PS
Médaillon par un inconnu.
ses préjugés, trouvait ainsi sa légitimation et l’un de ses plus actifs moyens de propagande. C'était la Légende en portrait et l’enseignement par l’image. Pendant un siècle ou deux, les visiteurs, les milliers de visiteurs, ont appris de ce portrait tout ce qu’ils savaient du Réformateur, de son caractère, de son âme!
Blavignac réduisait à deux les « monuments » qui lui paraissaient pouvoir être considérés comme reproduisant authentiquement le portrait de Calvin : « L’un est le portrait de la Bibliothèque ; Vautre, les Woæiriot. » Il reconnaissait, il est vrai, « qu’une restauration toute moderne a complètement modifié l'expression ! » du premier monument. Alors ! Mais la restriction était oubliée et l'affirmation restait.
Jules Bonnet ne parle pas de la restauration et indique le portrait de la Bibliothèque comme « l'effigie la plus ancienne du Réformateur ?. » Il est vrai qu’il ajoutait : « On s’est trop habitué à ne le voir que dans la scène de ses derniers adieux [le tableau d’Hornung], déjà marqué du doigt de la mort, et, par une association naturelle, on se le représente invariablement triste et morose, étranger aux affections comme aux joies de la terre. » — Seulement, comment J. Bonnet ne s’était-il pas aperçu que le Calvin d’Hornung, c'était précisément le Calvin de la Bibliothèque, placé sur son lit de mort, et qu’en définitive tous les deux produisent la même impression, préci-
sément celle que J. Bonnet estimait fausse t ?
Le portrait de la collection Riüilliet.
Planche X, b.
Ce portrait (toile sur bois, 0,54/0,36) peut être, lui aussi, une autre copie du portrait Tronchin, avec quelques différences.
Ce n’est pas le même nez; il n’y a pas la même distance entre l’orbite de l’œil et le nez; l'œil est autre, plus grand, et n’a pas la même expression. — Bien que la main paraisse à des connaisseurs mieux réussie que la figure, elle offre visiblement un manque de proportion, en particulier pour le doigt dressé. D’une façon générale, le portrait présente peu de modelage ; les teintes sont plates, et il n’y a pas de fini. L’expert, M. Kuhn, avait eu entre les mains un Viret qu’il pensait être du même peintre, avec les mêmes tons päles. Comme date, on parle du com-
mencement du dix-septième siècle.
tographies non retouchées. V. Rossel, Æis/oire litféraire de la Suisse romande, 1903, et dans Petit de Julleville, Histoire de la langue et de la littérature française, tome II, 1897, p. 330, 331. — En réalité les spécialités que nous offrent les différentes reproductions viennent surtout du procédé employé
1. Mémoires et documents de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, VII, 1849, p. 144, 145.