire remarquer que, par défaut de renseignements suffisants, il a été difficile d'admettre comme

| Opercules

parfaitement distincts un assez grand nombre de genres proposés par les auteurs, et en particulier par M. Valenciennes; jusqu'ici, nous croyons qu’ils peuvent faire partie de ceux que nous avons adoptés; mais, dans l'impossibilité où nous étions de leur assigner des caractères précis, nous avons cru faire mieux en les indiquant comme des sousgenres. Tels sont, en particulier, ceux que nous avons placés à la suite des Érythrins et de l'Hétérotis, près de l'Ostéoglosse.

FAMILLE DES SCUTOCÉPHALES (1).

Caractères essentiels. Poisssons osseux abdominaux, à corps allongé, arrondi, couvert de grandes écailles; bouche plus ou moins fendue, garnie de dents acérées; tête sans écailles, revêtue d’une peau glaireuse plus ou moins épaisse; à os susorbitaires généralement très-grands, couvrant l’inter-opereule; les opercules solides, bombés ; ces derniers organes quelquefois recouverts par la peau. La vessie aérienne est le plus souvent divisée intérieurement en cellules, qui l'ont fait re-

garder comme une sorte de poumon très-vasculaire.

fort longue ; corps comprimé 5. OsTÉoGrosse.

| très - longue; hypoptère courte; corps rond, plat derrière. 1. Ame.

ae distincts; épiptère

{ arrondi, en fuseau 4. Burynin.

courte ou moyenne; corps épais, comprimé, ... 2. Envrunix.

cachés par la peau, ne laissant au dehors qu’une fente linéaire en long 5. Monuvne.

I. AMIE (Linné); A4mia, Ray; Pline, lib. 1x, cap. 15. Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p. 402, pl. 557-558.

(1) De oxùr0;, peau épaisse, corium, et de xepadh, tête, capitis cutis.

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Bonnaterre, Encyclop., n° 408.

Lacepède, t. V, p. 43.

Bloch, Syst. Schneider, pl. 80.

Caractères. Corps arrondi en avant, un peu comprimé en arrière ; à grandes écailles; épiptère très-longue; hypoptère courte; uroptère arrondie; une large plaque osseuse entre les mâchoires, sous la gorge; vessie hydrostatique à grandes cellules. (Cuvier, pl. 578.)

Dix espèces sont inscrites dans ce genre; la plupart proviennent de l'Amérique septentrionale.

Dans ce genre, l'extrémité de la colonne vertébrale se prolonge comme un très-long rayon sur le bord supérieur de l'uroptère, comme dans

les Esturgeons et le Lépidostée.

II. ÉRYTHRIN (Gronovius); épubpivos, rouge; nom donné à plusieurs poissons. Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p. 480, p2. 585. Gronovius, Mus. ichthyol., pl. var, fig. 6.

Agassiz, Poissons du Brésil, Spix, pl. 18, 19, 20. Caractères. Corps épais, légèrement comprimé ; épiptère courte, moyenne, carrée ; uroptère arrondie ; bouche grande, à beaucoup de dents coniques, serrées; vessie hydrostatique à compartiments intérieurs carrés, celluleux. (Guvier, pi. 588.) Six espèces sont inscrites dans ce genre, On pourrait regarder comme

des sous-genres ceux que nous allons indiquer.

IL bis, Macropow. Cuvier-Valenciennes, t. XIX , p. bo4, pl. 586. Qui ne diffère que par la grosseur des dents, qui sont incisives et distribuées sur une seule rangée.

IT ter. LEBiasine. Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p. 331, pl. 587.

Poisson de Lima, à uroptère fourchue.

II quater. Pinmauzine. Cuvier-Valenciennes, t. XIX , p. 535, pl. 589. Petite espèce, de Surinam, à uroptère échancrée.

II quinquies. Omsre. Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p. 538, p£. 590. Poisson du Danube.

HILL OSTÉOGLOSSE, Osteoglossum (Vandelli); de éréoy, osseuse, et de ÿAüoox ,

langue.

Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p. 588.

Agassiz, Poissons du Brésil, de Spix, pl. xxv ; t/vocoua, corps rétréci, aminci. Caractères. Corps allongé, très-comprimé ; à nageoires impaires très-longues, opposées, comme dans les Opisthoptères. Dans la figure de Spix, l’uroptère manque ou se trouve confondue avec l’hypoptère ; dans celle de Cuvier, les nageoires impaires sont toutes les trois séparées. Il y a deux barbillons au bout du mevton. Trois espèces sont inscrites, l’une des Indes, les deux autres de l’'Amérique. On pourrait en rapprocher le genre suivant, figuré par M. Valenciennes (t. XIX, p. 465, pl. 584), dont les nageoires impaires sont

beaucoup plus courtes, ainsi que les nageoires paires.

II bis. Hérénoms. Poisson du Nil, décrit par Ruüppel (1.3, fig. 2) et M. Ehrenberg, et un autre du Sénégal, dans lesquels on a cru observer un organe dépendant de celui de l’ouie, Il en est un autre nommé Alépocéphale, de la famille des Bro-

chets ou des Opisthoptères.

IV. BUTYRIN (Commerson), 4lbula (Gronovius) ; de Boütuoov, du beurre, de la crème, Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p. 316, pL. 573-574. Lacépède, t. V, p. 4, pl. vint, Jêg. 2, et pl. x1v, n° 1. Bonnaterre, Encyclop., n° 294.

Agassiz, Poissons du Brésil, Spix, pl. xxr171 et xx1v. Caractères. Corps un peu en fuseau, à tête nue, mais dont le corps est couvert de grandes et fortes écailles distribuées par lignes en longueur; dents en carde, granulées sur la langue; mandibule proéminente; épiptère petite; hypoptère

courte, très en arrière ; uroptère fourchue.

Dix espèces, de l'Amérique méridionale.

V. MORMYRE (Linné); nom très-ancien d’un poisson, Mooupos, Aristote, Athénée.

Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p£. 69-570.

Rüppel, Poëssons du Nil, in-4°, Francfort, 1832, tab. 1 et 11, fég. 1 et 2. Geoffroy, Poissons de l'ouvrage sur l'Égypte, pl. vi, vu et vin.

Caractères. Corps oblong, comprimé, écailleux; tête complétement recouverte d'une peau nue et épaisse, cachant les opercules et les branchistectes, ne laissant

La La LA “

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qu'une fente linéaire verticale pour la sortie de l’eau des branches; bouche étroite, petite, à lèvres charnues.

Ce sont tous poissons d'Afrique, du Nil, du Sénégal, parmi lesquels dix-

neuf espèces sont inscrites dans l’Zchthyologie générale. On pourrait

diviser ces Mormyres en sous-genres, comme il suit, d’après les na-

geoires impaires, et d’abord en considérant l’épiptère:

1. Quand elle est longue, occupant presque toute l'étendue du dos. Roumé, Oxyrhynque, Caschive. Cuvier-Valenciennes, p£. 569. Rüppel, Poissons du Nil, tab. 1, fig. 2. Bloch, Schneider, tab. 30, 1.

. Quand cette nageoïre du dos, étant courte, est située en avant et précède les catopes, avec une hypoptère occupant les deux tiers inférieurs du corps. Wormyre uranoscope. Rüppel,

loco cit., tab. 1, fig. 1.

3. Quand cette épiptère courte est située en arrière, sur la queue. Morm. Behbeyt ou dorsalis. Geoffroy, Poissons d'Égypte, pl. vin, fêg. 1-2. Cuvier-Valenciennes, p. 271.

4. Quand lépiptère est carrée et située juste au milieu du dos. Hormyre allongé. Cuvier-Valenciennes, t. XIX, p. 269. Rüppel, loco citato, pl. 3, n° 1.

5. Lorsque les deux nageoires impaires, du haut et du bas de la

queue, se correspondent, Le Cyprinoide, Saleheyeh, G. p£. vir, fig. 1. Le Denderah, Geoffroy, p£. 5, fig. 2, Anguilloides.

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