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PREMIER GROUPE: DE TROIS-QUARTS

CGREKEPPRE PREMTER

Les portraits de Rotterdam et de Bâle.

I. Le portrait de Rotterdam. — II. Le portrait de Bâle. — III. Le pseudo-Holbein de Dresde. IV. Le pseudo-Cranach.

Le portrait de Rotterdam.

Planche II].

ES portraits de la maturité se présentent à nous, presque tous, sous deux aspects : de trois quarts ou de profil. Cette différence, toute extérieure, ct qui ne fournit, par elle-même, aucune indication sur l’âge, sur la physionomie du personnage, nous permet cependant une division qui, on va le voir, se trouve correspondre à une certaine réalité plus intime.

Le Musée Boïjmans, à Rotterdam, possède un très remarquable por-

trait de Calvin (sur chêne, 0,27/0,20. Ancien, N° 115; auj., N° 183).

Type habituel ; vu de trois quarts. Le front, ce qu’il y a de plus large et de plus grand, se devine, à moitié caché par le bonnet. Physionomie sans dureté; grands yeux; belles arcades sourcilières ; nez long et fin, un peu tiré, avec la légère élévation au milieu : il sort, parce que tout rentre, se retire, les lèvres et le bas des joues; petites lèvres ; expression de la bouche douce ; moustache ; barbe, plutôt châtaine, soignée; pommettes très saillantes et fortes; trois rides, trois ombres, l’une partant du coin de l'œil, l’autre des narines, la troisième, passant entre les deux, traversent parallèlement la joue. Le cou, dans l’ombre, paraît maigre.

L’habit de dessous, sur lequel se montre le col blanc de la chemise, est noir. La pelisse, grise, un peu comme le fond, avec un col noir, pas en fourrure.

La couleur est assez naturelle, vivante, quoique pas vive; peut-être le temps l’a-t-il assom-

brie. — En regardant assez longtemps, le tableau s’éclaire et devient très net; on voit que le

a dessin est fort soigné, et Ja —— —= — = physionomie, intelligente, dis-

tinguée, aristocratique, prend

du relief et de l’expression.

— La « patte d’oie », au coin

de l'œil (c’est-à-dire les rides

que les médecins déclarent

faire leur apparition vers qua-

rante ans), est assez marquée.

Sans doute, du haut du

front, si large, jusqu’au bout

de la barbe, le tout va en

pointe. Cependant, en-dessous de la barbe, on voit, on sent une solide mâchoire inférieure. Ce n’est pas la force un peu épaisse de Luther, le paysan saxon : mais c’est bien la force résistante du bourgeois picard.

Le portrait a été donné au

Lulu. 72 S loannes Carvinvs De virvio FINGIT FRVSTRA ADVERSARIA NOMEN

SECTA MIHI: SVNT QVI DEDVCANT NOMINIS ORTVM en sait. M. P. Haverkorn van Ex INDEFESSO DICTANDI SCRIPTA CALORE.

IN MEDIVM REVOCANT ALII DFRO OMINE CAVSSAM

CALVITIT:AT LVDANT,DVM INNOXIA SPICVLA SPARGVNT, a bien voulu n’envoyer les M FAVET ET FRVITVR NOSTRIS MEA GALLIA CHARTIS:

Musée en 1871, par KR. van

Eysden; c’est tout ce qu’on Rijsewik, directeur du Musée,

quelques renseignements tech- D'après le portrait de Rotterdam !. niques suivants : € Quant à l’époque à laquelle notre portrait a été peint, je crois pouvoir vous dire qu'il a élé fait versMle milieu du seizième siècle, et représente Calvin à l’âge d’environ cinquante ans, à en juger d'après les rides du front et quelques cheveux gris de la barbe. — La couleur du fond, qui tiresurla.

couleur d’olive, la facture des ombres de la chair, ne permettent pas de penser à un des peintres

hollandais de cette période. — Le portrait a beaucoup souffert et les retouches n’y manquent pas. » — M. F. Schmidt-Devent, directeur actuel du Musée Boïjmans, qui s’est donné la peine de

nous faire exécuter un cliché très soigné, confirme le jugement de son prédécesseur, en ces mots : « J'ai examiné le tableau : tout porte à croire que cette peinture est du seigième siècle. C’est la matière de la peinture, un certain glaire graineleux, transparent et verdâtre, qui me donne la conviction que celle peinture est du seizième siècle. J'ai en outre l'impression que nous sommes en face d’une répétition contemporaine d’un portrait de Calvin, original, qui a probablement

disparu !. »

1. H. o, 172. L. o, 120. Collection Maillart-Gosse. (Voir plus loin Catalogue NP 5.)

Pr IV

Portrait de Bâle.

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