IV. BALISTE (Artédi); de Bahw, je lance, jaculator
Hollard (Mémoire cité), pl. 3; trois espèces représentées et vingt décrites.
Bloch, tab. 150 et 151.
Lacépède, t. I, xvr, 1,23; xvIr, 1, 2, 3: XVI, 3, VS XXL, 1e
Caractères. Le corps couvert de grandes plaques squamiformes très-dures, mais
serties de tous les côtés par une peau extensible, à trois aiguillons dans la première épiptère; une pointe saillante épineuse, au lieu du bassin et des catopes qui manquent.
CHONDROSTÉS. GENRE ANORMAL. LÉPIDOCHONDRE. 199 CHONDROSTRÉS. GENRE ANORMAL. LÉPIDOCHONDRE.
APPENDICE. Sur un poisson anormal qu'on ne peut ranger qu'entre les deux sous-
classes des Chondrostés et des Ichthyostes.
Le genre LÉPIDOSIRÈNE, ainsi nommé par M. Fitzinger, est un animal recueilli dans les eaux douces de l'Amérique du Nord. Il a été décrit d’abord par M. Fitzinger comme un reptile Batracien, à branchies persistantes ou pérennibranches. |
Après avoir étudié nous-même l'organisation de cet animal, nous avons pu exposer les motifs qui nous ont fait adopter l'opinion qu’il est bien réellement un poisson (1). Cependant, sa conformation extérieure et sa stucture sont si bizarres qu’il est devenu fort difficile de le ranger dans l'une des deux sous-classes des poissons qui n’ont qu'une seule issue pour chacune des cavités branchiales.
C'est un cartilagineux, d'après la mollesse ou le peu de consistance de sa colonne vertébrale; ce n’est cependant pas un Chondrichthe où Trématopné, puisqu'il n’a que deux ouvertures branchiales, quoiqu'il ait beaucoup de rapports anatomiques avec la famille des Cyclostomes. Ce n'est pas non plus un Chondrosté, car son corps est entièrement revètu de véritables écailles, placées en recouvrement les unes sur les autres; il en a même sur la tête. D'après la structure des mâchoires, la disposition et la forme des dents, on re-
(1) Voir notre Ærpétologie générale, à. IX, p- 208 et suivantes.
trouve dans la bouche de ce poisson la plus grande analogie avec celle des Chimères.
Nous ne devons pas insister ici pour rappeler que nous ne pouvons pas regarder la Lépidosirène comme un reptile. D'abord le crâne ne s’articulerait pas, dans ce prétendu Batracien, par deux condyles, puisqu'on a prouvé que l'occiput présente une cavité conique correspondant à une autre, absolument semblable, creusée sur la première vertèbre, comme dans tous les poissons. Ses branchies, qui restent cachées, sont couvertes par des battants operculaires. Les narines sont celles des Lamproies ; ce sont des cavités avec une seule ouverture ou en impasse, qui n'aboutissent pas dans la bouche ou sur le palais, et dans lesquelles on voit des lames destinées seulement à être mises en contact avec une portion de l’eau ambiante, pour en apprécier les qualités sapides. Les rayons des nageoires paires sont enveloppés dans une sorte d'étui de peau, ce qui les a fait considérer comme des pattes, et cependant on y retrouve la mème disposition que dans les catopes des Pégases, de la famille des Hypostomates.
La cellulosité de la vessie natatoire, dans sa tunique interne, se retrouve dans les Lépisostés et les Amies ; ce n’est donc pas un poumon. Îl n'y a pas de glotte derrière la langue, et le conduit aérophore vient se rendre dans l'œsophage, comme dans beaucoup d'autres poissons.
Enfin pour terminer, nous présenterons ici le résumé des observations de M. Owen, qui deviennent pour nous les caractères essentiels du genre et de l'espèce unique observée jusqu'ici. Le corps est entièrement couvert de larges écailles arrondies, placées en recouvrement les unes sur les autres. La tête et la ligne latérale sont garnies d’un pli saillant,
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percé de pores muqueux ; les rudiments des prétendus membres sont des nageoires pectorales et ventrales, composées de rayons nombreux à leur base. Il y a un cordon gélatineux qui tient lieu de colonne vertébrale; la partie de l'occipital qui s’y Joint n'offre qu'une seule surface, et non pas deux condyles, comme cela a lieu chez tous les Batraciens. Il y a sur les branchies une lame operculaire; les os intermaxillaires sont mobiles, et la mâchoire inférieure offre, après la pièce post-mandibulaire, une portion qui supporte les dents. On voit, tant au-dessus qu’au-dessous du canal ou du tube vertébral, un double rang d’apophyses épineuses. Les parties les plus solides de cette sorte de squelette cartilagineux sont de couleur verdàâtre. Le gros intestin présente dans son intérieur une valvule contournée en spirale. La situation de l'anus, l'oreillette unique du cœur, le nombre ordinaire des arcs branchiaux et la position cachée de leurs lames, l'existence du long nerf sous-cutané latéral, les larges otolithes du labyrinthe de l'oreille, les sacs nasaux ou olfactifs à orifice externe unique, tout prouve que la Lépidosirène est véritablement un poisson.
Si ce nom n’avait été généralement employé, nous aurions préféré celui de LÉPIDOCHONDRE, qui en rappellerait le caractère essentiel, celui d’un poisson cartilagineux ayant des écailles : sorte d’anomalie qui nous laisse dans un grand embarras pour la classification. Nous le regardons comme constituant un genre anomal, qui ne peut être placé qu'entre les Chondrichthes et la sous-classe des Ostichthes, quoiqu'il ait quelques rapports avec quelques Opisthopodes, de la famille des Scutocéphales, tels qu'avec les genres Amie, Érythrin, d'une part, et d’un autre côté avec les Polyptères et les Lépidostés.
Voici le résumé que nous avons inséré à la page 212 du tome IX de l'Ærpétologie générale.
1° Toutes les parties du squelette sont celles d’un poisson cartilagineux analogue aux Lamproies, aux Chimères.
2° Le corps est couvert d’écailles superposées entuilées; il y a une ligne latérale sur les flancs.
3° Les opercules recouvrent cinq lames branchiales, et chacun des deux sacs qui les contiennent n’a qu'un petit orifice externe.
4 Les narines sont celles des poissons et ne s'ouvrent pas dans la bouche.
5° Il n'y a ni cavité tympanique, ni trompe gutturale, mais des otolithes.
6° Les rudiments des nageoires paires sont soutenus par des rayons cartilagineux réunis en faisceaux.
Au reste, c'est le seul poisson auquel nous n'avons pu appliquer la méthode analytique.
LÉPIDOSIRÈNE (Fitzinger), par comparaison avec la Sirène, Batracien urodèle trématodère, mais dont le corps et nu et gluant. Natterer, 4nnralen der Weiner Museum, 1837, p. 67, pl. x. Richard-Owen, 1838. Mémoires de la Société linnéenne de Londres, vol. XVIII, p. 327, tab. 23-27; Annales des Sciences naturelles, t. XI, p. 371. Bischoff, 1840. Trad. Annales de Sciences naturelles, 2° série, p. 146, avec quatre planches.
De Castelnau, Expéd. dans l’Amér, du Sud, p. 104, pl. 50, fig. 1855, cite cinq espèces.
Caractères. Corps très-allongé, cylindrique, couvert de grandes écailles, même sur la tête ; toutes les nageoires impaires basses et réunies entre elles; les catopes et les pleuropes formant des sortes d’appendices prolongés, coniques et pointus.
Les espèces sont de l'Amérique du Sud et d'Afrique.
Ed