Col. Maillart-Gosse. (Cat. No
>. Bibliothèque de Genève.
LE TOBIAS STIMMER 39
l'inscription K. Sichem!,
sculpsit et excude (sic) porte sur la gravure, à côté de la tête, Ætat. 54, à l’âge de 54 ans ?.
Si on rapproche la gravure Stimmer du bois Maillart-
Gosse, au premier abord on
est frappé d’une ressemblance générale. C’est un homme, au même moment de la vie, de même apparence puissante,
avec le même costume. Il y à
de analogie dans la pose. Le bras gauche repose sur une table, et la main gauche est posée sur un livre qu’elle tient ici presque droit.
Mais les différences sc
montrent bientôt. Le profil z: Norradinu Vers
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identique et la cape a pres-
que disparu. Ii est même difficile de distinguer des che- : réa Ber
veux. Au lieu du manteau à
fourrure, c’est, semble-t-il, une robe pastorale. Et surtout, les traits caractéristiques de la figure de Calvin se sont évanouis. Le nez est devenu courbe. L’œil n’est plus le même. La barbe abondante, moutonneuse, n’est plus la barbe de Calvin. La joue ne parait pas creuse ; on ne distingue pas le cou. N’étaient les inscriptions et les preuves externes, on pourrait penser qu'il s’agit d’un
autre Réformateur que Calvin. Est-ce une interprétation, une déformation ?
De Bry.
Nous retrouvons la gravure de Tobias Stimmer, gravée à nouveau et insérée dans une autre collection de portraits, celle de Boissard et de Bry.
Le cadre s’est fort enjolivé. Il y a des colonnettes doriques supportant un arceau. Dans les
deux coins, il y a des ornements Renaissance. Sur une seconde tablette, il y a un livre, une
petite ardoise avec un crayon attaché par une petite corde et, sur l’ardoise, on lit que Calvin
1. Graveur sur cuivre qui a travaillé au commencement du dix-septième siècle, — 2. Col. Maillart-Gosse. (Cat. No 23.)
mourut en 1564, le 27 mars (sic) (H. 0,136, L. 0,104). Mais le portrait lui-même, n’a pas changé.
La collection de Boissard et de Bry nous est connue par deux éditions.
La première a pour titre: « Jcones, images de cinquante hommes illustres, peinte d’après nature (ad vivum effictae), avec leur vie, décrite par Jac. Boissard, le tout récemment et artistement gravé sur cuivre et publié par Théodore de Bry. 1597.» L'ouvrage s’ouvre par une préface de Th. de Bry. Il y raconte que ces « monuments » des lettres et de l’antiquité lui ont été communiqués par des hommes éminents, et surtout par I. [. Boissard. « Celui-ci, continue de Bry, m'a informé qu’il avait aussi chez lui les portraits ({cones) d'hommes savants, qu’il avait lui-même dessinés d’après nature (ad vivum ipse delineaverit) (car il a, en cet art, un admirable talent); qu'il les avait illustrés d’explications; et que, si je voulais les reproduire et les finir (imilari el perpolire) avec mon burin (scapello meo), je lui serais très agréable. » C’est ce qu'il a fait. Quand les deux premières parties de louvrage (la seconde est précédée d’une préface de Boissard) eurent paru, Th. de Bry mourut (27 mars 1598), et la publication de la troisième partie fut faite par les deux fils de artiste, Jo.- Théodore, et Jo.-Israël de Bry. Ils ont exécuté, disentils dans la nouvelle préface, la volonté de leur père mourant (wltima morientis voluntas), de conduire jusqu’à la fin, sous son nom, l’œuvre commencée (inceptas operas). Le titre de cette troisième partie porte: «le tout récemment, et avec soin, fait sur cuivre et édité par les héritiers de Théodore de Bry, 1598.» Il est donc difficile de savoir ce qui, dans cette partie, est l’œuvre du père ou l’œuvre des fils.
Un second volume de portraits, en deux parties, porte ce titre : « récemment et avec soin faits sur cuivre » et publiés par les héritiers de Théodore de Bry, Francfort-sur-Mein, 15992.
Seulement, — fait étrange, — au milieu de ces portraits qui représentent tant de Réformateurs, même peu connus, le portrait de Calvin manque. Il ne se trouve que dans une autre édition de la collection dont nous parlons, qui est devenue un album, sans notices, et dont voici le titre:
« Bibliothèque calcographique. collecteur Jac. Boissard... graveur Jean- Théodore de Bry. 1650 ?. »
Un mot sur ce graveur. « Parmi les artistes qui rappellent encore de loin la manière d'Albert Durer, continuée par les petits-maîtres, signalons Théodore de Bry, né à Liège en 1528, et mort en 1598 à Francfort, où il s’était établi de bonne heure. Ce fut un des graveurs les plus féconds du seizième siècle... Ses aptitudes se révèlent d’une façon complète dans des petits sujets, où se meuvent, par milliers, des figures de dimension très exiguë et dans des ornements d’un goût très individuel, qui attestent une grande facilité d'invention et une entente réelle des conditions particulières de l’ornementation #. » — En 1570, Th. de Brv alla à Francfort-sur-Mein fonder une librairie
d’art, et il entreprit la publication de plusieurs ouvrages considérables *.
1. Jcones quinquaginta virorum illustrium doctrina et conditione præstantium ad vivum effictæ, cum eorum vitis descriptis a Jan. Jac. Boissardo, Vesunti.. omnia recens ir aes artificiose incisa, et demum foras data per Theodorem de Bry, Leondien. civem, Francofurti anno MDXCVII.
2. Bibl. de Genève. — 3. Brbliotheca chalcographica ïillustrium... clarissimorum virorum, collectore Jano Jacobo Boissardo [mort en 1602], Ves., sculptore Jan. Theod. de Bry [mort en 1623. Jean-Théodore de Bry est le fils de Théodore de Bry], chalcogr., ante hac cum vitis editorum et in quinque partes distributorum, nunc vero conjunctim solis iconibus et distichis singulorum subjiciendis exhibitorum et ab eorum exitu continuatorum, Francofurti. Impensis Johannis Ammonïi Bibliopola anno MDCL.
&, G. Duplessis, Æistoire de la gravure, 1880, p. 264. — 5. Monogrammisten.
Conrad Meyer.
On ne peut guère voir autre chose qu’une reprise du Tobias Stimmer dans la gravure sur bois signée Con. Meyer! (0,173 X< 0,138). La date se trouve sur le portrait de Bèze, qui sert de pendant à celui de Calvin et qui est signé :
Con. Meyer fecit À. 1676 ®.
Même tète forte, mème barbe abondante, même main posée sur le même livre ; au-dessous, mème distique latin. Toutefois le front et le nez forment une ligne plus droite: la barbe est moins ondulée, la main droite posée sur la poitrine a été ajoutée, et les plis du’ vêtement sont différents.