‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 13 sur 110 · IV. MYXINE (Linné), de pÜëw, je suce · texte numérisé non relu

IV. MYXINE (Linné), de pÜëw, je suce

Bloch, tab. 413.

Schneider p£. 104, n° 1, 2, 3. Gastrobranchus cæcus, avec l'anatomie. Everard, Home (ouvrage cité plus haut), pZ. xtr, fig. 3.

Caractères. Semblables aux Bdellostomes par les branchies, mais seulement deux trous branchiaux distincts sous le ventre, qui correspondent aux placentas branchiaux, parce que leurs canaux aboutissent dans un conduit commun,

Une seule espèce bien décrite par les auteurs comme provenant de la Guinée.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA TRIBU DES PLAGIOSTOMES ET SUR LES FAMILLES DES PLEUROTRÈMES ET DES HYPOTRÈMES.

Nous désignons sous le nom de Plagiostomes les poissons cartilagineux dont la bouche est large, comme fendue en travers, car cette particularité les fait distinguer de toutes les autres espèces de Chondrichthes que nous avons appelées les Cyclostomes ou à bouche arrondie. Ils ont d’ailleurs,

comme ces derniers, les branchies cachées sous la péau et renfermées dans des sacs dont les orifices nombreux, visibles au dehors, sont toujours privés d’opercules et de rayons branchiostectes.

L'organisation de ces branchies est à peu près la mème chez tous. Ce sont des lames larges, attachées en dedans sur les arcades convexes des cornes du cartilage hyoïdien, auquel elles sont fixées solidement pour en suivre les mouvements. Par leur autre extrémité, ces lames adhèrent à la peau autour des fentes ou des trous branchiaux, de manière à former autant de cloisons ou de chambres séparées par compartiments, au moyen de ces diaphragmes membraneux.

Un caractère commun et distinctif, c'est que, à l'inverse des Cyclostomes, qui n’ont aucune nageoire paire, les Plagiostomes sont toujours munis de quatre membres symétriques , les pleuropes étant même souvent très-développés et les catopes portés en arrière, de manière à former les membranes qui bordent leur cloaque; car c’est ainsi qu'on nomme le canal commun qui sert d’issue à toutes les déjections de l'animal.

Nous avons donné à l’une des familles le nom de Pleurotrèmes, parce que les fentes des branchies, ordinairement très-larges et situées sur une même ligne longitudinale, à la suite les unes des autres, occupent les côtés du cou, immédiatement après la tête. Tous ont ordinairement le corps allongé, arrondi, conique ou en fuseau, c’est-à-dire un peu plus gros vers le milieu ; leur tronc ne se distingue guère de la queue, dont la base est très-grosse, charnue et continue au reste du corps, que par la présence de l’orifice

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cloacal. Les pleuropes, étalés sur un plan horizontal, sont cependant moins développés que ceux des Hypotrèmes. Ces nageoires paires latérales sont articulées sur des pièces cartilagineuses très-solides, que l’on a comparées avec raison aux os de l'épaule. Ces cartilages sont retenus par les chairs en arrière des branchies ; mais ils n’ont aucune connexion avec le crane, ni avec la colonne vertébrale, ou le cordon solide qui est une véritable échine. Au-dessous de la grande pièce qui recoit les rayons nombreux et articulés des Pleuropes, on voit, en dedans de la région qui correspond à la poitrine, d’autres pièces solides qui se joignent entre elles pour remplir l'office d’un arc-boutant situé en travers, comme un sternum pectoral.

Les catopes, quoique généralement moins développés, sont également réunis entre eux, au-dessous et à l'extrémité du ventre, par une pièce solide sur laquelle ils se meuvent et qui représente la portion moyenne des os coxaux.

La structure des Hypotrèmes est à peu près la même. Ici les pleuropes ont acquis beaucoup d'étendue, ce qui est en rapport nécessaire avec l'absence des fentes latérales, réellement reproduites par les trous nombreux et arrondis qui se voient au-dessous du tronc. Ces nageoires latérales sont très-développées, relativement surtout à la région de la queue. Chez la plupart des espèces, elle se trouve considérablement réduite dans ses dimensions transversales pour en prendre souvent de très-grandes sur sa longueur.

Tout le reste de l'organisation montre la plus grande analogie dans les modifications qui ont du résulter de Ja forme générale du corps. Chez les Hypotrèmes, le tronc étant

toujours déprimé et aplati, il a dû en résulter un changement notable dans la place occupée par la bouche, par les yeux et par les autres annexes des organes des sens.

Leur squelette ou l’ensemble des pièces de leur charpente intérieure est à peu près le même; les vertèbres, ou les pièces qu'elles représentent, sont soudées quelquefois dans certaines régions; elles ne varient guère que par les proportions respectives des parties qui servent de base à tout le mécanisme des mouvements. En effet, le mode de natation est différent; chez les uns, les Hypotrèmes, les pleuropes, par leur développement excessif, deviennent des sortes d'ailes semblables à celles des oiseaux de proie pour planer dans le milieu qu'ils habitent; chez les autres, les Pleurotrèmes, ils restent complétement semblables à ceux des autres poissons et propres à la natation, à l’aide du tronc dont les muscles volumineux et nombreux agissent latéralement sur la queue, laquelle se termine elle-même par une nageoire verticale.

Le crâne semble formé d’une seule pièce cartilagineuse dont la concavité recoit le cerveau, qui fournit les nerts principaux des organes des sens, surtout pour les fosses olfactives, qui sont toujours larges, allongées, situées près de la bouche, avec laquelle elles communiquent souvent. Le plus ordinairement ces cavités sont couvertes par des valves mobiles qui protégent des lamelles semblables à de petites branchies réunies entre elles sur une ligne moyenne, qui est tantôt saillante et d’autres fois indiquée par une rainure.

Les yeux, chez les Hypotrèmes, sont situés sur le dessus de la tête, et leur structure présente quelques particularités, car il y a une sorte de pédicule cartilagineux sur lequel

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peut se mouvoir la coque solide qui termine en arrière la selérotique, pour permettre des déplacements déterminés par les muscles de l’œil; ensuite les modifications de la membrane pupillaire ou de l'iris. En effet, chez les espèces dont les yeux occupent la région supérieure de la tête, ces organes, situés ainsi, présentent intérieurement, sur les bords de leur large pupille, des laciniures ou des franges compliquées, comme palmées, dont les digitations peuventse dilater ou se rétrécir, afin de produire et de remplacer l'effet utile des paupières garnies de cils. Semblables aux planchettes mobiles de nos persiennes, elles laissent passer entre elles plus ou moins de lumière, suivant qu'elles sont éloignées ou rapprochées les unes des autres. Chez les Pleurotrèmes, dont les yeux sont latéraux, d’autres dispositions des téguments protégent la vue, et font, au-devant de l’œil, l'office des paupières dites clignotantes ou nyctitantes.

Les téguments varient beaucoup. Les uns ont la peau tout à fait nue, gluante et visqueuse, avec des glandes et des pores muqueux; d’autres ont leur surface rugueuse, aiguillonnée, armée de boucles ou de tubercules, et hérissée d’épines plus où moins piquantes ou tranchantes.

La situation de la bouche, par cela même qu'elle se trouve tout à fait sous le museau , a encore déterminé une particularité dans le mode de la respiration branchiale. Chez tous les Hypotrèmes on voit sur la tête, derrière les yeux, des trous ou perforations assez larges, garnis de soupapes ou de tiroirs mobiles qui se dilatent en s’entr'ouvrant, ou qui se ferment soit pour laisser pénétrer l’eau dans l’intérieur de la bouche, soit pour la faire arriver dans les poches des branchies. Ces orifices se trouvent fermés, en effet, dans l’acte de

la déglutition, et l’eau qui a été aspirée, et qui est contenue alors dans la cavité de la bouche, est forcée de passer entre les lames de chacune des poches branchiales. Ces trous du sommet de la tête, que nous nommons des aspiracules, avaient été désignés sous le nom d'évents, parce qu'on avait cru qu'ils étaient destinés à faire sortir l’eau, comme ceux des Cétacés, qui ont été nommés des souffleurs à cause de cette particularité. Ce sont, au contraire, des invents, puisqu'ils ne laissent pas sortir l’eau, comme l'avaient supposé la plupart des auteurs.

Les organes de la digestion offrent aussi des dispositions particulières et même de notables modifications. Ainsi, quant aux dents placées à la surface des grandes pièces cartilagineuses qui constituent l’orifice transversal de la bouche, leur situation et leurs formes sont très-variées. Les Pleurotrèmes présentent, le plus souvent, ce large orifice en avant, et cette bouche est garnie de dents plus ou moins acérées et tranchantes; c’est même ce qui a servi à l'établissement des genres, et ils sont, par cela même, tout à fait distincts les uns des autres. Chez les Hypotrèmes, qui ont constamment la bouche placée sous le museau, les dents sont souvent plates, petites, et disposées par rangées régulières plus ou moins espacées, et l'entrée, quoique transversale, est généralement moins large que celle des Pleurotrèmes.

Dans ces deux grandes familles, le sac stomacal n'a pas d'appendices pyloriques. On retrouve chez tous un pancréas, un foie très-développé ou volumineux, qui est très-huileux. Il y a une grande valvule roulée en spirale dans l’intérieur du tube intestinal, lequel se termine dans une portion élargie où se rendent, tout à la fois, les conduits sécrétoires des reins et

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des organes reproducteurs internes dans les mâles et les femelles. Chez les premiers ce sont de véritables testicules, et chez les femelles des trompes ovariques ; celles-ci recoivent et conservent longtemps les œufs, qui y éclosent même fort souvent. C’est sur les bords de ce même cloaque qu'on trouve les trous ou des pores permettant une sorte de communication extérieure avec la cavité séreuse du péritoine qui enveloppe les viscères abdominaux.

Plusieurs Plagiostomes sont ovovivipares, et leurs œufs, d'une forme bizarre, presque constamment déprimés, sont en parallélogrammes avec des angles prolongés; ils sont revêtus d'une coque cornée imperméable, dont la surface varie suivant les espèces. La plupart s'ouvrent par l’un des côtés, et les fœtus qui en proviennent portent souvent, attachée à leur ombilic, une portion du cordon ou pédicule de la poche qui contient le jaune destiné à la nutrition de l'embryon. On en a même vu qui avaient, dit-on, les branchies visibles à l'extérieur.

Nous avons précédemment présenté le tableau destiné à faire connaître les quatre familles qui, par leur réunion, constituent pour nous l’ordre des Chondrichthes Trématopnés. D’après la position des trous branchiaux, ils se trouvent divisés en quatre familles nommées : Endotrèmes, Exotrèmes, Pleurotrèmes et Hypotrèmes. Nous avons déjà étudié les deux premiers; il nous reste maintenant à passer en revue les genres compris dans la troisième et dans la quatrième famille.

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