‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 35 sur 110 · DEUX GROUPES : LES OSTRACIDES ET LES BALISTIDES · texte numérisé non relu

DEUX GROUPES : LES OSTRACIDES ET LES BALISTIDES

Caractères. Corps revêtu de téguments coriaces, âpres et rudes au toucher, soit avec des scutelles dures sous forme d’écailles non superposées, ou de granules épineux , soit en compartiments osseux polygones, articulés entre eux ou joints par leurs bords, et formant une sorte de cuirasse ; mâchoires avancées, et les dents fortes, toujours saillantes et distinctes.

Cette famille, divisée en deux groupes, les Ostracides et les Balistides, réunit des espèces nombreuses, dont la plupart ne se rencontrent que dans les mers les plus chaudes de l'Amérique, de l'Asie et de l'Australie. Ces poissons n'atteignent pas de très-grandes dimensions ; ils se nourrissent principalement de petits mollusques coquilliers, de zoophytes qui ont des bases calcaires, comme les Madrépores et les autres Lithophytes, dont ils brisent les enveloppes à l’aide de leurs dents solidement implantées dans des mächoires courtes, mais robustes. La plupart sont extérieurement protégés par des téguments qui, lorsqu'ils ne sont pas complétement formés de pièces osseuses, articulées solidement entre elles, offrent du moins des tubercules squamiformes très-résistants, implantés ou sertis par leurs bords dans l'épaisseur de la peau, qui peut être dilatée dans les espaces peu apparent destinés à les séparer.

On a reconnu dans le plus grand nombre une vessie aérienne, à parois épaisses, qui permet chez les uns, les Baris-

(1) SxAnpddepuoç, qui est enveloppé d’une peau dure, d’une cuirasse, duro corio indutus.

rines, un développement considérable du fluide élastique que cette poche contient, et qui peut ainsi augmenter le volume du poisson. Ce changement s’opère dans les circonstances qu'exige leur séjour ou leur station, suivant les différentes profondeurs des eaux dans lesquelles ils doivent pénétrer successivement. Chez les OsTRAGIDES, second groupe de la même famille, il faut présumer que l’ampliation du volume est facilitée par l’écartement réciproque de chacune des plaques osseuses polygones de leur enveloppe cuirassée, surtout dans la région qu’occupe l'appareil branchial.

Deux groupes distincts, comme nous venons de l'indiquer d'avance, correspondent aux deux genres primitivement établis par Artédi ou Linné. Les uns, auxquels nous conservons, tout en le modifiant, le nom d’Ostracides, désignés généralement en français comme des coffres ou des coffrets, ont, ainsi que le dit G. Cuvier, au lieu d’écailles, des compartiments osseux et réguliers, réunis en une sorte de cuirasse peu flexible, qui revêt la tête et tout le corps; de sorte qu'ils n’ont de mobiles que les pleuropes et les nageoires impaires, en y comprenant l’uroptère. La bouche chez ces espèces est dirigée en avant ; elle présente là, et derrière de petites lèvres mobiles ou à peau flexible, des dents au nombre de six à huit, le plus souvent de forme conique, sur chaque mâchoire. Les dents antérieures sont plus longues et plus détachées des autres, qui sont elles-mêmes plus courtes et plus serrées entre elles.

Les fentes branchiales, toujours obliquement placées de chaque côté, sont fermées à volonté par une membrane lâche et flottante qui s'applique exactement sur un chambranle solide, fourni par l’un des os de l’épaule, sur lequel s'opère

CHONDROSTÉS SCLÉRODERMES. 17)

l'articulation de la base des pleuropes. Cet appareil respiratoire, caché presque entièrement au dehors, se retrouve cependant complété à l’intérieur. On y a constaté la présence des rayons branchiostéges et celle des plaques operculaires; mais ces parties sont masquées sous l’espèce de test formé par les téguments osseux, qui ne paraissent pas pouvoir se déplacer dans les mouvements d'inspiration ou d'expiration qu’exigent l'entrée et la sortie de l’eau.

M. le docteur Kaup, qui a fait une étude toute particulière de ce groupe des Ostracides, dont il a décrit toutes les espèces parvenues à sa connaissance, a profité des indications données par Cuvier pour extraire les caractères essentiels des quatre genres qu'il a établis dans ce groupe, soit d’après la forme générale du corps, soit d’après les épines ou les saillies qu’on peut observer sur leur test osseux.

Ainsi, les uns ontle corps quadrangulaire, ou à quatre pans à peu près égaux ; ceux-ci constituent deux genres, suivant qu'ils portent des épines ou que leur carapace est tout à fait arrondie sur les angles. Telles sont les espèces que M. Kaup désigne sous le nom de Cibotion, en appelant les premières Doryophrys. Les deux autres genres ont le corps enveloppé d’une cuirasse osseuse à trois pans; à ces derniers il laisse la dénomination générique d’Ostracion, tandis qu’il appelle Aracanas, en faisant usage de la désignation proposée par M. Gray, les espèces dont le corps présente cinq ou six pans.

Voici le résumé analytique de cette classification.

CINQUIÈME FAMILLE : LES CHONDROSTÉS SCLÉRODERMES. PREMIER GROUPE : LES OSTRACIDES.

Caractéres : Corps entièrement recouvert de plaques osseuses polygones, unies

entre elles par leurs bords.

bords ou angles mousses... ..... 5. Cigorion. quadrangulaire; pans à | tubercules saillants, épineux.... .. 4, Donxornays. | A corps: I trois pans seulement ........ ... À. Osrraciox.

non carré; tantôt à à cinq ou six pans........ .... 2. ARACANA.

I. OSTRACION ; de ôcto4xov, une envelope solide, un test , cesta.

Caractère essentiel, I ne réside absolument que dans la forme triangulaire.

Les espèces qui y sont rapportées par M. Kaup sont les suivantes : 1. Cornutus ; 2. Triqueter, Bloch, 130; 3. Quadricornis, Bloch, 134; 4. Bicaudalis, Bloch, 132; 5. Trigonus, Bloch, 135; Gibbosus, Concatenatus,

Oviceps.

IT. ARACANA (Gray). C'est un nom de pays.

Caractères. Carapace offrant cinq ou six pans.

Deux espèces indiquées par M. Kaup: 1. Aurita, Gray; 2. Nasalis, Kaup.

III. CIBOTION (Kaup); de x6wrTuv, un coffret, un écrin, scrénium, arcula. Caractère. Il est dans la forme cubique ; beaucoup d'espèces se rapportent ici.

1. Cubicus, Bloch, 135; 2. Punctatus, Lacépède, t. I, pl. 21,1; 3. Turritus , Bloch, 136; 4. 4rcus, Séba, t. IIL, tab. 24, 9; 5. Cyanurus, Kaup; 6. Ornatus; 5. Tuberculatus ; 8. Bombifrons.

IV. DORYOPHRYS (Kaup) ; de Ôcpu, arme, et de dgcbs, soureil, supercilium. Caractères. À test quadrangulaire; à plaques membraneuses au centre ; sourcils

surmontés d’une épine dirigée en ayant.

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