V. — Molière et sa troupe, en visite, chez les princes
ET LES grands SEIGNEURS.
526. Vcue cl Perspectiue du Ghasteau de Chilly appartenant à madame la Mareschalo d'Effiat, à quatre lieues de Paris sur le chemin d'Orléans. Sans noms d'artistes. Gravé par Silvestre, avant I600. (H. 1:21°^'°. L. 238.)
Registre de La Grange :
'< La Troupe, composée de 12 partz, scavoir : lo s»" Molière, Béjart l'aisné, Bejart cadet. De Brie, L'Ejjv, Jodelet, du Croisy, De la Grange, Mif"* Béjart, De Brie, Hervé, du Croisy, commença par une Visite au chasteau de Chilly, à 4 lieues de Paris, où nionsf le Grand Maistre donnoit un régal au Roy; la Troupe joua le Despit amoureux et receut 400 liv. Partagé pour chacune acteur, 24 liv. »
Le château de Chilly ou Chailly, situé à six lieues de Paris, appartenait alors à la veuve du maréchal d'F^fliat. Le maréchal de la Meilleraie (Charles de la Porte), grand-maître de l'artillerie, qui avait épousé en premières noces une fille du maréchal d'Kffiat, et qui en avait un fils, acheta le château de Chilly, pour le laisst>r en apanage à ce fils unique, auquel il fit ej)0user, en IGGl. Ilurtouse de Mancini, nièce du cardinal de Mazarin.
On doit remariiuer que la première visite do la Troupe, à peine fixée à Paris, se fait chez le maréchal de la MtMlleraie, qui a été certainement un des premiers protecteurs de Molière. Il est trèsprobable que leurs relations dataient de l'époque où la Troupe de l'Illustre Théâtre vint s'établir, en janvier 1045, dans le quartier de l'Arsenal, au Jeu de Paume de la Croix-Noire, rue des Barrés, près du couvent de l'Ave-Maria. Cet établissement n'aurait pu avoir lieu, sans l'autorisation expresse du grand-maître de l'artillerie, qui avait souveraine juridiction sur tout le quartier de l'Arsenal.
ICONOORAPHIR
527. Voue de Thostel (\u Plessis de Guenec:aiid, sur le qiiay Malaqiiais. /. Marot fecit. In-i, en largeur.
Registre de La Grange :
« Le mercredi 4 février ^1060), on avoit joué la mesme chose (les FnscheiLr), chez M' de Ouenepault. 250 liv.
« (Du 22 au 23 février 1662.) Une Visite chez M' de Guenegault, les Fn^rhrux. 220 liv. «
r)28. Place Royale. Sans aucun nom d'artiste. Gravé d'après un dessin de Silvestre, avec fijjures de La Belle. (II. 107"". L. tîis.)
Registre de La Granpe :
« Le mesme jour ^4 mars 1660\ au soir, joué les Pr^tieuses, chez madame Sanguin, pour M' lo Prince. Receu 330 liv.
« Une visite chez M. Sanguin, a la Place Royale. (Pendant la fermeture du théâtre de Molière, à la tin de l'année 1660.)
« Le niosm»' jour (28 février 1003), la mesme chose (\'Erolf dea femmes) chez M' Sanguin, maistre d'hostel chez le Roy. 300 liv. >.
M. Sanguin, d'une ancienne famille parisienne, qui lui avait laissé une fortune considérable, fut dahord maître d'hôtel de Gaston d'Orléans, avant dètre attache au service du roi. On peut supposer qu'il avait connu Molière dans la maison du duc d'Orléans, à l'époque de l'Illustre Théâtre.
."29. Veue de l'Arsenal de Paris et du Mail. Desstgnce par I. Silupstrc et grauée par .N. PcrcUe. Auec pn'uiiege du Rinj. \ Paris y chez Pierre Mariette y rue S. Jacques, à l'L'spcranre, (H. 200"". L. 3(5.)
Le Registre de La Grange ne nous montre la Troupe de Molière qu'une seule fois, à l'Arsenal, chez le grand-maitro de l'artillerie, pendant la fVrmeturo du théâtre en IGOU :
« Une visite chez M' le mareschal de la Meilleraye, le Cocu et les Prétieuses. 220 liv. »
Nous avons dit, plus haut, que la Troupe de l'Illustre ThéAtre, en venant se Hier dans le cjuartior de l'Arsenal, avait dû se placer sous la protection du martnrhal do la Meill<>raie, qui résidait dans l'hAtel des grands-roailres de l'artillerie, à l'Arsenal. Nous pouvons mi^me supposer «jue celte Troupe allait quelquefois < '..x
le duc «le la Moilleraie, en 164.'». Il y avait, dans les . ,;«
occupes par ce haut personnage, une petite s.iUe, que la irmiition indiipiait comme ayant servi autrefois de théâtre et «jui conservait
encore un plafond peint sur châssis avec des attributs et des ornements, à Tentour d'un portrait en pied de Louis XIII. Cette salle isolée, qui faisait face à la rivière et qui communiquait au Cabinet de Sully, a été détruite dans la reconstruction des bâtiments de la Bibliothèque de l'Arsenal, mais le portrait qui la décorait doit être replacé dans un des anciens salons de cette Bibliothèque.
530. Voue de la Place des Victoires. Dans la Suite de Perelle. Paris, chez ï. Mariette, rue S^ Jacques, à la Victoire. In-fol., en largeur.
L'Hôtel du maréchal de l'Hospital, qui forme l'angle droit de la place des Victoires, est encore très-apparent dans cette estampe, qui fait partie des Veues des plus beaux bastiments de France.
Le Registre de La Grange mentionne deux Visites de la Troupe de Molière à l'Hôtel de l'Hospital.
« Une Visite chez mad» la mareschalle de l'Hospital, du mercredy IQmo mars (1660). On joua les Prétieuses. Receu 24* liv.
« Le mesme jour (6 février IGô"?, représentation de VEcole dc^ femmes)^ pour made la mareschalle de l'Hospital. 330 liv. »
531. Veiie de THostel de M"" le mareschal Daumont, du costé du jardin à Paris. Siluestre fecit. Israël ex. cum priuil. lieyis, (H. 96°^°». L. 161.)
L'Hôtel d'Aumont était situé dans la rue de Jouy. Pendant la fermeture du théâtre, à la (in de 1660 : « Une Visite chez M. le mareschal Daumont. 220 liv. » Registre de La Grange.
532. M. de la Bazinit'^re (Hôtel de), sur le quay du Pont Rouge, aujourd'hui l'Hostel de Bouillon, sur le quay Malaquais. Gravé par Marot. In-(.
Pendant qu'on réparait la salle du Palais-Royal, au mois de septembre 16GU :
« Une Visite chez Mf de la Basieniero, trésorier de l'Espargne. Le Cocu et les Prétieuses. 330 liv, » Registre de La Grange.