Le poisson magnifique indiqué sous le nom de Zam
pris a été plusieurs fois désigné sous le nom de Poisson Lune, Poisson Royal; il a été pêché, mais rarement, sur nos côtes de la Manche. On a quelque raison de croire qu’il habite les mers du Nord. On n'en connaît qu'une espèce, dont le dos est d’une teinte d'acier poli, qui devient couleur lilas sur la région moyenne et rose vers le ventre; des taches arrondies, blanches, argentées, y sont disséminées d'une manière irrégulière,
9. On ne peut guère éloigner de l’espèce précédente celle qui a été décrite sous le nom de Méné. La description donnée par Cuvier ne laisse rien à désirer sur les formes et les couleurs de ce poisson et sur son organisation intérieure, qui a démontré que cette espèce est piscivore.
10. Nous serions fort embarrassé si nous ne consultions, pour faire connaître les espèces du genre Platax, que les figures représentant les deux espèces qui ont été gravées dans l’/chthyologie de Cuvier; car elles indiquent la situation des nageoires paires inférieures comme étant jugulaires, tandis que la forme générale du corps est tout à fait celle des genres qui précèdent et de ceux qui suivent. Peut-être sont-ils réellement Thoraciques ou Hémisopodes, au moins d’après les figures de Bloch et de Lacépède que nous avons citées, et par conséquent des poissons de l'ordre dans lequel ils se trouvent rangés ici, n'étant pas en cela d'accord avec Cuvier, qui ne parle pas, au reste, de la situation relative des nageoires paires latérales et inférieures.
11. Cuvier a seul parlé du genre Æpolecte, constitué d’après un individu unique qui se trouve à peu près dans le cas des espèces dites Jugulaires ou Propodes, comme nous avons pris le parti de les désigner. L'auteur avoue que cette
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attache des nageoires paires inférieures sous la gorge est le seul motif qui l’ait engagé à en faire un genre distinct.
12. Il est difficile de traduire le mot Equuza, donné d’abord, comme celui d’une espèce, à l’un de ces poissons, autrement que par celui de Pouzice. Ce sont des poissons fort remarquables par la faculté que leur donne la structure des parties de la bouche, ou des os des mâchoires, de pouvoir se projeter au dehors, pour rentrer ensuite à volonté, de manière à ne pas faire de saillie; c'est ce qu'on nomme un museau protractile, et Cuvier a présenté des détails fort curieux sur cette organisation, dans les annales du Muséum, tome I, pour 1815.
13. Bloch, qui a proposé de former un genre sous le nom de KURTE, n’y avait introduit qu’une seule espèce, originaire de Tranquébar; mais Cuvier en a reçu une autre espèce, qui n’est peut-être qu’une variété ou un individu d’un autresexe, et qu'il croit être un mâle, parce que la seule différence qu’il y ait reconnue est la présence d’une sorte de corne cartilagineuse courbée en avant et située au-dessus de la nuque.
14. Le genre Zée est le plus anciennement connu dans ce groupe, dont il forme presque le type; les notes qui le distinguent sont tellement évidentes qu'il est impossible de ne pas y rapporter les espèces généralement désignées sous les noms vulgaires de Dorées ou de Poisson du Christ, de saint Pierre, de saint Christophe et de saint Martin, suivant les pays. Ils sont connus de toute antiquité.
15. Les Capros, où plutôt la seule espèce qui porte ce nom, ne diffère guère du genre précédent, dont elle a la forme, que par l'absence ou le défaut des écussons osseux à
doubles piquants, en sens inverse, qui sont placés le long des
deux nageoires impaires du dos et du dessous du ventre, et
par la peau très-rude au toucher, provenant des aspérités des : écailles très-adhérentes qui recouvrent ses flancs.
16. Les quatre derniers genres ont entre eux plus de rapports qu'ils n’en offrent avec toutes les espèces précédemment indiquées, quoique leurs formes et leur physionomie semblent les en rapprocher ; mais généralement leurs nageoïres paires inférieures ne peuvent plus être distinguées, car elles sont excessivement courtes, comme dans le genre Séserin, dont l'espèce principale a même reçu le nom de Microchire. C’est un petit poisson de la Méditerranée.
17. Lacépède a distingué le genre Rhombe à cause de la forme de son corps, et surtout de la petite lame tranchante qui tient lieu des hémisopes, dont elle occupe la place, ce qui semble indiquer, comme le dit Cuvier, une sorte de lien avec les deux genres suivants. Il propose d'en rapprocher un autre poisson, décrit, ou plutôt indiqué, par M. Rafinesque, comme se trouvant en Sicile, où il est connu sous le nom de Zouvareou.
18. Le genre Psette, qui ne comprend jusqu'ici que trois espèces, ressemble à la première vue à un Chétodon, avec lequel on pourrait le placer, car il en a tous les caractères apparents : le corps deux fois au moins plus haut que long; des écailles très-distinctes sur les côtés et surtout à la base des nageoires impaires, qui en sont même recouvertes entièrement ; mais les hémisopes sont réduits à une seule petite épine dont la situation semble seule indiquer la correspondance; cependant ce poisson n'a pas de dents au palais, et celles des mâchoires ne sont pas en cheveux.
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19. Les Stromatées n’offrent mème plus les traces de l’existence des nageoires paires inférieures; aussi la plupart des auteurs les avaient-ils relégués parmi les poissons Apodes, et nous-mêmes, dans la Zoologie analytique, d'après le système adopté, avions cru devoir les y laisser, malgré l'énorme différence que leurs formes, ainsi que celles des Kurtes, présentaient relativement à leurs dimensions, presque aussi hautes que longues. Cuvier les place encore dans le groupe des Scombéroïides. Il annonce cependant s’être assuré qu'il n'y a qu'un bourrelet à la place qu'occupent généralement les hémisopes, contre l'opinion de M. Risso, de Nice.