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DES COMÉDIENS ET DES COMÉDIENNES

DK LA TKOll'E DK MOLIÈRE.

36t). Galerie historique des Portraits des Comédiens de la Troupe de Molière, ^Tavés ù l'eau forte sur des doruments ronteinporains, par Frédéric HilU-niacher. Aver des détails biographiques succincts relatifs ;\ chacun d'eux. Dédié ù la Comédie Françoise. Lyon^ Aicolas Sc/ieuring, iS.'iS, in-8, avec 3:2 portraits.

Nous donnons ci-aprës, en conférant les recherches l»ioj?raphi(|U«'s (!«' M. Fr»'«l»'ric Hillemaclier avec l'admirablp Dicfiontiairc (le hio(jraj)}ào et (i'/iistuirc, j)ar A. Jal, la description des portraits qui composent cett<» curieuse Galerie, formée avec soin d'après les trop nombreux orij:inaux (jue possédait Soloirol et dont malheureusement l'authenticité n'a pas ete toujours bien établie. Nous tlovons, de préférence, décrire ces portraits, sur la seconde édition de Touvrap» {Li/oti, Sic. Scheuriny, 1869, in-8), augmentée d'un portrait, M. Hilleniacher ayant retouché et souvent gravé à nouveau plusieurs autres portraits, qu'il a tlatés »!.• 1867 et 1868, |>our les distinguer des anciens, en nioiliriant surft»ut les costumes.

Ces portraits, d'un travail si précieux et si intelligent, ont été tires à part, sur différents papiers de luxe.

Bibliugr. moliér., n» 1127.

Quant à la Gnlerir thèâtrnïe, ou Coilfction rfrs porh'oits en pied des jnincipnux Acteurs qui ont figuré ou qui figurent sur les tix)is premiers Thédtres de In cnpiinie ^l'aris, Bance aine, 1812-1823, 2 vol. in-4 avec 96 pi. color. au pinceau), elle ne renferme qu'un portrait do Molière on costunio de théâtre et un seul portrait appartenant aux Cometliens de sa Troupo.

Ces Comédiens, ou du moins la plupart, menaient une conduite réndiëre et vivaient honorabUment, «ju'ils fussi-nl maries ou n»)n ; ri'^^'liHo n'avait jamais songe à les excommunier ni a leur reluser la 8ej)ulture chrétienne; ce fui la représentation de Tartuffe, qui changea tout cela et qui leur donna dans la société une position équivoque, qu'ils ont gardée jusqu'à la Révolution. Jean-Nicolas de Trallagc, que sa parenté avec le lieutenant de police Nic.-Oabr. de

MOLIERESQUE. 147

La Reynie mettait à même de bien savoir les choses et qui d'ailleurs fut lié avec les Comédiens de la Troupe de Molière et ceux de la Troupe italienne du Palais-Royal, fait en ces termes leur éloge, dans ses notes manuscrites :

« Il y a d'honnestes gens dans toutes les conditions, mais ordinairement en petit nombre. Quoique les Comédiens soyent décriez parmi certains caffars, il est certain néanmoins que, de mon temps, c'està-dire depuis 25 ou 30 ans, il y en a eu, et même il y en a encore, qui vivoient bien régulièrement et même chrestiennement, sçavoir :

Le sieur Molière ;

Le sieur La Grange et sa femme ;

Le sieur de Viller (de Villiers) ;

Le sieur Poisson, le père, et sa femme ;

Le sieur Beauval et sa femme ; •

Le sieur Raisin l'aîné ;

M^ac Raisin, femme du sieur Raisin le cadet, autrement M"?*^ Longchamp ;

Arle(iuin, défunt, sa femme Aularia et ses deux filles, Isabelle et Colombine ;

Le sieur Angelo eu le docteur Balouardo ;

Le sieur Michèle Fracasani ou Polichinelle ;

Le sieur Pierrot. »

367. Marie-M.\deleink Béjart, l'aînée des Bcjart, fille de Joseph Bcjart, sieur de Belleville, écuycr, huissier des eaux et forêts de France, et de damoiselle Hervé ; comédienne et fondatrice de rillustrc Théâtre avec ses frères et Molière; née en 1618, morte en 1672. — Portrait ovale, peint en buste.

Ce portrait faisait partie de la Galerie théâtrale de Soleirol. Voy. le Catalogue 18G1, no 41.

Madeleine Béjart était la maîtresse en titre du baron de Modène (Esprit de Raymond de Monmoiron), gentilhomnip de Gaston d'Orléans, lorsqu'elle créa V Illustre Théâtre en lti43 et qu'elle y fit entrer Molière, âgé de 21 ans, qui l'aimait. Madeleine paraît avoir été très-galante ; elle devait être assez belle et pleine de séductions, quoique rousse, ce qui n'était pas un agrément et un motif de succès en ce temps-là. Mais elle avait un autre charme auquel Molière put être sensible : elle s'occupait de poésie et de littérature ; on connaît d'elle ces vers adresses à Rotrou. sur sa tragédie d'Hercuh' mourant (Paris, Toussainct Quinet, 1G36, in-4) :

Ton Hercule mourant te va rendre immortel ; Au Ciel comme eu la Terre, il publiera ta ^'loire, Kt, laissant icy bas un temple à ta mémoire, Sun bûcher servira pour te faire un autel.

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La trnflition du Théâtre veut qu'elle ait fait représenter une ou deux romédies de sn composition, en province ou à Paris. Le Rejiristre de La Oran^'e cite seulement une pièce, qu'elle avait rncrommodée. Elle fut réellement associée avec Molière, jusqu'à l'époque de sa mort, et pourtant ils ne vivaient pas en trop bonne intoUipence, quand elle fut devenue vieille. Voy. V Impromptu de Versailles, scène première. Elle joua d'abord les reines et les princesses ; plus tard, les soubrettes et les rôles ridicules. Elle laissa toute sa fortune à la femme de Molière, qu'on ; >'ur et

(jui serait plutôt sa tîlle. Brossette le iledare d . noires

sur Despréaux : « M. Despréaux m'a dit que Molière avoit été amoureux premièrement de la comédienne Béjart, dont il avoit épousé la fille. »

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