‹ Ichthyologie analytique ou essai d'une classification naturelle des poissonsChapitre 99 sur 110 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA TRIBU DES DERMOPTÈRES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA TRIBU DES DERMOPTÈRES

Il y a plus de cinquante années que nous avons désigné sous ce nom, qui signifie nageoire de peau (de déya et de rrepèv), une réunion de poissons abdominaux compris primitivement sous le nom générique de Saumons, ce qui les a fait aussi appeler les Salmonides. Tous ont deux nageoïres sur le dos; mais la seconde épiptère est un simple repli de la peau, relevée, saillante et comme doublée, dans l’épaisseur de laquelle il ne se trouve pas de rayons osseux destinés à lui donner plus de consistance ou à fournir des points d'appui pour maintenir sa direction.

Nous retrouvons une disposition semblable dans la seconde famille de la tribu des Oplophores, désignée sous le nom de Diptéronotes, poissons chez lesquels cette deuxième nageoire présente une pareille conformation; mais celle-ci est constamment accompagnée d’une autre note distinctive : c'est la présence, dans les pleuropes, d’un premier rayon osseux, solide, épineux, qui devient inamovible ou immobile à volonté, et souvent aussi d’un autre rayon épineux audevant de l’épiptère antérieure.

Ce groupe des Dermoptères réunit un très-grand nombre de genres, qui ont tous à peu près les mêmes mœurs. Ils vivent habituellement dans les eaux douces; mais, en sortant de la mer, plusieurs vont chercher les eaux des fleuves dans leurs sources élevées; pour la plupart c’est à l’époque où leur reproduction doit avoir lieu. Ils nagent avec la plus grande agilité, même contre le courant des eaux les plus vives. Ils

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES DERMOPTÈRES. 443 sont doués d'une force musculaire tellement puissante qu'ils ont la faculté de s’élancer dans l'air et de s'élever par des sauts prodigieux à la surface, même dans le courant rapide des rivières, pour remonter les cataractes et d’autres chutes d’eau très-brusques et fort élevées. Leur chair est généralement très-délicate et recherchée dans tous les pays. Leurs races diverses semblent vivre par troupes nombreuses et se porter périodiquement toutes à la fois vers les mêmes parages, où leur capture devient très-importante dans l’histoire des pêches.

On a divisé cette tribu naturelle en deux familles, dont il est assez difficile d'établir les caractères d’une manière bien précise, si l'on ne tient compte à la fois de plusieurs particularités de leur organisation ; mais comme celles-ci sont rarement réunies, il devient important de les considérer successivement pour bien faire concevoir leur démarcation.

1° Les Saumons ou les Sal/monides ont généralement les dents rondes, coniques, pointues, rapprochées et en grand nombre. Le rebord de la mâchoire supérieure est formé par les intermaxillaires et les sus-maxillaires, os qui ne font pas partie de ces bords chez les Characins, dont le nom provient de celui d’un genre Charax, proposé par Gronovius, dans lequel les dents sont le plus souvent comprimées ou plates, à bords tranchants ou à couronnes tronquées avec des pointes.

2° Les rayons qui soutiennent la membrane des branchies, ou les branchistectes, sont nombreux; car on en trouve dix à seize dans les Salmonides. Dans les Characins on n’en a observé jusqu'ici que quatre à six au plus, ce qui doit avoir

quelques rapports avec l'acte de la respiration branchiale, au moins dans son mécanisme.

3 Chez les Salmonides le corps est le plus ordinairement et presque constamment allongé, arrondi et de forme légèrement aplatie, plus gros dans son milieu. Dans les Characins, souvent le corps est élevé, comprimé, de manière que le ventre est en saillie, et même tranchant, comme dentelé, dans quelques genres.

4 Les os qui forment le bord inférieur de l'orbite sont très-développés et recouvrent la région des préopercules chez les Characins. Ces mêmes os n’offrent rien de particulier chez les Salmonides, dont les battants operculaires, toujours privés d’écailles, prennent beaucoup de développement.

5° Enfin, on observe les Salmonides dans les eaux qui se rendent dans les mers du Nord ou qui communiquent entre elles. Les Characins, au contraire, proviennent presque tous des mers australes, et surtout de l'Amérique et de l'Afrique.

Nous le répétons, les genres nombreux de cette tribu ont une si grande analogie qu'il a été très-difficile de les faire distinguer et de les caractériser. Leurs rapports sont trop naturels, ainsi qu'on peut s’en convaincre par les deux tableaux analytiques que nous avons dressés pour aider à leur classification. Nous avons emprunté ce travail, en grande partie, à la répartition que Cuvier avait commencée dans le second volume de la deuxième édition du Règne animal, et aux mémoires qu'il a insérés parmi ceux du Muséum d’histoire naturelle, Quant à la famille des Charaains, elle est

le résultat du bel et bon ouvrage publié à Berlin par MM. Troschel et Müller.

ICHTHYOSTÉS POSTÉROPES DERMOPTÈRES. 445

FAMILLE DES SALMONIDES.

Caractéres essentiels. Corps allongé, comprimé; deux épiptères, dont la seconde

est adipeuse ou cutanée, sans rayons; les dents, quand elles existent, sont

rondes et piquantes.

plustde’seize--%- 2.0.0.

dix ou davantage :

NT moins de quatorze....,....

très-distinctes ; \ q

os branchistectes : distinctes partout...

six; dents nulles à la inâchoire:.

nus ou lisses; dents moins de dix :

égales, en velours. .….

buit; dents inégales , longues...

percules

\ nulles ou extrêmement petites

sole ste vo soie de ele se s apoelto soie, a ee

couverts d’écailles ; nageoires paires inférieures rapprochées des pleuropes

Nous caractérisons cette famille des Dermoptères d’une

manière générale par les notes suivantes :

1. Corps allongé, arrondi ou fusiforme, un peu comprimé; ventre rond.

2. Dents coniques, pointues, rapprochées, plus ou moins longues.

3. Les os sous-orbitaires peu distincts, ne recouvrant pas les préoperculaires. . Les rayons branchistectes au nombre de dix au moins.

er &

. Habitation dans les eaux vives des pays tempérés ou du nord de l'Europe, quoique beaucoup d'espèces se retirent dans les mers.

Pour la description des genres, dont il serait difficile de présenter une série naturelle dans un tableau synoptique, on voit que celui des Aulopes (n° 8), s’il appartient à cette famille par ses épiptères, s’en éloigne par les écailles qui couvrent les joues, comme dans les Lépidopomes; par les

SAURE.

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