‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 94 sur 110 · QUATRIÈME ORDRE DES POISSONS OSSEUX OÙ ICHTHYOSTÉS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME ORDRE DES POISSONS OSSEUX OÙ ICHTHYOSTÉS

LES OPISTHOPODES OU POSTÉROPES, DITS ABDOMINAUX.

Caractères. Les nageoires paires inférieures ou les catopes situés en arrière des

pleuropes.

it d'un long museau osseux, non recouvert d’une peau épaisse. ........4.........,........................ 11. APHYOSTOMES. 'hypoptère et portée très en arrière sur la queue................................ 4. OPiISTHOPTERES. , écailleuse; | couverts d’écailles semblables à celles du corps........... D. Lérrporomes. | unique sur | opercules Re Dane : 2 isolé, épineux........ 8. Sirunoines.

\ les catopes ; non écailleux ; roide ; SE JE ’ uni aux autres..,..... 1. CxPriNOÏDEs. tête pleuropes à premier rayon :

au court; rond; desbarbillons. 3. Poconornores. épiptère! | mou ; Corps / | plat; sans palpes... 2, Crurkines.

sans écailles, couverte d'une peau épaisse; corps écailleux...... ...... 10. Scurocéruares. isolé, osseux, épineux, non divisé.................,.... 9. DrprÉroNoTEs. double; premier rayon des pleuropes ; :

SH ù P P rondes, coniques, piquantes............ 6. SALMONIDES. non isolé; dents:

(plates, comprimées, coupantes......... 7. Cranacins.

Ao2 ICHTHYOLOGIE ANALYTIQUE.

TRIBU DES GYMNOPOMES.

Caractères essentiels. Poissons osseux abdominaux , à opercules sans écailles; à rayons des nageoires pectorales réunis dans une même membrane ; une seule nageoire du dos, située au-dessus ou au-devant des catopes, jamais sur la queue.

Les poissons dont nous allons faire connaître les genres nombreux avaient été compris par Linné et par Artédi parmi ceux que ces auteurs ont désignés sous les noms de Cyprins, comme les Carpes, ou de Clupées, comme les Harengs. Ces deux types sont en effet ceux dont les naturalistes se sont servis dans ces derniers temps pour rapprocher de l’un ou de l’autre genre leurs nombreuses espèces ; mais, en raison même de leur grande analogie, ces poissons présentaient les plus grandes difficultés dans leur détermination.

En les subdivisant en deux familles correspondant à ces deux genres primitivement établis, on a assigné d’abord à ces groupes les noms de Cyprinoïdes et de Clupéides, ce qui a permis d'employer pour chacune de ces divisions les caractères principaux qui distinguaient les genres. C'était déjà un grand avantage pour la classification que ce premier emprunt.

Ces poissons ont en effet la mème conformation apparente et presque la mème structure, surtout dans les organes du mouvement et de la respiration branchiale à l’intérieur et mème au dehors; car ils ont pour caractère l'absence absolue des écailles le plus souvent sur les joues, et presque constamment sur les battants operculaires, dont les pièces sont très-développées. Voilà pourquoi nous les avions désignés, il y a longtemps (1805), dans la Zoologie analytique, sous le

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES. 403 nom général de Gymnorones, et déjà, dans le tableau synoptique qui énumère les familles, nous avions proposé les deux divisions de Gymnopomes et de Lépidopomes, que nous conservons ici, l'une comme dénomination de tribu, l’autre comme simple nom de famille. Cependant les progrès considérables de nos connaissances en ichthyologie ont exigé, pour des espèces précédemment inconnues, des subdivisions en un très-grand nombre de genres nouveaux, qu'on pourrait peut-être considérer comme des sous-genres. C’est ce qui nous a obligé à partager cette tribu en quatre familles qui se subdivisent elles-mêmes.

La première, celle des CypriNoïipes, avec les opercules sans écailles, a pour caractère distinctif principal une seule nageoire du dos correspondant à la sous-caudale, et le ventre tout à fait arrondi, lisse ou plat. Elle pourrait ètre partagée en deux sous-familles, suivant que les lèvres sont privées de dents, ou selon que ces dents, quoique petites et nombreuses, sont toujours visibles au dehors de la bouche. A la première sous-famille appartiennent les espèces, et par conséquent les genres, dont la nageoire du dos et souvent celle qui est sous la queue, ou l’hypoptère, sont précédées d’un ou de plusieurs rayons osseux, qui sont roides, simples, épineux, non étalés comme les autres en éventail par des ramifications dans l'épaisseur de la membrane, à laquelle ces derniers donnent une grande flexibilité et la faculté de se plier et de se déployer dans la natation. Chez ces mêmes espèces on voit, le plus souvent, autour de la bouche, des tentacules ou des prolongements de la peau sous forme de barbillons, et les lèvres sont grosses, épaisses. Dans ce cas les dents n'existent pas. Jamais les premiers

rayons épineux des pleuropes ne sont inamovibles à la volonté de l'animal.

Dans la seconde sous-famille, ces mêmes lèvres, comme amincies, laissent apercevoir de petites dents; il n’y a pas de rayons simples, épineux, dans les nageoires impaires du dos et du dessous de la queue. Nous bornant à la comparaison et à l'opposition de la seconde famille des Gymnopomes, nous la désignons comme celle des CLUPÉIDES, qui ont également une seule nageoire du dos et des opercules tout à fait libres, brillants et sans écailles. Leur bouche, privée de tentacules ou de prolongements charnus de la peau, est toujours mince, avec des dents menues et nombreuses qui garnissent les mâchoires; le dessous du ventre est aminei, comme tranchant, et dentelé par la saillie que forment en arrière les bords libres des écailles, qui sont pointues et comme repliées sur elles-mêmes.

Nous rapprochons donc par ces caractères mis en opposition les Cyprivoïpes et les CLUPÉIDES, que nous allons étudier d'abord. Nous reviendrons ensuite surles Pogonophores et les Opisthoptères, qui appartiennent à la même tribu.

GYMNOPOMES-CYPRINOÏDES.

Caractéres essentiels. Poissons osseux abdominaux; à opercules sans écailles; une seule nageoire du dos ayant souvent, ainsi que celle du dessous de la queue, des rayons roides et piquants; souvent des tentacules autour de la bouche; le ventre toujours arrondi.

Les Cyprinoïdes constituent un groupe de poissons osseux abdominaux dont la tête et surtout les grands opercules ne sont jamais protégés ou recouverts par des écailles. Voilà pourquoi ils appartiennent à la tribu des Gymno-

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES CYPRINOÏDES. 405 pomes; et comme le type de cette réunion de genres est celui des Carpes, désigné depuis longtemps sous le nom de Cyprin, c'est de là que provient la dénomination de cette famille.

Ce groupese distingue uniquement de celui des Clupéides par deux particularités principales : 1° celle d'offrir, le plus souvent, au-devant des deux nageoires impaires, dorsale et sous-caudale, des rayons roides, simples, inflexibles, quelquefois dentelés et épineux; et 2° d’avoir la région inférieure du corps, ou le ventre, constamment large et arrondie, jamais au moins amincie, dentelée ni garnie d’écailles saillantes ou épineuses.

Leur bouche est généralement peu fendue, le plus souvent garnie de grosses lèvres charnues et épaisses. Dans une grande division les lèvres n'ont pas de dents apparentes; cependant ces organes se retrouvent dans le fond du gosier, où le plus ordinairement ces dents gutturales sont fortement adhérentes, enchâssées et réunies ou séparées sur les os pharyngiens postérieurs, étant disposées de manière à pouvoir se rencontrer réciproquement de droite à gauche ou à devenir de véritables machoires latérales propres à la trituration des aliments. Chez quelques espèces même, ces dents se relèvent verticalement contre une plaque triangulaire de matière solide et cornée, qui recouvre la base du crâne au fond du palais, et c'est sur cette plaque, comme sur une meule, que s'opère l'écrasement des parties les plus solides de la proie avant qu'elle soit avalée. Dans une autre section de cette même famille, les màchoires sont garnies de dents nombreuses qui restent visibles au dehors.

Nous n'avons reconnu, il faut l'avouer, pour ces Cypri-

noides de la première division, que des particularités peu importantes, dont l'indication ait pu nous servir à la caractérisation des genres qui se trouvent ainsi rapprochés de celui des Carpes. Les Cyprins formaient un groupe très-naturel et très-nombreux ; car il comprenait toutes les espèces chez la plupart des ichthyologistes modernes, comme dans les ouvrages d’'Artédi, Linné, Bloch, Lacépède. Cependant quelques observations importantes ont éte recueillies dans ces derniers temps par de savants naturalistes étrangers; ils ont fait connaître beaucoup de poissons de cette famille, qui malheureusement n'ont pu être comparés, où qui n'ont été pour nous qu'incomplétement étudiés : telles sont les recherches de Kubhl, de Buchanan, de M'Clelland, Lesueur, ete., dont M. Valenciennes a cru devoir profiter, dans son travail général, pour faire connaître les espèces. Nous regrettons de n'avoir pu adopter ce travail, les points de comparaison nous laissant trop à désirer, Cependant nous avons indiqué dans la famille des Pogonophores, voisins des Barbeaux et des Goujons, comme on le verra à leur article, un assez grand nombre de noms de genres proposés, auxquels nous joindrons ceux qui sont inscrits dans le seizième volume de l’/istoire générale des Poissons, sous les noms de Chela, Garra, Bangana, Barulius, Puntius, Morulius, Danio, Cabdio, qui y sont signalés, mais avec des détails insuffisants pour en faire saisir les caractères essentiels. Voici le tableau synoptique des onze genres que nous avons adoptés. L'ordre dans lequel leurs caractères sont exposés n'est pas peut-être tout à fait dans leur série naturelle, mais il est conforme à celui que M. Valenciennes à consigné dans le tome XVI de l’/chthyologte.

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES CYPRINOÏDES. 407

FAMILLE DES CYPRINOÏDES.

Caractéres essentiels. Nageoïre du dos ayant souvent des rayons osseux épineux, et des barbillons autour de la bouche; le dessous du ventre arrondi, sans écailles

épineuses tranchantes; n'ayant jamais des rayons roides et inamovibles à vo-

lonté aux pleuropes.

quatre; écailles très-grandes. ..................... Pc A-TUARPE: très-distincts au nombre de eus seulement ; écailles petites... ......,.... SR ORC UT 2. TANCHE. are çai S > s [sans dents; à tentacules: te us Enr SALIAN ES reset 3. Rasoir. |élevé, comprimé ; dessous du ventre droit et plal....... D Te 3 Brèue | \ nuls; corps un cartilage sous le menton... 6. Caoxprosrone. | { terminale; ; CA | pas de cartilage mentonnier..... f#. Are. \allongé, comprimé; bouche!

; s'ouvrant sous le museau.,.....,.....,.. 7. Carosroue. : rapprochés sur le haut de la tête; six branchistectes. ....,...,....,..... .. 11. HyprarGyne. (re ; ‘ à dents nombreuses et petites ; yeux {une seule rangée , un peu plates.......... ......,... 8. CypriNonox.

séparés ; dents sur |

\deux rangs ; bouche

droites (En ra ver ne ee 9

I. CARPE, Cyprinus (Pline); de Kümpt, Vénus, à cause de sa fécondité; Car-

pio, nom italien de Jovius.

Cuvier-Valenciennes, t, XVI, p. 206.

Bloch, pl. 16 et 17.

Bonnaterre, 318.

Lacépède, t, V, p. 504, et dans les Poissons du lac Léman, pl. 9.

Caractères. Corps épais, large, comprimé; épiptère longue, ne commençant guère que sur le milieu dn dos, à premiers rayons, ainsi que ceux de l’hypoptère, roiïdes et pointus ; trois branchistectes seulement ; bouche sans dents, mais les pharyngiens postérieurs garnis de cinq gros tubercules émaillés,

courbe, en croissant. ............ 10.

Foxbure,

. PoœcLiE,

présentant sur leur tranche des lignes concentriques; écailles généralement bien développées.

Beaucoup d'espèces, dont nous croyons devoir citer les principales, communes en France, telles que: la Carpe commune (Cyprirus Carpio), Bloch. -- Le Charassin (Carassius), Bloch, pl. 11. — Le xibèle (Gibelio), Bloch, 12.— La Carpe dorée de la Chine (Au-

ratus).

II. TANCHE, Zinca; ancien nom français de la Tanche. Bélon, Rondelet. Cuvier-Valenciennes, t. XVI, p. 310, pl. 414. Lacépède, t. V, p. 534.

Bloch, pl. 14 et 15.

Caractères. Corps élevé, trapu, un peu comprimé, à peau épaisse, noirâtre, recouverte de petites écailles perdues dans la mucosité; bouche sans dents, à deux barbillons courts sur la commissure de lèvres épaisses et protractiles ; uroptère large, ronde, tronquée.

Une seule espèce, de nos eaux dormantes, lacs et étangs de France.

III. BRÈME, Brama, Abramis (Klein); nom d’une espèce de poisson qui n’était sans doute pas un Cyprin. Athénée.

Cuvier-Valenciennes, t. XVII, p. 6, pl. 485 et 488. Lacépède, t. V, p. 555.

Bloch, pl. 13.

Bonuaterre, n° 386.

Caractères. Corps très-comprimé, à dos arqué ; tête comme tronquée; mâchoire supérieure plus longue; épiptère courte, en arrière des catopes; hypoptère lon gue; toutes ces nageoires sans rayons osseux piquants; bouche sans barbillons.

Cuvier les range avec les Ables; nous avons en France les espèces suivantes : La Brème (Brama), Bloch, pl. 13. — La Vimbe (Fimba), Bloch, pl. 4.— La Bordelaie (B/icca), Bloch, p£. 10. — La Saupe

(Ballerus), Bloch, pl. 9. — La Bouvière (C. amarus), Bloch, pl. 3, n° 8, ‘

Ici se rapporteraient un très-grand nombre d'espèces étrangères, sur lesquelles nous n'avons pas eu jusqu'ici la possibilité de vérifier et de comparer les caractères insuffisants donnés par les auteurs.

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES CYPRINOÏDES. 40

IV. ABLE, Zeuciscus (Klein), Xeuxtoxos. Alburnus. Cuvier-Valenciennes, t. XVII, p. 101.

Cuvier, Règne animal, 2° édit., t. IL, p. 255. Lacépède, t. V, p. 529.

Bloch, pl. 8, n° 4; 97, n° t.

Caractères. Les nageoires impaires courtes, sans rayons osseux; pas de barbillons ; uroptère fourchue ; les dents pharçgngiennes sub-coniques, crochues.

Un très-grand nombre d'espèces, de nos rivières, désignées sous le nom de Blanchaille, de poissons blancs; tels sont les suivants : la Rosse ou Roche (C. Rutilus), nommée aussi le Gardon, Bloch, p£. 2. — La Vaudoise ou Vandoiïse (C. Leuciscus vel vulgaris), Bloch, 97, n° 1. — Le Véron (C. Phoxinus), Bloch, pl 8, n° 5. — La Rotangle (C. erythrophthalmus), Bloch, pl. 1. — Le Meunier ou Vilain

(C. Jeses), Bloch, pZ. 6. nommé aussi Chevenne. — Le Spirling ou

faux Éperlan (C. bipunctatus), Bloch, pl. 8, n° 1.

V. RASOIR (Cuvier), Pelecus, Agassiz ; réhexvç, un tranchoir, un doloir.

Bloch, p£. 33.

Cuvier-Valenciennes, t, XVII, p. 330, p{. 5o7, 508 et 509.

Bonnaterre, n° 347.

Lacépède, t. V, p. 592.

Caractères. Corps très-comprimé, allongé, à ventre convexe et tranchant ; épi-

ptère opposée à l'hypoptère qui est très-longue ; pleuropes en faux prolongée ; ligne latérale comme brisée, à points noirs.

Neuf espèces sont inscrites dans ce genre; toutes sont étrangères à

l'Europe,

VI. CHONDROSTOME (Lesueur, Agassiz, Valenciennes); de yovègos, cartilage, et de oroux, bouche.

Cuvier-Valenciennes, t. XVII, p. 381, pl. b12, b13 et 514. Bonnaterre, 339. Lacépède, t. V, p. 565 ; Cyprin nase.

Bloch, pl, 3.

Caractères. Corps allongé, un peu comprimé; museau prolongé, carlilagineux,

sur une bouche étroite; épiptère au milieu du dos ; une lame cornée cartilagi-

neuse, caduque sous la lèvre inférieure.

Onze espèces inscrites dans ce genre, dont trois d'Europe.

VII. CATOSTOME (Forster); décrites pour la plupart par Lesueur, aux États-

Unis d'Amérique.

Cuvier-Valenciennes, t. XVII, p. 418, pl. 516 et 517.

Lesueur, Journal des Sciences naturelles de l'Académie de Philadelphie, vol. I. Plusieurs espèces qu'il a lithographiées.

Lacépède, t. V, p. 503, 08 et b10; t. III, p2. xt, fs. 3.

Caractères. Corps allongé, arrondi, un peu semblable à celui des Barbeaux mais sans tentacules; bouche située sous le museau ; dents pharyngiennes comprimées.

Une cinquantaine d'espèces, dont quatorze ont été décrites, et la plupart, au nombre de huit, figurées par Lesueur; toutes sont étrangères à l’Europe. Il nous paraît difficile de distinguer les espèces indiquées comme genres et figurées par M. Valenciennes; voici leurs noms : Sclérognathe, p. 472, pl. 518 ; Exoglosse, p. 480, p1. 519.

VIII. CYPRINODON (Lacépède); de Kuxpivos, Cyprin, et de 6dobc, 830vros, dent. Lacépède, t. V, p. 486, pl. xv, n° 1.

Cuvier-Valenciennes, t. XVIII, p. 105 et 145, pl. 528 et 529. Règne animal, 2° édit., p. 280; Lébias.

Caractères. Corps court, épais, comprimé ; quelques écailles sur les joues; bouche garnie de petites dents nombreuses, serrées, aplaties, à pointes subdivisées, sur un seul rang; cinq branchistectes ; la plupart vivipares.

Huit espèces, dont plusieurs des lacs saumâtres d'Italie, d'Espagne.

IX. POECILIE (Bloch); rot, de couleur variée, varius color. Humboldt, Observ. zool., 1817, p. 158, pl. 1, fig. 1 et 2. Duvernoy, 1844, Annales des Sciences naturelles, p. 313. * Cuvier-Valenciennes, t. XVII, p. 112, pl. b25, 526 et 527. Caractères. Corps élevé comprimé; à museau prolongé, protractile; bouche horizontale, garnie de dents mobiles, crochues, sur deux rangs; petites espèces à

joues écailleuses ; vivipares; cinq branchistectes.

Neuf espèces inscrites, toutes recueillies dans l'Amérique du Sud.

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES CYPRINOÏDES, 411

X. FONDULE (Lacépède); étymologie incertaine ; quod funrdat aquam ? Lacépède, t. V, p. 38.

Cuvier-Valenciennes, t. XVIII, p. 178, pl. 530.

Caractères. Corps allongé, élevé, comprimé, à joues écailleuses, à yeux trèsdistants ; bouche demi-circulaire, garnie de dents coniques, en crochets, plus fortes en avant et sur deux rangées; cinq branchisectes.

D'après les écailles qui recouvrent les joues, ces poissons sont aussi indiqués comme Lépidopomes, n° 5.

Huit espèces américaines.

XI. HYDRARGYRE (Lacépède), b3oûpyuoos, argent liquide. Lacépède, t. V, p. 378, pl. 10, n° 3. -

” 1 et 2.

Cuvier-Valenciennes, t. XVIII, p. 201, pl. 531, n° Caractères. Corps peu élevé, très-écailleux, allongé; tête aplatie; yeux grands, très-rapprochés ; dents fines, en carde.

Comme quelques espèces ont des écailles sur les joues, elles ont été indiquées comme des Lépidopomes, n° 6.

Quatre espèces, l’une d’Espagne, les autres des États-Unis.

GYMNOPOMES CLUPÉIDES.

Caractères essentiels. Poissons osseux abdominaux, à opercules sans écailles; une seule nageoire du dos, sans rayons roides et piquants; bouche à lèvres minces,

sans barbillons; ventre très-souvent dentelé,.

Les Clupéides ou les poissons qui ont la forme des Clupées n’ont de caractère véritablement inelusif que celui qui se manifeste dans la plupart des espèces dont la partie inférieure du ventre est le plus ordinairement rétrécie, à bord tranchant, garnie d’écailles cornées, pliées en travers et se terminant en pointe, ce qui donne à cette région inférieure du tronc l'apparence d’une scie dentelée. Généralement, les écailles du corps sont grandes, minces et peu adhérentes ou caduques. Il n’y a jamais de rayons très-roides et épineux aux nageoires. L’épiptère est unique, peu développée; l’hypoptère varie; elleestle plus souvent fourchue. Les catopes varient également un peu par leur position plus ou moins éloignée des pleuropes et de l'hypoptère.

La structure de la bouche est variable, quoique la plupart de ces poissons soient voraces et se nourrissent de matière animale. Aussi a-t-on pu emprunter des caractères génériques de la structure de la mâchoire supérieure, et surtout de la distribution et de l'implantation des dents, quoique toujours ces dents soient coniques et pointues, mais variables par leur nombre et leurs proportions. Ce sont surtout les os incisifs ou intermaxillaires antérieurs qui offrent des particularités. Ils occupent et forment le devant du museau ; ils sont souvent tellement élargis qu'ils ne sont pas continués sur les lèvres par les sus-maxillaires, quelquefois

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES CLUPÉIDES. 413

solides, élargis au milieu et apparents sur les côtés de la bouche, et les sous-maxillaires ou les os de la mâchoire inférieure sont évidemment composés, de chaque côté, de trois pièces distinctes et séparables.

Les ouiïes, ou plutôt les ouvertures des branchies, sont larges ; leurs branchistectes ou les rayons de la membrane sont peu nombreux. Les ares branchiaux forment des peignes finement dentelés.

Les arêtes ou les tendons intermusculaires sont grèles, trèesnombreux, perdus en partie dans l'épaisseur des chairs: beaucoup correspondent aux apophyses prolongées de la colonne vertébrale.

Les intestins ne forment que deux replis principaux, avec beaucoup d’appendices pyloriques. Le foie et la rate sont peu volumineux.

Les organes reproducteurs, la laitance et les ovaires, sont très-développés, et paraissent avoir été également répartis pour les deux sexes, qui produisent à des époques fixes des œufs innombrables et d’un très-petit volume, et tous égaux entre eux pour la forme et pour le poids.

On a trouvé chez tous une vessie hydrostatique, le plus souvent avec un canal aérophore aboutissant à l'œsophage, à une plus ou moins grande distance de la poche stomacale. Cette vessie, toujours pointue en avant, n'est point partagée en deux poches ; elle est quelquefois bifurquée en arrière, et constamment située sous la colonne vertébrale.

Comme nous le faisons remarquer dans le tableau synoptique qui suit, il est difficile de mettre en opposition par l'analyse les caractères essentiels des genres. Il faut reconnaître que ceux qui ont été indiqués par les auteurs sont

peu importants, car ils consistent dans plusieurs particularités de la distribution des dents sur quelques-uns des os de la bouche, qui pourraient servir, au plus, pour faire distinguer certaines espèces. Voici cependant celles de nos annotations que nous considérons comme propres à donner quelques facilités dans la détermination des noms attribués à certains genres.

Les Pellones ont leurs catopes peu avancés sur l'abdomen, et leur hypoptère longue et basse.

Les Pristigastres n'ont pas de catopes visibles, cependant ils sont bien de cette famille.

Les Pupéonies n'ont pas de dents sur le vomer, ni sur les os ptérygoidiens.

Les Spratelles, au contraire, n'ont pas de dents sur le vomer, mais On en voit sur leurs os palatins.

Les Xowales n'ont d’autres dents que celles dont sont garnis les os ptérygoidiens.

Les Mélettes n’ont que celles qu'on observe sur la langue.

Les Æloses manquent absolument de dents, excepté quelques-unes qui sont caduques sur les mâchoires.

Les Ænchois ont le museau saillant, la bouche très-fendue ou longue; plusieurs espèces de ce genre n'ont pas le caractère essentiel de la famille, le ventre dentelé.

Les Mystes ou Zhrisses ont leur hypoptère unie à l’uroptère et les maxillaires prolongés.

Les Coïlias ont, au-dessus de leurs pleuropes, des rayons libres, prolongés en filaments flexibles.

Les Odontognathes sont des Mystes sans catopes, comme les Pristigastres.

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES CLUPÉIDES. 41

Les Chatoesses ont sur l’épiptère, en arrière, un rayon prolongé en filament.

Les noms des genres et l’ordre suivant lequel ils se trouvent successivement énumérés correspondent aux dénomination que nous avons retrouvées dans la grande histoire genérale de Cuvier et Valenciennes, tomes XX et XXI, comme nous avons soin de le faire connaître en les relatant.

Quoique, pour ne pas trop nous éloigner de la maniere de voir de Cuvier, nous ayons inscrit, sous des noms de genres distincts, beaucoup d'espèces que nous regardons comme devant véritablement ètre des Clupées, nous n'avons pu cependant admettre dans cette famille les Votoptères, qui n'ont pas de catopes, et dont les opercules sont recouverts d'écailles, caractère absolument contraire à celui qui rapproche les Clupéides des Gymnopomes, Nous les avons placés parmi les Apodes péroptères, sous le n°8.

FAMILLE DES CLUPÉIDES.

très-distinctsis-2--%0:-2---rere.cc----cer 112; ANCAO séparée ; catopes |

{nuls ou à peine visibles.....,.....,........ 14. Onoxrocxarm

très-largement fendue ; PP

unie et confondue avec l’uroptère......,,........,.......... 13, Coïcra.

et sur tous les os de la bouche... Rocenie,

aux mâchoires 5 à en haut et en bas... 1. CLurre.

ARE ; FA ne Bouche 4 té ïdi 9. K s re et aux ptérygoïdiens... 9. Kowar.

garnie de dents distinctes PEETYS [ Seulement: : 2202 ce come ec ass A0 IMELEMNES \ sur la cal .

ur la lang (DOME Tes SSSR 8. SPRATELLE.

et aux moyenne ou petite, | ptérygoïdiens. rer seu. 7 CEUPÉONIE.

tous réunis... 11. ALose.

aucun des os de la bouche ; épiptère à rayons | | lun 1S01É eee 45. Cnarossse, pas de dents sur d ; {ni sur les mâchoires, mais sur les autres os..... 9, Sanpinerre.

\le vomer RUE très en arrière... 3. HARENGULE.

seulement ; hypoptère YPOP | une .. D. PRiSTIGASTRE.

longue ; catopes

visibles. 4. PELLONE.

pe ——————"— ———]———" —— ] —————]—]—]—]]—]—]—]—]——————— aa

I. CLUPÉE, Cupea (Artédi, Linné); Hareng, Nom employé par Pline, Ennius. Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 28, pl. bgr1, 592 et 593. Règne animal illustré, pl. 104, n° 1.

Lacépède, t. V, p. 423 et suivantes.

Duhamel, Traité des Péches, part. 11, $ mx, pe, 1v. Bloch, pl. 29, fig. 1.

Caractères. Corps allongé, à flancs épais, un peu comprimés ; dos rond; mâchoire inférieure un peu plus longue ; épiptère petite, au milieu du dos, audessus des catopes; pleuropes petits; hypoptère basse; dents petites, crochues, à peine distinctes au bout des deux mâchoires; d’autres très-évidentes

sur le vomer; ventre un peu dentelé, à pointes dirigées en arrière.

Huit espèces inscrites dans ce genre.

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES GYMNOPOMES CLUPÉIDES. {17

II. SARDINELLE, Sardinella (Valencienues); diminutif de Sardine. Cuvier-Valenciennes, t, XX, p. 261, pl. 594.

Caractères. Corps allongé; interopercule un peu échancré pour recevoir le bord de la membrane branchiostése; pas de dents aux mâchoires, ni au vomer: mais il ÿ en à sur les os palatins, les ptérygoïdiens, et sur la langue.

Sept espèces, de la Méditerranée et des mers du Sud.

IT. HARENGULE (Valenciennes); Blanquette-Sprat des Anglais ; diminutif de Hareng.

Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 279, pl. 595.

Duhamel, Traité des Péches, part. u, $ nr, pl. 8. Éprault. Bloch, p£. 29, fig. 2.

Caractères. Corps très-comprimé, à ventre tranchant; dents aux mâchaires, à la langue et au palais, ainsi que sur les ptérygoidiens, différent en cela des Sardinelles ; hypoptère petite, très-près de l’uroptère, mais bien séparée.

Dix espèces, la plupart de nos côtes et de celles des mers du Nord.

IV. PELLONE,, Pellona (Valenciennes) ; nom vulgaire à Buénos-Ayres. Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 300, pl. 596.

Caractères. Les catopes insérés un peu au-devant de l’épiptère; d'ailleurs ayant la configuration des Harengules; hypoptère très-longue, distincte, à base écailleuse; ventre comprimé, convexe, dentelé; vessie hydrostatique, ayant un canal aérophore qui aboutit au haut de l’œsophage.

Les seize espèces réunies dans ce genre sont des mers des Indes et d’A-

mérique.

V. PRISTIGASTRE (Cuvier); de yaris, le ventre, et de mpiotiç, une scie,

Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 326, pl. 597.

Cuvier, Règne animal illustré, p£. xu, n° 3.

Iconographie Guérin, pl. 57, n° 3.

Agassiz-Martius, Poissons du Brésil, de Spix, pl. xx.

Bonnaterre, n° 83; Kapirat.

Caractères. Corps court, comprimé; à ventre saillant, convexe, en rondache et

fortement dentelé; hypoptère longue; épiptère courte; pas de catopes; pleuropes petits, étroits, pointus, presque nuls; les dents pointues, en cardes,

(Voyez le n° 10 parmi les Pseudapodes.)

Quatre espèces, des Indes et d'Amérique.

VI. ROGÉNIE (Valenciennes); du mot allemand latinisé rogen, œuf de poisson. Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 340, pl. 598.

White-Bait, à Londres.

Caractères. Forme d’un petit Hareng; des dents en très-grand nombre sur le vomer, les palatins, les ptérygoïdiens et sur la langue ; mâchoire inférieure plus loñgue.

Une seule espèce, fort commune à l'embouchure de la Tamise.

VII. CLUPÉONIE (Valenciennes); diminutif de Clupée. Cuvier-Valenciennes, t. XX, p 345, pl. 599.

Bloch, p£. 405.

Lacépède, tome V, page 471, plu, fig. 2. Clupanodon. Caractères. Corps comprimé, en ovale allongé; dents sur la langue et les pté-

rygoïdiens seulement; semblables d’ailleurs aux Sardines et aux Aloses.

Huit espèces inscrites comme provenant des mers des Indes.

VIII. SPRATELLE (Valenciennes) ; diminutif de Sprat. Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 306, pl. 600 et 6or. Caractères. Forme des Harengs, mais quelques dents seulement sur la langue et les os palatins.

Deux espèces seulement, l’une de nos côtes, l’autre du Malabar.

IX. KOWAL (Valenciennes); nom donné à Madras; Aauwali, Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 362, p£. 60.

Schlegel, Fauna Japonica , Pisces, pl. 107, fig. 1. Russel, Poissons de Coromandel, pl. 86.

Caractères. Forme des Harengs, mais n’ayant de dents qu'aux mächoires et sur les os ptérygoïdiens.

Une seule espèce, recueillie au Japon et à Pondichéry.

X. MÉLETTE (Valenciennes) ; nom vulgaire d’une espèce; Meletta. Cuvier-Valenciennes, t. XX, p. 366, pl. 603.

Duhamel, $ vr, pl. xvr, fig. 6.

Broussonnet, Poissons, Décade 1, pl, 10.

Bloch, pl. 29, n° 2.

LA Æ , ICHTHYOSTES POSTÉROPES GYMNOPOMES CLUPÉIDES. 4 19 Caractères. Corps en ellipse allongée; dos en carène, en avant ou au-devant de l'épiptère ; une bandelette d’aspérités sur la langue seulement. Onze espèces sont rapportées à ce genre, et broviennent de la Méditerranée, de l'Océan, de l'Australie, j

XI. ALOSE, Æ#lausa (Cuvier); nom employé par Ausone: Cuvier-Valenciennes, t, XX, p. 389, p£. 604 et 6o5. Duhamel, Traité des Péches, 6 11, pl. xv1, fe. 4. Yarrel, Poissons d'Angleterre, t. I, p. 136.

Lacépède, t. V, p. 447.

Caractères. Corps comprimé, allongé, élevé; à ventre dentelé ; pas de dents du tout ou à peine distinctes au toucher; mâchoire supérieure un peu plus élevée

au milieu.

Vingt-deux espèces, parmi lesquelles entre la Sardine.

XII. ANCHOIS, Engraulis où Encrasicholus (Cuvier). Cuvier-Valenciennes, t. XXI, p. 2, p£. 607, 608 et 609. Bloch, p£. 30, fig. 2.

Agassiz, Poissons du Brésil, de Spix, pl. xxx. Broussonnet, Décade, pl. xx.

Lacépède, t. V, p. 460.

Caractères. Corps allongé, à ventre rond, non dentelé; museau prolongé audessus de la bouche ; épiptère petite au milieu du dos; pleuropes très-bas ; hypoptère longue et basse ; bouche très-fendue; ouïes, ou fentes des branchies, larges.

Vingt-trois espèces sont rapportées à ce genre.

C’est ici qu'on pourrait rapporter le genre Hyodon de Lesueur, figure

par lui et copié par M. Valenciennes, page 309 du XIX° volume,

pl. 572.

XIII. COÏLIA (Gray); étymologie inconnue, et probablement arbitraire, comme la plupart de celles proposées par ce naturaliste. Cuvier-Valenciennes, t. XXI, p. 77, pl. 610.

Caractères. Bouche très-fendue; ouvertures des branchies larges; museau sail-

lant; corps prolongé en une queue grêle, comprimée; hypoptère longue et basse, réunie à l’uropière ; quelques rayons libres aux pleuropes, comme dans

/, rire SLR r 420 ICHTHYOLOGIE ANALYTIQUE.

les Polynèmes, mais en dehors et non en dedans, ou au bord interne de la nageoire pectorale, Six espèces inscrites ; toutes sont étrangères à nos mers. XIV. ODONTOGNATHE (Lacépède); de ôobc, 690vros, dent, et de yv&bos, mâchoire.

Cuvier-Valenciennes, t, XXI, p. 87, pl. 6o1; Grathobolus, Schneider. Lacépède, 2 IE, p. 220, pl. var, n° 2.

Caractères. Corps très-comprimé, sans catopes apparents; os sus-maxillaires fort longs, très-mobiles, élargis au milieu ; ventre tranchant, dentelé; hypoptère longue; épiptère courte, très-en arrière et fort petite; pas de catopes.

Une seule espèce.

Nota. La figure citée de Lacépède est fautive, les os sus-maxillaires étant déplacés. Nous avons indiqué ce genre parmi les Apodes pseuda-

podes, sous le n° 10, page 226.

Page 1