‹ Iconographie calvinienne :Chapitre 76 sur 221 · Kawerau, p. XX, XXI · texte numérisé non relu

Kawerau, p. XX, XXI

5. Wider das Bapstum zu Rom vom Teuffel gestifft, Mart. Luther. D. Wittenberg, 1545, durchs Hans Lufft. — 6. Abbildung des Bapstum, durch Mart. Luther. D. Wittemberg, 1545.

Il n’est pas possible de décrire exactement ces dessins, qui reproduisent les détails de la caricature des Dominicains de Genève. Ce qui est le plus caractéristique, peut-être, c’est le mélange de la grossièreté du dessin avec le ton biblique des explications.

La dixième gravure est la plus grossière : il s’agit d'hommes en diverses postures satisfaisant des besoins naturels. Au-dessus elle porte pour titre : « le pape, dieu terrestre est adoré !. » Audessous elle porte quatre vers allemands, qui disent : « Le Pape a fait au royaume de Christ, ce que ces hommes ici font à sa tiare, — Faites-le deux fois plus, dit l'Esprit. Versez dedans sans crainte. Dieu est celui qui l’ordonne ?. Mart. Luth. D. 1545. »

C’est ce dernier traité dont Luther a revendiqué, jusqu’à la fin, la responsabilité. À une question du pasteur de Halle, Matthias Wanckels, pourquoi les caricatures sur le pape et son royaume, il répond, 1544: « Je sais que je ne vivrai plus longtemps, et cependant j'ai encore beaucoup de choses — sur le pape et son royaume — qu’il me faudrait révéler au monde. C’est pourquoi j'ai publié (edidi) ces figures, ces images, dont chacune représente tout un volume qu’il faudrait encore écrire contre le pape et son royaume, afin de témoigner devant tout le monde ce que je pense du pape et de son royaume diabolique. Et jy ai mis mon nom (addidi) pour qu’on ne pût les accuser d’être des livres diffamatoires (ut famosos libelli accusari possint). Si quelqu'un se sent aujourd’hui ou plus tard blessé par ces images, je suis prêt à rendre raison de cette publication devant tout l'empire $. »

Et peu de temps avant sa mort Luther ajouta, à propos de ces images : « J'ai fort irrité le pape avec ces (büsen) images. Oh ! comme la truie remuera le fumier (den Birizel regen). Et quand ils me tueraient, ils n’en mangent pas moins ce fumier (Dreck), que le pape tient dans la main. J'ai mis une coupe d’or dans la main du pape; il faut d’abord qu’il y mette le fumier (credenizen). — Pai un grand avantage; mon Seigneur s’appelle Scheblimini, qui dit : Je vous ressusciterai au dernier jour, et il dira: Docteur Martin, docteur Jonas, Seigneur Miquel, venez ici, et il nommera chacun par son nom, comme Christ le dit dans Jean: « Et il les appelle nominativement. Allons : ayez bon courage #. »

Nous avons ici Luther tout entier: rude paysan, qui a gardé le parler du terroir; grand chré-

tien, qui en face de la mort donne libre carrière à sa verve grossière et victorieusement pieuse. »

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