‹ Iconogaraphie moliéresqueChapitre 85 sur 159 · Lk même · texte numérisé non relu

Lk même

— Mademoiselle licjart. Comédie françoisc. ll)4o-l(l7*2. /'>, milemncher se. a<i. f. IStiT; d'apiH'^s un ancien portrait peint fi riiiiile. Gravé i\ Tcau-forte. pour la Galerie liiatorique de la Troupe de Molihe.

Madeleine avait eu une grande réputation de comédienne à Paris, avant la chute de Vlllustre Théâtre. Cette réputation la suivait en province, comme on peut laffirmer d'après l'epilre d»- "^î n. en

tête de la trai^'cdie de Josnpftnt, jouée à Bordeaux et li a duc

il'Epernon, gouverneur de Guyenne. « Cette protection et ce secours, Monsei|nieur, dit-il, que vous avez donnes à la plus malheureuse et à lune des plus intéressantes comédiennes de France, n'est pas la moindre action de votre vie. » C'était l'epoquf» où le baron de Modène avait abandonne la Bejart et l'enfant qu'il avait eu d'elle, pour suivre le duc de Guise dans son expédition de Naples. Tallemanl des Réaux. l'auteur de la Fnmeime Cui ' '•. et Bayle sont les seuls contempi»rains qui parlent d- i-

brahjps palanteries de la Bejart, pendant sa jeunesse. Nous ne tr(»uvons qu'un témoignage un peu vajfue de ces galanteries dans le Herueit de diverses poésies héroïques et burlesques, recueillies par le sieur T. Lhermite {Paris, !'• G. Loyson, 1652, in-4, p. 64) :

Réponse à la lettre d^ M. H.

Que de puissnntii efTorU par de ai foibles ani)<'!i,

Si par me.1 soupirs f>t rnca larm<»i Ce beau cœur se r<^<)uit sous les traiu de pitié, Kt s'il cont;oit pour m«\v tjtjelqu»» peu d'amitié ! Mais, ô divin objot dont timn Ame est ))lex<ti^e, Vn rest" de soupçon deni*»ur»» en ma pensée,

Si pour me l'oter de re<<prit Je ne lis dans toi jeux ce que ta raaio m'écrit.

Madeleine Béjart avait eu, en 1638, avant de se lier avec Molière, une fille reconnue par son amant le baron de Modène, qui donna pour parrain, à cette fille naturelle, son fils légitime, âpre de 8 ans. Voici l'acte «le baptême, dans lequel on a voulu voir celui d'Arraande Béjart, sous un autre nom : « Onzième de juillet (1638\ fut baptisée Françoise, née du samedy troisiesme de ce présent moys, fille de messire Esprit Raymond, chevalier, seiprueur de Modène et autres lieux, chambellan des affaires de Monsei.LTieur, frère unique du Roy, et de damoiselle Magdeleyne Béjart, la mère, demeurant rue Saint-Honoré ; le parrain Jean-Baptiste de l'Hermite, escuyer, sieur de Vauscelle, tenant pour messire Gaston-Jean-Baptiste de Raymond, aussi chevalier, seigneur de Modène ; la marraine» damoiselle Marie Hervé, femme de Joseph Béjart, escuyer. » Jal, qui a cité cet acte, après Beffara, en tire cette induction que le père de l'enfant assistait en personne au baptême. Voy. Dict. de ôiof/rnp/iic et rrhistoirc, p. 179. Vingt-sept ans plus tard, en 1665, Madeleine Béjart tenait sur les fonts , avec M. de Modène, une fille de Molière et d'Armande Béjart. A cette époque, malgré la dénonciation de Montfleury, portée devant le roi deux années auparavant, personne n'eût osé publiquement accuser Molière d'avoir épousé sa propre tille.

369. Geneviève Béjart, dite Mademoiselle Hervé, sœur de Madeleine, née en 16:2(, morte en 1()75; elle avait épousé en premières noces Léonard de Loménie de La Villaubrun, et en secondes J.-B. Aubry des Carrières.

— Madviuoiselle Ilt'rvé. Comédie française. ir)o8-1673. Fr. Hillemacher, ItitiS; d'après un ancien dessin, au trait. Gravé à Teau-forte, pour la Galerie historique de la Troupe de Molière.

M"o Hervé avait débuté d'abord à l'Illustre Théâtre ; elle suivit sa sœur et ses frères en province et resta au théâtre jusqu'à son décès. Elle jouait les soul)rettes et les utilités. Voy. V Impromptu de Versailles, scène première. Après la mort de Molière, elle fut compromise, ainsi (jue son second mari J.-B. Aubry, dans un épouvantable procès, oii Lully était en cause. Voy. Uihliogr. moliér., ro 1170. Voici son extrait mortuaire retrouvé par A. Jal dans les Registres de Saint-Sulpice : « Le quatriesme jour de juillet 1675, a esté faict lo convoy, service et enterrement de (roneviefvL' Béjart, aagee de quarante-quatre ans, femme de M. Aubry, paveur ordinaire du Roy et luu des entrepreneurs du pavé de Paris, morte le 3«î du présent mois, rue de Seyne, à l'hostel d'Arras, et ont assisté aud. enterrement Jean- Baptiste Aubry, son mary, et Louis Béjart,

Lespiiizê, lieutenant î\u répiraent de la Ferté, son frëre, et plusieurs autres amis de l.i iletTuacte.

370. JosEPU Béjart, l'aîné, un des fondateurs de Vlllustre Théâtre, né vers 1617, mort en 1659.

— J. Bejdvt l'aisné. Coittèdie françuise. 1645-1659.

Fr. Ilillemachersc. aq. f. 1S57 ; d'ap^^s un petit portrait h

l'aciuarelle. Gravé i\ l'eau-furle, pour la (uderic historique

de la Troupe de Molière.

Joseph Béjart , qui jouait les premiers rôles de la tra«»édie, quoique bègue, et qui surtout administrait les affaires de la Troupe, avait amasse un trésor en numéraire : on trouva, chez lui, après sa mort, 2i,000 ecus en or. Son Recueil heraldic^ue des Seijjrneurs barons des États «le Lanj.niedoc, imprimé à Lyon en l65.'i-57, prouve qu'il avait de l'instruction. La dédicace du livre au prince de Conti pourrait bien éire de Molière. Voy. la Jeunesse de Molière, par le bibliophile Jacob, p. 116 et suiv.

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