PL. XXIV
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Le Consistoire de l'erreur désolé.
Le consistoire de l’erreur désolé.
C’est un almanach pour l’année 1686: Le consisioire de l’erreur désolé*. (Planche XX1V.) Au milieu est l’Erreur, une vieille femme, assise dans la chaire de Pestilence. D'un côté, un
démon armé d’un soufflet, de l’autre, un démon armé d’une trompette soufflent dans ses oreilles.
. Sur ses genoux, un livre ouvert laisse lire les mots: sur une page Superbe, Présomption, Liberti-
nage, Dissolution, et sur l’autre page Aveuglement, Obstination, Illusion, Ypocrisie. À gauche, on voit Luther et Calvin faisant des gestes différents d’eflroi et de douleur; derrière eux, Pierre (sic) Servet et Jean Hus. A droite, on voit Bèze, un mouchoir à la main,
et qui semble pleurer, et Zwingle : derrière eux, Carlodstat, Pierre Martyr. — A gauche, en haut, on lit :
Calvin, Bèze et Luter, dont les noms font horreur, Ennemis du bon sens, et suppotz de l'erreur, Dans leurs sombres manoirs tiennent ce consistoire. Etc...
De lautre côté, il est expliqué que la délibération est troublée par un bruit : « On entend crier un vendeur de gazette, avec un certain courier, dont les fâcheux avis désolent l’assemblée. » Or le fächeux courier, qui est représenté dans la partie inférieure de la gravure, tient par les deux coins une toile, sur laquelle on lit : « La deffaite des protestans rebelles de Hongrie ; » dessous, le tableau d’une bataille. Vis-à-vis, le crieur de gazelle tient une pancarte, où on lit: « Démolition des temples ». On voit en effet le dessin d’un temple, qui est nommé : Temple de
Charenton. Du panier que le crieur porte en bandoulière, des papiers sortent, sur lesquels on
lit: Edits et déclaration du roy.
Entre le courrier et le crieur, un docteur, qui ressembie à une mégère, avec des oreilles d’âne, est assis, tenant une plume à la main, écrivant sur une table : C’est l’Jonorance, secrétaire de l’Erreur :
N'est-ce pas un plaisant garant Pour autoriser l'imposture
Que ce secrétaire ignorant Qui n’a jamais sçeu l'Ecriture ?
Comment ne pas être stupéfait du cynisme qui se vante de la démolition des temples et des
édits de persécution comme moyens de réfutation de l’Erreur ! Et jusqu’à quel point les scan-
dales des vices et des violences multipliés par la royauté et le clergé n’avaient-ils pas démoralisé et
faussé les raisons autant que les consciences ! Voilà où avaient conduit les flatteries d’un Bossuet
et des Maimbourg sur le nouveau Constantin, le nouveau saint Louis, etc.