LES PORTRAITS DE ROTTERDAM ET DE BALE
je lui envoyai, découvrit l’auteur de la gravure. Pressé de questiôns, celui-ci finit par avouer qu’on lui avait instamment demandé un portrait de Calvin, faisant pendant à sa gravure de Luther, laquelle avait eu un grand succès, et que, ne trouvant aucun original satisfaisant, il avait composé sa gravure d’après une petite peinture fort insignifiante, que Lugardon a bien retrouvée dans la salle du Consistoire de Dresde ; puis, pour donner quelque valeur à son œuvre, il n’avait pas craint d'ajouter : d’après Holbein. Puisque son Luther était d’après Luc. Cranach, il fallait bien un nom aussi distingué pour donner du prix à sa gravure. »
Mais, d’après ce qui précède, il ne saurait y avoir de doute : le peintre de Dresde avait pris
pour modèle quelque image provenant du portrait de Rotterdam-Bâle.
Le Pseudo-Cranach.
On ne sait trop pourquoi un industriel a eu l’idée de remplacer le nom de Holbein par celui de Cranach, — Pun est aussi faux que l’autre, — et de nous donner une autre variante du portrait de Rotterdam-Bäâle, avec cette inscription: Dessiné et gravé d’après l'original de Cranach par Cazenave.
Nous nous bornons à reproduire (bien que ce soit inutile) la note fournie par M. Reuss à M. Vièles, alors directeur du Séminaire de Montauban : « Ni M. le professeur Schmidt, ni moi, n’avons jamais entendu dire que Cranach ait fait un portrait de Calvin, ou ait eu seulement l’occasion de le voir. Jusqu'à ce que vous puissiez découvrir, dans une biographie de Cranach, quelque chose qui prouve le contraire, je tiens la note au bas de votre gravure pour une erreur. Cette
gravure n’a pas du tout l’air d’être une copie d’un original du seizième siècle. »