‹ Iconogaraphie moliéresqueChapitre 6 sur 159 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

que comme une simple interprétation, bien ou mal réussie, intelligente ou maladroite, de l'original. « Dès qu'on a reconnu, nous disait-il, à quel type se rattache un portrait, il ne faut tenir aucun compte, h mon avis, des changements que, selon sa fantaisie, pour un motif ou pour un autre, le dessinateur ou le graveur a pu apporter à la physionomie, ni de ceux qu'ils ont cru devoir faire à ce qui n'est qu'accessoire dans un portrait ; et, lors même qu'au lieu du buste primitif, on a devant soi une figure à mi-corps ou en pied, ne devra-t-on pas logiquement la ranger sous la rubrique du type, d'où la tête dérive? L'addition de bras ou de jambes n'altère en rien ce type, en effet. Il est bien entendu, toutefois, que les modifications dont je parle doivent toujours être mentionnées dans la description des dessins et des gravures. » Ces réflexions sont fort justes et fort sages ; nous y avons fait droit, en indiquant autant que possible les types principaux d'après lesquels les portraits ont été exécutés. Tous ces portraits gravés ont reçu, suivant l'expression de M. Mahérault, le baptême de la publicité ; ce qui oblige à leur donner place dans notre Iconographie^ quelque peu dignes qu'ils soient souvent d'être signalés. Mais, tout en constatant les types, nous persistons à dire leur fait, même assez crûment, aux portraits gravés, qui nous semblent appartenir au domaine de la fantaisie ou de l'ignorance.

Dans notre ouvrage, dont le plan n'a été qu'étendu et augmenté, on trouvera donc, en première ligne, les portraits de Molière, peints ou dessinés, qui ont été faits de son vivant ou peu de temps après sa mort, ou qui auraient été copiés d'après d'anciens tableaux et dessins. Nous avons décrit ou indiqué non-seulement ceux qui existent dans des collections publiques ou particulières, mais encore ceux dont l'existence a été mentionnée en d'autres temps, lors même que la trace de ces portraits serait aujourd'hui

^n, PRÉFACE.

perdue, car on peut du moins conserver l'espoir de les voir reparaître un jour ou l'autre ^

Après avoir passé en revue ces peintures et ces dessins, qu'on doit regarder comme des originaux plus ou moins authentiques , nous avons décrit un petit nombre de portraits, gravés aussi du vivant de Molière, dans des estampes de livres, mais d'après des dessins qui n'existent plus et qui peuvent, jusqu'à un certain point, passer pour de véritables originaux. Viennent ensuite les autres portraits gravés ou lithographies, qui, sans être classés toujours chronologiquement, le sont autant que possible suivant l'original qu'ils reproduisent et qu'ils annoncent dans leur légende. Ainsi, on aura sous les yeux, grâce à ce classement systématique, toute la série des portraits d'après Mignard, Sébastien Bourdon, Coypel, Lebrun, Houdon, etc. Quant aux portraits qui ne portent pas l'indication d'un original, nous les caractérisons, pour ainsi dire, en désignant le type que chacun d'eux nous paraît rappeler de près ou de loin. La nomenclature des portraits de Molière se termine par la série des bustes, des statues, des statuettes et des médailles qui le représentent.

' Nous devons aller au-devant des critiques qu'on ne manquera pas de nous adresser, sur le défaut d'exactitude et sur l'insuffisance de quelques-unes de nos descriptions iconographiques, dans lesquelles nous n'avons pu nous astreindre à un système uniforme et meihodique. Les pièces que nous avions à décrire se trouvaient tellement dispersées, qu'il n'était pas possible despérer de les voir de nos propres yeux : il a donc fallu nous en tenir trop souvent aux indications que nous fournissaient les catalojrues. Nous n'eussions jamais réussi à les retrouver une à une, à travers les divisions multiples de la classification et du catalogue de notre Cabinet des Estampes à la Bibliothèque nationale, malgré toute l'obligeance des savants conservateurs de cet immense dépôt. Nous n'avions pas des années à consiimer dans un pareil travail de recherches minutieuses et souvent ingrates, sinon inutiles. D'autres viendront, après nous, qui prendront le soin et la peine de compléter et de perfectionner un ouvrage que nous considérons toujours comme un essai, et dont personne, mieux que nous, ne connaît les lacunes et les imperfections.

Page 1