‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 15 sur 221 · LE PORTRAIT DE HANAU · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT DE HANAU

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Comment décider ?

Le nez est un peu moins long que dans les portraits classiques. Mais les arcades sourcilières font avec le nez les mêmes arcs assez caractéristiques, que nous voyons sur le portrait de Limosin et sur les portraits ultérieurs. Les lèvres attirent ici et là les regards. La barbe est moins fournie, mais elle laisse d’autant mieux apercevoir le menton assez proéminent, que lon voit déjà sur le portrait de Touraine et qui sera de plus en plus un des caractères de la physionomie du Réformateur. — Notons enfin les pommettes saillantes….

1540, donc Calvin a trente et un an. Soit.

Mais, d’un autre côté, que faire de cette date de 15217, lisible sur la bague, année où Calvin avait douze ans? Pourquoi cette affectation de montrer son doigt, cette bague? Et s’il y a des traits communs, quelle physionomie différente !

Dans une de ses lettres, M. le pasteur Schræder dit : « Je ne connais pas de document précis constatant qu’il s’agit réellement d’un portrait de Calvin. » Il ajoute: « Cependant il y a une tradition commune aux deux Eglises, qui n’est pas sans valeur ; » et il conclut : « Je ne sais si on arrivera jamais à quelque chose de précis, et de clair sur cette question, qui m'a fait perdre beaucoup de temps; et je ne suis pas le seul qui soit obligé de faire cette confession. »

N'est-ce pas bien la conclusion à laquelle il faut s’arrèter ! ?

Cela dit, rien ne nous empêche de fermer les veux, et de voir à Ferrare, à la cour de Renée, un gentilhomme qui vient d’arriver. Il est vêtu tout de velours noir; sur sa tète est une toque de docteur, de même étofe, et une collerette blanche lui serre le cou, austèrement, mais non sans élégance cependant. Il tient un de ses gants blancs à la main, et laisse voir à l’un de ses doigts un anneau d'or. Sa figure est à la fois sévère et noble, quoique fatiguée par des veilles, dirait-ôn, ou des soucis. Mais ses yeux sont grands et fendus avec finesse, et tout son être respire une distinction particulière, une simplicité de bon ton, qui le met également à laise avec les savants et avec les dames. Ne serait-ce pas Charles d’Espeville, c’est-à-dire Calvin qui, sous ce

nom d'emprunt, vient rendre visite à la duchesse d’Este ?

1. Voir : Æestschrift zur 300 jährigen Jubelfeier der wallonischen Gemeinde zu Hanau, par Carl Nessler. — Neuvième planche. — Portrait donné, le 22 janvier 1749, par le conseiller Jacob Camp au Consistoire wallon.

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