‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 50 sur 110 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES PANTOPTÈRES PSEUDAPODES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES PANTOPTÈRES PSEUDAPODES

L’arrangement systématique établi d’après l'absence ou la situation relative des catopes, chez les poissons osseux, nous a forcé de placer d’avance dans des familles naturelles trèsdifférentes les unes des autres une vingtaine de genres qui sont évidemment des apodes. Par une circonstance qu'il était facile de prévoir, comme tous ces poissons, privés des nageoires paires inférieures, sont pourvus des autres nageoires paires et impaires, ils devaient être rangés dans le groupe des Apodes pantoptères; mais ce sont des espèces anomales.

Il fallait trouver un procédé artificiel , à l’aide duquel on pourrait faciliter la détermination de ces poissons. Nous avons eu recours à l'analyse, en faisant, dans ce cas, abstraction de ce défaut de nageoires paires inférieures, et en nous bornant à l'examen et à l’annotation de l'apparence extérieure, ou de la conformation générale de ces individus, qui sont généralement en petit nombre dans chaque genre.

Parmi ces poissons, en effet, les uns ont la forme la plus ordinaire, c’est-à-dire le corps allongé, plus ou moins épais, d’après son étendue en largeur et relativement à sa hauteur ; de sorte que, si des tranches verticales étaient opérées de haut en bas sur leur tronc, on obtiendrait ainsi des portions de cylindre : c'est ce que nous appelons un corps arrondi; tandis que, chez les autres, ainsi comparés, le tronc est plus ou moins comprimé ou étroit, suivant sa largeur, et, dans ce cas, sa hauteur l'emporte sur son épaisseur.

Parmi les premiers, dont le pourtour est arrondi, tantôt

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le corps est à peu près régulièrement cylindrique, quand son étendue transversale, ou de droite à gauche, est égale à celle de la ligne verticale. On peut remarquer alors que certaines espèces portent, aux environs de la bouche, des palpes ou des prolongements charnus et mobiles, sortes de barbillons dont le nombre varie. Ce sont des poissons qui, par cela même, ont des rapports avec les Silures ou avec les Pogonophores, comme nos Loches, près desquelles ils viendraient naturellement se placer, si l'absence des catopes ne les éloignait de ces genres, qui sont tous Opisthopodes ou abdominaux.

Chez les autres Apodes anomaux qui ont aussi le tronc cylindrique, on ne trouve plus ces barbillons, et les deux espèces bizarres qui se trouvent dans ce cas sont d’ailleurs des plus singulières par leur conformation. Ainsi, l'une d'elles, que l’on désigne sous le nom d’Ænarrhique, ressemble tout à fait à une très-grande Blennie qui serait privée de catopes, et, de plus, les dents sont tellement differentes pour la force, la grosseur et leur nombre, qu'il serait fort difficile d'assigner à ce poisson une place bien déterminée dans l’ordre naturel. Quant à l'espèce unique nommée Coméphore, qui est également privée des appendices charnus près de la bouche, et dont la tête est excessivement aplatie, ce serait un poisson très-voisin des Callionymes, s’il ne manquait de catopes, et si ses fentes branchiales n'étaient linéaires et latérales, au lieu d'être arrondies et verticales, c’est-à-dire placées au-dessus de la tête.

Les deux espèces anomales dont le corps cylindrique est plus gros au milieu appartiendraient par cela: même à la famille des Scombres ou des Atractosomes, si elles n'étaient

privées de catopes; puis la manière dont leur museau se termine suffit pour les faire distinguer entre elles. Sous leurs noms de Xiphias et de Gempiles, elles se trouvent ainsi, avec leurs caractères, parmi les Hémisopodes fusiformes.

Ceux de ces poissons Apodes anomaux, ou Pseudapodes, dont le corps est étroit en travers, c'est-à-dire offre peu d’'épaisseur de droite à gauche, diffèrent beaucoup entre eux par leur conformation générale. Les uns ont le tronc beaucoup plus long qu'il n’est élevé; les autres, au contraire, ont le corps presque aussi haut que long, de sorte que leur forme générale est ovalaire.

Les espèces Apodes anomales dont le tronc est comprimé, et conserve cependant un peu d'épaisseur, offrent une disposition caractéristique facile à constater, car il en est dont les opercules sont couverts d'écailles : ce seraient par cela même des Lépidopomes, mais elles sont privées de catopes. Les MNotoptères (n° 7) ont le ventre aminci, tranchant, bordé d’une longue hypoptère confondue avec la nageoire de la queue ;les autres, nommés Orestias (n°8), ont le ventre arrondi et la queue comprimée; les écailles qui garnissent leurs opereules sont plus rares; cependant nous avons du les rapprocher des Lépidopomes. *

Dans cette même catégorie des Apodes anomaux dont le corps est comprimé, long et épais, mais dont les opercules ne sont pas écailleux, se rangent les Pristigastres (n° 9), dont le ventre, ainsi que leur nom l’indique, est dentelé en scie, et chez lesquels la nageoire de la queue est confondue avec l'hypoptère, tandis que, chez les Odontognathes (n° 10), l'uroptère est séparée des autres nageoires impaires.

Tous les autres Apodes anomaux ont le corps excessive-

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ment mince, et peuvent être distingués en ceux dont la longueur est si considérable qu’elle forme une lame, comme dans les Pétalosomes, famille à laquelle quatre de ces genres peuvent être rapportés. Les uns ont une nageoire du dessous de la queue tantôt membraneuse, au moins en grande partie : tels sont les Zépidopes (n° 11); tantôt cette hypoptère est entièrement remplacée par des épines : tels sont les Gonelles ou Murénoïdes (n° 12). Deux autres genres, les n*% 13 et 14, n'ont pas d'hypoptère; ce sont les Styléphores, qui ont une uroptère, et les 7richiures, qui n’en ont pas.

Les espèces Apodes à corps ovale sont partagées en deux grandes divisions : les Æétérosomes (n° 18), chez lesquels la tête est irrégulière, ayant les veux d'un mème côte; et les espèces dont le corps et la tète sont symétriques à droite et à gauche; telles sont les Stromatées (n° 15), dont le corps n'a pas tout à fait autant d'élévation que de longueur, tandis que ces deux dimensions sont presque égales dans les Psettes (n° 17), qui ont la queue tronquée et arrondie. Ajoutons que cette queue est garnie d'une uroptère fourchue dans le genre

Rhombe (n° 16).

Voici le tableau analytique des genres que l’on peut rapporter à ce groupe :

& Ca FES

FAMILLE DES PSEUDAPODES (1).

distincts, au nombre de

/ cylindre ; barbillons

ronde , épaisse nuls; à tête dont le pourtour est arrondi ) plate, déprimée

long, en lame osseuse \ fuseau (Atractosomes) ; museau court, rond, obtus

tranchant en scie écailleux; dessous du ventre arrondi ; un peu épais; opercules , fine à l'hypoptère |sans écailles; uroptère l distincte, isolée...

en grande partie Te distincte comp ime , \ toute en ë 4 4 Jai pines...

| longue lame ; hypoptère { complétement, nulle, | | remplacée par des épines

\ mince et plat en ( (Po qu'il n’est haut.........

| [symétrique et sl { fourchue

| haut que long, queue \ovale, À dE

irrégulier ; les deux yeux d’un même côté...

I. ÉREMOPHILE. Ce genre se rapproche des Siluroïdes, tribu des Oplophores, ordre des Opisthopodes, et il y est inscrit et caractérise sous le n° 13. Il a, en effet, le premier rayon des pleuropes plus solide et comme épineux. La figure donnée par M. de Humboldt (Observ.

(1) De Leu, faussement, à tort, fu/so, et de ämoÿx, sans pieds.

. ÉnémormLe,

. ASTROBLÈPE, 3. ANARRHIQUE.

. Coéruone.

. Xipmas.

. GEMPiLE.

. NotTortÈRe.

. OrREsTIAS.

. PRiISTIGASTRE,

. ODONTOGNATRE,

. Léripore.

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