GE
Cæsiow.
. GERRES.
MENDOLE.
PicAREL.
. Mure.
. UPÈNÉE,
. BoGxe.
. OBLADE.
. CRÉNIDENT,
. SCATHARE.
SARGUE.
. CHARAX.
Denré.
PENTAPODE, Pare.
DaAuRADE.
À. CANTHÈRE.
. Pacez.
. LÉTHRIN.
Iconographie du Règne animal, pl. 10, n° 4.
Bonnaterre, pl. 59, n° 232 et 233.
Caractères. Deux épiptères bien distinctes ; menton portant deux barbillons ; écailles larges et peu adhérentes; quatre branchistectes seulement ; pas de
dents à la mâchoire supérieure; opercules écailleux.
Trois espèces, vivant dans nos mers.
II. UPÉNÉE (Cuvier); nom ancien d’un poisson indéterminé, peut-être de ürfvn, qui commence à avoir de la barbe, Mystaz. Cuvier-Valenciennes, t. III, p. 446, pl. 71.
Bloch, pl. 348, fig. 1.
Lacépède, t. IIL, p. 484%, pl. 13, n°° r, 2 et 3, et pl. 1v, n° 1, 2 et 3; Mulles.
Caractères. Semblables aux Mulles; mais on trouve de petites dents aux deux mâchoires et surtout à la supérieure ; pas d’écailles sur les opercules. Vingt-trois espèces inscrites, presque toutes des mers chaudes , excepté les trois premières citées par Cuvier.
HI. SARGUE (Klein, Cuvier), Xdopyos, nom donné par Ælien et Aristote à
l’une des espèces.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 9, pl 141, 142 et 143.
Bloch, 308, t.
Lacépède, t. IV, p. 76, p£. 2, n° 1.
Iconographie du Règne animal, pl. 20, n° 8.
Caractères. Huit ou dix dents, larges, tronquées, plates en avant; molaires ar-
rondies, distribuées sur trois ou quatre rangées.
Quatre espèces de la Méditerranée et dix autres étrangères.
IV. CHARAX (Risso); Puntazzo à Nice; Xdoaë, nom douné par les Grecs à un poisson indéterminé.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 71, pl. 14.
Lacépède, De la Roche, Annales du Muséum, t. XIII, p. 348, pl. 24, fig. 2. Caractères, Semblables aux Sargues, mais avec les molaires plus petites et distribuées régulièrement sur un seul rang.
Une seule espèce, de la Méditerranée.
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES LÉIOPOMES GYMNODONTÉS. 309
V. DAURADE, Chrysophris (Cuvier) ; de ypusos, doré, et de évods, sourcil ;
la Dorade.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 81, pl. 145 et 146.
Bonnaterre, pl. 48, n° 180.
Lacépède, t. IV, p. 57, pl. 26, fig. 2.
Iconographie du Règne animal, pl. 20, no 4e
Bloch, p£. 74 et 266.
Caractères. Quatre à six dents, plus grosses et coniques devant; en arrière
des molaires rondes, distribuées sur trois rangs.
Vingt-trois espèces inscrites, dont trois de la Méditerranée,
VI. PAGRE, Pagrus (Cuvier); du nom de déysos où Iléyp0ç donné par les
Grecs.
Cuvier-Valenciennes, t, VI, p. 141, pl. 148 et 149.
Agassiz, Poissons du Brésil, pl. 64.
Lacépède, t. IV, p. 94; Spare Pagre.
Bonnaterre, pl. 49, n° 186.
Caractères. Les dents antérieures des Daurades; mais en arrière deux rangées
seulement de molaires arrondies.
Douze espèces inscrites, dont trois de la Méditerranée.
VII. PAGEL, Pagellus (Cuvier); diminutif de Pagre et nom vulgaire en Provence.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 169, pl. 150, 154 et 152. Bloch, pl. 274.
Iconographie du Règne animal, pl. 20, n° 1.
Lacépède.
De la Roche, Annales du Muséum, t. XIII, p. 345, pl. 23. Bonnaterre, pl. 59, n° 185.
Caractères. Ce sont des Spares, dont les dents antérieures sont en cardes, avec des molaires plus petites que celles des Pagres et sur plusieurs rangs.
Onze espèces, dont six de la Méditerranée.
VIII. DENTÉ, Dentex (Cuvier) ; tiré du nom d’uue espèce de Spare. Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 212, pl. 154 et 155. Bloch, 268 et 272.
Lacépède, t. IV, p. 124, n° 45.
Caractères. Des dents en crochets et en velours, avec quatre canines ou dents plus longues dans la rangée antérieure.
Vingt-six espèces inscrites, dont deux seulement de la Méditerranée.
IX. PENTAPODE (Cuvier); de révre, cinq, et de moèç, xodoc, pied. Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 258, pl. 156 et 153. Bloch, p£. 275.
Lacépède, t. IV, p. 131, 281 et 293; Sparus aurolineatus.
Caractères. Toutes les dents en velours, excepté deux canines ou dents plus longues à chaque mâchoire; bouche peu fendue.
Huit espèces, presque toutes de l’île de France.
X. LÉTHRIN, Lethrinus (Cuvier), Apwvos, nom donné, en grec moderne, à ce poisson.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 272, p£. 158 et 159. Lacépède, t. IV, p. 293; Bodian, Lentjan. Y
Caractères. Les joues nues ou sans écailles; dents en crochets et en velours, quelquefois des molaires, mais sur une seule rangée. Quarante-huit espèces sont inscrites dans ce genre; elles proviennent
de l'Atlantique et de la mer des Indes.
XI. CANTHÈRE (Cuvier); nom d’une espèce d'après Artédi; Kavhapoc, Aristote.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 318, p{. 160.
Lacépède, t. 1V, p. 98; Spare.
Caractères. Toutes les dents en cardes serrées, mais un peu plus longues et
lus courbées sur le devant des mâchoires. P
Quatre espèces de la Méditerranée et huit étrangères.
XII. BOGUE, Box (Cuvier); du nom vulgaire de la Saupe, BG ou Boüru. Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 346, pl. 161 et 163. Bloch, pl. 165.
Iconographie du Regne animal, pl. 20, n° 2.
Lacépède, t. IV, p. 97; Spare taupe.
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES LÉIOPOMES GYMNODONTÉS. 311 Bonnaterre, pl. 49, n° 188.
Caractères. Dents tranchantes, toutes crénelées ou échancrées, distribuées sur un même rang, sans molaires arrondies.
Il n’y a que quatre espèces rapportées à ce genre.
XIII. OBLADE (Cuvier). Ce nom est celui que l’on donne à l'espèce principale sur les bords de la Méditerranée.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 366, pL. 162 bis. Bonnaterre, pl. 48, n° 181.
Lacépède, t. IV, p. 78 ; Spare oblade; Sparus melanurus. Caractères. Des dents en velours, situées derrière celles qui sont plates et cré-
nelées.
Deux espèces inscrites, dont l’une est d'Australie.
XIV. SCATHARE (Cuvier), nom tiré du grec moderne, Xxäôapoç, Scatharon (Forskal).
Cuvier-Valenciennes, t, VI, p. 373, pl. 162 ter. Caractères. Dents courtes, pointues, sur une seule rangée, n'offrant aucune
échancrure et pas de molaires arrondies.
Une seule espèce, recueillie en Morée.
XV. CRÉNIDENT (Cuvier), nom d’une espèce de Spare, d’après Forskal. Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 377, pl. 162 quater.
Caractères. Deux rangées de dents aplaties et crénelées en avant et d’autres grenues en arrière,
Une seule espèce, rapportée d'Égypte.
XVI. MENDOLE, Mæna (Cuvier); nom tiré de celui d’une espèce de Spare. Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 386, pl. 164.
Bloch, p£. 2370.
Lacépède, t. IV, p. 84; Spare mendole.
Bonnaterre, pl. 48, n° 183.
Caractères. Des dents sur le vomer; bouche très-protractile; épiptère sans écailles à la base; une longue écaille entre les hémisopes.
Quatre espèces, toutes de la Méditerranée.
XVII. PICAREL, Smaris (Cuvier), Euupie, piscis pusillus, Aristote, nom vulgaire de l'espèce indiquée la première.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 403, pl. 165.
Iconographie du Règne animal, pl. 21, n° 1.
Lacépède, t. IV, p. 79 ; Spare smaris, Caractères. Point de dents au palais, ni d’écailles sur les membranes de l'épiptère.
Cinq espèces de la Méditerranée et cinq étrangères.
XVIII. CÆSION (Lacépède, d’après Commerson), du mot latin cæsius, d’un vertbleu. ?
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 426, pl. 166.
Bloch, 231, /2g. 2 et 263.
Lacépède, t. IT, p. 86.
Iconographie du Règne animal, pl. 21, n° 22.
Caractères. Membrane de l’épiptère couverte d’écailles, surtout vers la base.
Neuf espèces inscrites, toutes étrangères.
XIX. GERRES (Cuvier), nom donné à une espèce par Pline et Martial. Agassiz, Poissons du Brésil, pl. 67.
Cuvier-Valenciennes, t. VI, p. 446, pl. 163.
Iconographie du Règne animal, pl. 21, n° 4.
Lacépède, t. IV, p. 134 ; Spare breton, et t. IL, p. 427, pl. 19, Jig. 1. Caractères. Bouche très-protractile ; épiptère rentrant dans une rainure dor-
sale, bordée de grandes écailles ; toutes les dents en velours.
Dix-huit espèces, toutes étrangères.
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES LÉIOPOMES OSTÉODONTÉS. 313
HUITIÈME FAMILLE : LES OSTÉOSTOMÉS OU OSTÉODONTÉS.
Cette petite famille de poissons, dont le corps est assez épais, quoique légèrement comprimé, et dont les opercules ne sont pas dentelés sur leur bord libre, offre les plus grands rapports avec les Labres et surtout avec les Spares. Elle semble même se lier à ces derniers par les formes générales et les habitudes. Nous nous fondons dans ce rapprochement sur une circonstance commune d'organisation dont, il est vrai, NOUS ne connaissons pas bien encore toute l'importance, mais par cela seulement qu'elle se trouve correspondre à la distribution apparente de l'un des nerfs les plus spéciaux, qui, chez tous les poissons osseux, règne constamment et d'une manière continue le long de la ligne latérale ou sur les côtés du corps, depuis la fente branchiale jusqu’au bout de la queue. Ce nerf se distribue aux muscles principaux destinés aux mouvements de la natation; il semble leur donner toute leur énergie. La particularité de ces nerfs pneumo-cutanés consiste en ce qu'ils semblent interrompus sur leur longueur, ou divisés en deux parties distinctes ou en deux plans, l'un supérieur, qui suit la direction de l’épiptère ou de la nageoire dorsale, l’autre inférieur, dont la trace ou la marque resté évidemment imprimée sur la région moyenne des museles de la queue, comme dans les Rasons, les Novacules et quelques autres Léiopomes.
Voilà ce qui nous à fait rétablir ou conserver, comme nous l’avions indiqué dans la Zoologie analytique, la seizième famille, celle des OsTÉoDONTÉS, ce nom indiquant la disposition des os des mâchoires, qui sont toujours à nu, comme
celles de quelques poissons fibro-cartilagineux, tels que les Diodons et les Tétraodons. Il y a cependant cette différence que, dans les espèces dont nous allons faire connaître les genres, la surface de ces os se trouve réellement recouverte de véritables dents couchées les unes sur les autres, de sorte que la portion plate et émaillée est la seule que l’on puisse distinguer. Quelques-unes de ces dents, situées sur le tranchant de la mâchoire, semblent provenir de celles qui se sont développées les premières; car on voit les lames inférieures naître, pour ainsi dire, ou sortir du tissu des os mandibulaires, et suivre leurs rangs, distribuées en quinconce, à mesure que celles qui sont plus élevées ou plus anciennes viennent à faire partie de la région incisive ou du bord tranchant de la màchoire, lorsque la portion coupante en a été émoussée ou détruite par l'usure ou par accident (1).
Les dents dont sont garnis les différents os pharyngiens offrent aussi des formes toutes particulières; généralement elles sont revêtues d’une sorte d’émail et destinées à agir sur les matières alimentaires que recherchent ces poissons. On a dit, et les auteurs anciens ont souvent répété, que les Scares, qui forment le type et le genre le plus nombreux de cette famille, peuvent ruminer, et que, par cela seulement, ils seraient les seuls doués de la faculté de mâcher une seconde fois, pour se nourrir uniquement de plantes marines. Tout porte à croire cependant que la nature ne les a armés de si fortes mächoires qu'afin qu'ils puissent briser les coquilles des Mollusques et les demeures cornées ou calcaires qui sont
(1) Richard Owen, Odontography, pl. 51.
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES LÉIOPOMES OSTÉODONTÉS. 919 les produits des Zoophytes ; car on les rencontre spécialement sur les bancs de coraux et de madrépores, et on en a trouvé les débris dans leurs intestins, qui n'offrent aucune des particularités ou la conformation qu’on observe dans les animaux ruminants.
Trois genres principaux, ayant entre eux la plus grande analogie, sont rapportés à cette famille. L'un d'eux, et c’est le plus nombreux en espèces, présente des caractères qui se trouvent un peu modifiés dans les autres. Ainsi la courbure saillante et convexe des os, ou plutôt de la totalité des mâchoires, n'existe plus dans les Odax, où ces os sont élargis, moins convexes et un peu recouverts par les lèvres; ensuite les C'alliodons diffèrent des Scares en ce qu'ils offrent des pointes osseuses saillantes sur les os mandibulaires, près de leur jonction.
Voici, au reste, leurs caractères, que nous comparons dans un petit tableau qui indique leur classification par la voie de l'analyse.
HUITIÈME FAMILLE : LES LÉIOPOMES OSTÉODONTÉS.
Caractères. Les os des mâchoires à nu, saillants en dehors, et recouverts à la surface par la matière émaillée des dents, qui se développent successivement de bas en haut; ligne latérale interrompue, ramifiée et comme indiquée en deux re-
gions du tronc.
à dents latérales saillantes.....,....... 2. CaLLiopon. rondes, convexes,
He rches machoires) | sans dents saillautes latérales. ......... 4. SCaRE. ou ire
| non bombhées ou élargies
I. SCARE (Forskäl, Artédi); nom grec Zxépos, peut-être du verbe oxxtpw, je saute, tripudio.
Cuvier-Valenciennes, t. XIV, p. 132 à 283, pl. 400 à 404. Bonnaterre, pl. 98, n° 398.
Agassiz, Poissons du Brésil, pl, 44.
Lacépède, t. IV, pl. 1, fig. 1, 2 et 3.
Iconographie du Règne animal, pl. 44, n°3.
Bloch, p£. 222, 229, 230 et 250.
Caractères. Mächoires osseuses, recouvertes de dents émaillées, en quinconce, sans pointes osseuses sur les côtés.
Cent vingt-sept espèces sont inscrites dans ce genre, toutes des mers du Sud.
11. CALLIODON (Gronovius); de xæ}\twv, les plus belles, 63obç, 830vros, dents. Cuvier-Valenciennes, t. XIV, p. 285, p£. 405 et 406. Gronovius, Museum ichthyol., tab. 7, n° 4.
Schlegel, Fauna japonica, tab. 89.
Caractères. Dents imbriquées comme des tuiles sur plusieurs rangs; les dents la-
térales écartées et pointues.
Toutes des mers de la zone torride.
11]. ODAX (Commerson, Cuvier), èd@ë, mordicus, qui peut mordre; nom donné avant celui de Scare.
Cuvier-Valenciennes, t, XIV, p. 298, pl. 407 et 408. Caractères. Toutes les dents soudées en une seule masse, à bords crénelés; ma-
choires uu peu couvertes par les lèvres.
Six espèces inscrites, toutes des mers du Sud.
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES OMALOTES. 9 17
TROISIÈME TRIBU : LES OMALOTES
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Cette tribu, que nous appelons aujourd’hui celle des Oma- LOTES (1), correspond en totalité aux trois familles que nous avions désignées, 1l y cinquante ans, sous les nièmes noms dans la Zoologie analytique. Nous leur donnions pour caractères généraux : corps très-aminci de droite à gauche, ou latéralement ; tantôt fort allongé, en forme de lame, et tantôt presque aussi haut que long, et alors avec les yeux soit réguliers, ou semblables à droite et à gauche, soit irréguliers, ou d’un seul et même côté. Nous n'avons rien à ajouter quant à cette diagnose; mais d’autres poissons du mème ordre ont aussi le corps comprimé, et voici comment on pourra les distinguer.
Les caractères qui précedent peuvent en effet suffire pour faire séparer ces poissons osseux thoraciques, à branchies complètes et à nageoires paires inférieures situées sous Îles pectorales, d'avec toutes les autres espèces du même ordre des Hémisopodes, dans lequel la plupart des auteurs les avaient rangés. Les uns ont la forme extrèmement comprimée, des dimensions semblables, constamment ovales, oblongues et arrondies; mais ils offrent le caractère distinctif
(1) De éuvhotns, ce qui est plat, explanatus.
d'une tête régulière symétrique, avec les yeux situés à droite et à gauche, et non rapprochés et placés toujours d’un même côté, ainsi que les orifices des narines.
La famille des Petalosomes se distingue par un tronc excessivement comprimé, qui, loin d’être arrondi ou ovale, s'étend en longueur de manière à former une sorte de lame mince, étroite, étalée en bandelette.
Les Leptosomes réunissent trois groupes, sortes de familles secondaires, que nous appelons les Chétodontés, les Temnodontés et les Microdontés, d’après la forme et la disposition de leurs dents. Ge sont ceux de ces poissons dont le corps est très-mince ét ovale, mais dont la tête est régulière.
Quant aux Hérérosomess, leur nom seul indique la forme bizarre de leur corps, qui est irrégulier, plus aplati et moins coloré d'un côté que de l’autre, avec les deux yeux constamment situés d’un seul et mème côté de la tête, ce qui force ces animaux à nager toujours sur le côté et leur a fait donner aussi le nom de Pleuronectes.
Il est inutile de comparer la tribu des Omalotes avec les neuf autres familles qui peuvent être rapportées à cet ordre des poissons Hémisopodes, puisque tous présentent généralement un tronc épais, plus où moins allongé en fuseau ou en cylindre, remarquable par quelques particularités qui ont pu être employées pour les désigner, telles que des rayons isolés, comme des doigts distincts, occupant le bord interne des nageoires paires latérales; une nageoire du dos extrêmement développée; une tête énorme, relativement au reste du corps; des mächoires osseuses, ou tout à fait à nu; enfin les battants, ou les opercules des branchies, tantôt lisses, tantôt, au contraire, garnis d’épines ou de dentelures; car
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES OMALOTES. 319
c'est d’après ces simples observations que nous avons partagé cet ordre des Hémisopodes en quatre tribus et douze familles bien faciles à distinguer à la première inspection.
MM. Cuvier et Valenciennes rangent la plupart des genres que nous avons réunis dans la sous-famille des Chétodontés, dans le septième volume de leur /chthyologie, dans le livre septième, sous le nom de Squamipennes, avec ces caractères : corps comprimé, écailleux, à nageoires impaires, dorsale et anale, fortement couvertes d'écailles, au moins dans leurs parties molles. Nous les avions, ainsi que nous venons de le dire, caractérisés depuis longtemps par la structure de leur bouche, dont les dents sont rondes, faibles, flexibles comme des poils, courtes, serrées les unes contre les autres, à la manière des soiïes d’un velours ou des dents très-rapprochées d’une carde.
Les dix genres qui sont rapportés à cette sous-famille des Leptosomes correspondent à celui, très-nombreux en espèce, que Linné et Artédi avaient établi sous le nom de Chætodon. Nous n’y avons pas inscrit, comme l’a fait Cuvier, les Platax et les Psettes, qui sont pour nous des HMicrodontés, ni les genres suivants, dont les dents sont tranchantes, jusqu'aux espèces de poissons désignées sous les noms de Diptérodon et de Piméleptère, que nous avons placées parmi les Léiopomes ; ni enfin les espèces que M. Cuvier dénote comme ayant des os pharyngiens labyrinthiformes, que nous appelons, en un seul mot, la famille des Hydrotamies.
Nous avons réuni dans une seconde sous-famille des Leptosomes celle des 7emnodontés. Ce sont des poissons qui ont les mêmes formes que les précédents, dont la bouche est
munie d’un grand nombre de dents petites, non arrondies, mais comprimées, avec le bord libre supérieur tranchant. Ces dents sont distribuées, le plus souvent, suivant la courbure des mâchoires, sur une seule rangée. Ces poissons correspondent encore à la division que Cuvier a désignée sous le nom général de Zeuthies, ancienne appellation que Linné avait adoptée pour désigner comme un genre distinct des espèces d'Æ/epatus décrites par Gronovius. Ces espèces étaient très-peu connues, car elles ne se rencontrent que dans les mers les plus chaudes des deux continents. Forskäl, Commerson, Bloch et Lacépède en avaient d’abord séparé quelques genres auxquels Cuvier en a réuni trois nouveaux, et parfaitement distincts.
Dans cet aperçu historique de la tribu des Leptosomes, nous dirons que nous avons été les premiers à établir la famille que nous désignons ici comme celle des Microdontés. Elle comprend toutes les espèces qui n'ont pas les dents rondes et flexibles, et non celles qui les ont aplaties ou comprimées, à bords coupants ou sciants, distribuées sur un seul rang. Chez ces poissons, la bouche est garnie de très-petites dents, fort courtes, plus ou noins nombreuses, formant le plus souvent sur les bords des mâchoires une sorte de râpe ou de lime grossière. La plupart de ces poissons, bien remarquables par la forme excessivement comprimée ou la minceur de leur corps, avaient été rangés par Cuvier à la suite des Carangues, parmi les Scombéroïdes, par conséquent voisins des Maquereaux, qui sont pour nous des Atractosomes. Cinq genres, dont la bouche est protactile, avaient été placés par le même auteur dans ce groupe des Scombéroïdes, mais dans deux chapitres distincts. Tous les autres genres, comme
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES OMALOTES. 321
on le verra d’après le tableau synoptique de cette famille, ont trouvé leur description et leur histoire dans les volumes VIT, VIII et IX de l’/Zchthyologie générale.
Nous croyons avoir fait un travail utile pour la classification et la facilité de l'étude en partageant la tribu des Leptosomes en trois sous-familles que nous ferons connaître sous les noms de Chétodontés, de Temnodontés et de Microdontés.
Nous avons déjà présenté le tableau synoptique de cette tribu des Omalotes à la page 263, en donnant les caractères généraux des poissons Hémisopodes; mais nous allons le reproduire parce qu'il est très-court :
TROISIÈME TRIBU : LES OMALOTES
latéraux; corps symétriques......... 10. Leprosowes. aussi haut que long; yeux
: ; : ARS d'un seul côté: corps irrégulier... 11. Hérérosomes. Corps très-mince, étroit, :
allongé, en forme de lame plate régulière 9. Pérarosowes.