‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 31 sur 110 · TROISIÈME FAMILLE : LES CHONDROSTÉS PTÉROPODES · texte numérisé non relu

TROISIÈME FAMILLE : LES CHONDROSTÉS PTÉROPODES

Nous avions d'abord réuni, dans la zoologie analytique, les poissons de cette même famille sous le nom de Téléobranches, voulant exprimer ainsi que, chez la plupart, les organes destinés à la respiration étaient complets, comme dans les Ostichthes, dont plusieurs ont en effet la même apparence extérieure ; mais ayant reconnu que ce nom, et les organes qu'il était destiné à indiquer, n’exprimait pas exclusivement le caractère de cette famille, nous en proposons un autre, qui est plus spécialement approprié à la structure bizarre et insolite de leurs nageoires paires. Celles-ci, par leur transformation partielle, sont devenues des pattes propres à la progression ou des supports remplissant l'office de ventouses destinées à les faire adhérer aux corps solides. C’est ce que nous

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avons cherché à exprimer par la dénomination nouvelle et composée de nageoires changées en pieds, Préropones.

Nous voyons, en effet, dans les deux groupes qui réunissent les genres de cette famille, deux modes de conformation différente en rapport avec cette particularité.

Dans l’une de ces sections, que nous avions nommée celle des Plécoptères (1), et que Cuvier a désignée ensuite comme des Discoboles, les nageoires paires inférieures, ou les catopes, sont réunies et confondues en une sorte de plaque concave ou de disque à bords libres et membraneux que l'animal emploie, dit-on, comme une ventouse, pour s’accrocher ou se fixer sur les corps solides.

Nous aurions pu conserver le titre de Pleurochires (2) aux espèces de l’autre groupe, quoique Cuvier les ait placés parmi les poissons osseux, près des Acanthoptérygiens Gobioïdes, et leur ait donné le nom composé de poissons à pectorales pédiculées; cependant cette distribution a été signalée par M. Valenciennes comme une importante réforme dans la classification de ses prédécesseurs, quoiqu'il y ait joint les Chironectes, les Malthées et les Raniceps. Cette section est remarquable par le singulier développement des parties de l'épaule, les nageoires pectorales représentant des bras articulés sur les parties postérieures de la tête, et offrant là une région charnue, sur laquelle sont coudes les os des bras prolongés singulièrement, et formant une portion membraneuse, soutenue elle-même par des rayons dont l'extrémité

(x) De mAfxos, réunies, jointes, et de rr:pè, ailes, nageoires. Comme les Plécopodes parmi les Ostichthes Gongylosomes.

(1) De rAeupoy, de côte, latérales, et de yerpèe, mains.

libre représenterait des doigts, dont on dit en effet que l'animal se sert pour se traîner sur le sable, comme l’a observé Commerson sur les espèces du genre Chironecte ou Antennaire.

Ces deux groupes ainsi établis, voiei comment on peut y distribuer les genres, d’après plusieurs particularités faciles à observer, que nous ferons connaître dans le résumé analytique.

Quatre genres n’ont réellement pas de catopes ou de nageoires paires inférieures ; elles paraissent du moins confondues ou réunies entre elles par un plateau qui se voit en dessous, entre les pleuropes assez développés. Ce plateau, de forme ovalaire ou circulaire, est tantôt formé par deux disques élargis, que l’on a comparés à des plats à barbe ou à des coquilles, ce qui a fait nommer ces poissons des Barbiers ou Lepadogastères. Chez les autres genres, cette sorte de ventouse est unique. Parmi les espèces qui n'ont ainsi qu'un seul disque sous la gorge, on en trouve qui, avec d’autres formes caractéristiques, se distinguent surtout parce que leurs téguments sont nus et gluants; tantôt alors la nageoire de la queue est séparée et isolée, comme dans les Gobiésoces, qui sont, sous ce rapport, très-voisins des Lépadogastères ; tantôt cette uroptère est confondue ou réunie avec l’épiptère unique et l’hypoptère: tels sont les Liparis ou Cyclogastères. Le quatrième genre, auquel on a laissé le nom de Cycloptère, comprend les espèces qui ont la peau parsemée de tubercules comme pierreux , dont les plus gros forment de petites avances polygones, distribuées sur la longueur du dos et sur les côtés du ventre.

Dans le second groupe, qui correspond, ainsi que nous l’avons dit, aux Pleurochires, les nageoires paires, ou catopes,

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sont bien distinctes et situées sous la partie inférieure; mais c’est surtout par le développement extraordinaire, les mouvements et la situation des pleuropes que ces genres se font aisément reconnaître, comme nous venons de l'indiquer. Par la seule configuration du corps, qui est excessivement aplati, on distingue les Baudroies et les Malthées. Les premières, dont la bouche est très-large et transversale, ont la peau tout à fait privée de grains osseux, tandis que les secondes, avec la bouche située sous un museau avancé, ont le corps protégé par des tubercules osseux. Les Chironectes ont le corps comprimé, épais; leur bouche est obliquement relevée en dessus, et la tête le plus souvent garnie de tentacules branchus ou d’appendices cutanés.

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