CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA FAMILLE DES PÉTALOSOMES
Avant d'étudier les poissons osseux Thoraciques, ou Hémisopodes, formant la tribu des Idiomorphes, nous avons à nous occuper des poissons dont le corps est très-comprimé, que nous nommons les Omalotes, et à la tête desquels nous rangeons les Pétalosomes, qui constituent une famille dont les espèces ont les nageoires du dos, et souvent celles de
qi
la région inférieure du ventre, extrêmement allongées. A cette disposition générale et commune se joint cette particularité de la famille dont nous nous occupons, d’avoir un corps singulièrement comprimé et étendu en longueur; il en résulte que son ensemble régulier constitue une sorte de lame plate. C’est ce qui nous avait, depuis très-longtemps, déterminé à réunir ces poissons sous le nom qui sert encore ici à les caractériser ; car les deux mots Ierakéy, une feuille, une table mince, et 3üua, le corps, nous ont semblé trèsconvenables pour exprimer la forme générale et régulière de leur corps, qui est excessivement comprimé, mince et trèsallongé, comparativement à sa hauteur et à son épaisseur. Cette conformation les éloigne, au premier coup d'œil, de celle de tous les autres poissons du même ordre. Ce sont ces mêmes poissons que Cuvier a désignés depuis sous le nom de poissons en rubans ou Tænioïdes, tome X, page 509. Les genres qui se trouvent rapprochés et caractérisés par cette dénomination sont au nombre de neuf. La plupart ont réuni des espèces d’après la situation relative ou l'absence de quelques nageoires, qui sont plus ou moins développées. L'épiptère ne manquant jamais, et ayant au contraire généralement une très-notable étendue, nous avons pu remarquer que l'hypoptère n'existe réellement pas dans les Trichiures, chez lesquels cependant les rayons simples semblent avoir persisté, pour former une série régulière de petits aiguillons, et que, dans les trois autres genres privés de cette hypoptère, on voit chez l’un d'eux, le long de la ligne latérale, une suite de petites écailles solides, au centre desquelles il s'élève une épine: ce sont les 7'rachyptères. Les Gymnétres, qui viennent ensuite, n'ont pas cette sorte de
ICHTHYOSTÉS HÉMISOPODES OMALOTES PEÉTALOSOMES. 323
défense le long du corps; mais leurs nageoires paires inférieures sont remplacées par un rayon osseux plus ou moins développé, que l’on'ne retrouve pas dans les Styléphores, qui sont tout à fait privés de catopes.
Il reste donc cinq genres, parmi ces Pétalosomes, chez lesquels l’hypoptère est très-distincte. Parmi ceux-là, deux ont toutes les nageoires impaires réunies ou confondues avec celle de la queue: ce sont les 7ryptauchènes et les Æmblyopes, qui ont entre eux la plus grande analogie de conformation. Dans les trois autres genres dont nous analysons les formes, les nageoires impaires sont tout à fait séparées les unes des autres; mais chez les Lophotes Yhypoptère est très-courte, tandis qu’elle est fort longue dans les Cépoles, où elle n'est pas précédée de petits aiguillons, comme chez les Lépidotes.
Malgré leur très-grande analogie de formes et de mœurs, ces poissons Pétalosomes offrent quelques anomalies dépendantes de la présence ou de l'absence des catopes, ce qui aurait pu fournir un autre système de classification.
Are