‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 12 sur 110 · DEUXIÈME FAMILLE : LES EXOTRÈMES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME FAMILLE : LES EXOTRÈMES

Caractéres essentiels. Poissons cartilagineux, à corps mou, cylindrique, allongé, nu, visqueux; sans nageoires paires. Bouche circulaire à l’extrémité du tronc, sans mâchoires horizontales. Un seul évent ou aspiracule sur le dessus de la tête ou du museau, Trous des branchies extérieurs, variant par leur situation et

leur nombre.

Les Cyclostomes exotrèmes, ainsi que leur nom tend à les caractériser, diffèrent donc de ceux qui appartiennent à la première famille par la manière dont se terminent en dehors les trous par lesquels l’eau sort des organes respiratoires; leurs branchies et leurs ouvertures extérieures présentent elles-mêmes deux dispositions fort différentes pour leur structure.

Dans deux des genres, ces organes respiratoires ont la forme de petits plateaux arrondis qu'on a désignés sous le nom de placentas, ou de gâteaux circulaires, supportés vers le milieu de leur disque par un petit cordon saillant comme avec un ombilic, dans lequel sont contenus les vaisseaux et les nerfs, qui se divisent dans ce réseau pour servir à la respiration aquatique.

Dans deux autres genres, les branchies, renfermées dans

(1) De EËw, éntus, foras, en dehors, et de toux, foramen, trou,

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une cavité commune, ont la forme de lames vasculaires, qui, chez les Ammocætes, sont flottantes et rangées régulièrement par paires à droite et à gauche, et cette sorte de poche uniloculaire est percée latéralement de trous placés les uns audessus des autres, dans une rainure latérale, sur cette partie plus renflée du corps. Dans les Lamproies ou Pétromyzons, la poche commune est partagée sur les côtés par des cloisons membraneuses séparées les unes des autres, pour constituer autant de chambres dans lesquelles pénètre l’eau qui doit en sortir de chaque côté par six ou sept trous latéraux dont les bords sont arrondis.

Nous avions fourni à notre collaborateur M. Hippolyte Cloquet beaucoup d'observations anatomiques qu'il a inserées par extrait dans l’article Pétromyzon du grand Dictionnaire des Sciences naturelles, tome xxxIx, qu’on pourra consulter si l’on désire plus de détails, ainsi que notre mémoire sur ce sujet, Mag. encycl., 1808. Nous croyons avoir fait connaître des caractères suffisants pour établir ceux des genres dont se compose cette famille naturelle; cependant nous allons les présenter ici dans une sorte de résumé.

1° Ces poissons n’ont pas de vertèbres distinctes, mais une sorte de corde cartilagineuse centrale; 2° pas de membres ou de nageoires paires, ni pleuropes, ui catopes, mi vessie natatoire; 3° la peau nue, sans écailles, verticillée ou paraissant annelée, comme dans les Annelides; 4° pas de mâchoires jouant horizontalement ; dans quelques genres des mächoires latérales; 5° le tube intestinal tout d’une, venue, sans aucun pli d’un bout à l’autre, ni appendices; 6° une sorte de voile mobile au palais, séparant la bouche du pharynx comme une épiglotte; 7° la respiration branchiale s’opérant dans une sorte de thorax ou de poitrine distincte ; 80 les vaisseaux sont liés aux organes, ou ce sont des canaux pratiqués dans l'épaisseur des tissus; 9° dans quelques genres, les œufs sont disposés comme une grappe impaire, sans oviductes.

Voici le tableau synoptique des genres de cette famille.

; : deux sous le ventre.. 4. Myxine.

|‘ palpes ou cirrhes ; trous

branchi : : É SAHOEUR six ou sept latéraux.. 3. BpezLosrome.

Bouche à lèvres *]

| dentée circulairement. 4. Lampnrore.

sans palpes ou tentacules |

saillants, et | sans dents visibles... 2. Ammocorte.

I. LAMPROIE, Petromyzon (Artédi), de xéroos, pierre, et de mÜëw, je suce. Bloch, pl. 77-78.

Cuvier, Règne animal, illustré, pl. 120, fig. 1. Guérin , Zconographie, pl. 70, x, 2.

Lacépède, t. I, pl. 1, fig. 1 et 2, les dents ; page 3. Duméril, Dictionnaire des Sciences naturelles, pl. 18, n° 1. a. b.

Caractères. Bouche toute ronde, à lèvres sans tentacules, concave, conique, garnie de tubercules osseux dentiformes, réguliers, distribués cireulairement et en quinconce, de plus en plus gros; au bord inférieur du disque, huit pointes disposées en croissant, réunies par leur base. Trous des branchies latéraux, arrondis, au nombre de sept, Un spiracule borgne, correspondant à la cupule olfactive.

Six espèces connues; toutes se retrouvent dans les fleuves; quelques-unes remontent de la mer, ou habitent constamment les eaux douces des petites

rivières et des lacs.

11. AMMOCOETE, Ammocæœtus (Duméril, 1808. Dissertation sur les Poissons Cyclostomes), de &uuos, sable, arena , et de xoïros, séjour, cubile. Cuvier, Régne animal, 2° édit., pag. 406 du t. II. Guérin, Zconographie, pl. 70, fig. 3,4, 4 a.

Duméril, Dictionnaire des Sciences naturelles, pl. 18, n° 2. c. d.

Caractères. La lèvre supérieure demi-circulaire, concave, allongée, dépourvue de dents ; les branchies réunies dans une même cavité, avec des trous distincts pour chaquerangée, se rendant le long d’une ligne latérale enfoncée. Les yeux à peine distincts.

Deux espèces décrites. Elles servent principalement comme amorces ou

appâts pour la péche.

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III. BDELLOSTOME, Bdellostoma (Müller et Henle), de 83£\x, sangsue, et de croux , bouche, tab. VI, VII, VIII.

Eptatrète, Duméril; Lacépède, t. I, p£. 23, 1. De Etre, sept, et de sont, perforé.

Home, Zransact. philos., 1815, pl. 12, fig. 1.

Caractères. Un aspiracule parcourant comme une narine tout le dessus du palais pour conduire l’eau aux branchies cotylédonaires, dont les trous, variables de six à sept de chaque côté, sont semblables à ceux des Lamproies. Le pourtour de la bouche garni de cirrhes ou barbillons; deux rangées circulaires de dents tranchantes triangulaires.

Quatre espèces connues et une douteuse, décrites par M. Müller, Acad. des Sciences de Berlin, 1836.

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