Ed. Fuchs, p. 68. — 4. Jbid., p
5. Dr Martin Luthers Werke, éd. Weimar, vol. XVIII (1908). Sendschreiben an den Erzbischof Albrecht von Mainz und Magdeburg, sich den ehelichen Stand zu begeben, p. 404, 409. (Lettre écrite le 2 juin 1525.)
toutes les manières montrent sa honte, qu’on la connait, et qu’elle ne s’en relèvera jamais. » — Ce n’est pas l’avis de Luther. Car les prêtres ne se tiennent pas pour battus, au contraire. « En conséquence nous voulons et devons continuer l’œuvre et remuer largement la saleté qui pue si volontiers jusqu’à ce qu’ils en aient la gueule et le nez pleins. » Et encore : « Donc, chers amis, laissez-nous recommencer de nouveau à écrire, à dessiner, à rimer, à chanter, à peindre et à mouler ces nobles idoles comme elles le méritent et en sont dignes f. »
En réalité, cette attaque, il l’avait commencée dès le début de sa carrière. Nous avons déjà parlé du Bapstesel. — Les deux coups principaux furent portés l’un en 1521, l’autre en 1545.
Quelques mots d’abord du Passional ?. Le 7 mars 1521, Luther envoie certaines images à Spalatin et ajoute : « Déjà se prépare l’antithèse, en images, de Christ et du pape, un bon livre et pour les laïques *. — Pour les laïques! Voilà qui est à noter. Et ceci aussi: L’idée du petit volume des caricatufes était empruntée aux écrits de Luther et tout particulièrement au célèbre traité, À Ja noblesse chrélienne, qui venait de paraître. Cranach entreprit lillustration, prépara l’œuvre dans des entretiens avec Luther. Et sans doute celui-ci aurait écrit et fourni les explications, pour mettre au bas de chaque gravure, s’il n’avait dû se séparer de ses amis de Wittemberg, afin de comparaître à Worms et ensuite pour se retirer à la Wartburg. Mélanchthon remplaça Luther, et, quand tout fut prêt, Luther donna son approbation ?. Les images sont doubles et montrent, dans une série de circonstances, la conduite contradictoire du Christ et du pape. Par exemple, une gravure montre le Christ agenouillé, lavant humblement les pieds de ses apôtres debout ou assis. Visà-vis, une autre gravure montre l’antechrist, le pape, superbement assis sur son trône, se faisant baiser les pieds par ses visiteurs, à genoux. Il y a treize de ces antithèses.
Evidemment une pareille prédication était d’une éloquence frappante.
Ainsi pour Luther la caricature traduit en images, à l’usage du peuple, les pensées que tel livre cherche à expliquer aux lettrés.
C’est ce double caractère que nous retrouvons dans la dernière œuvre satirique.
Luther, à la fin de sa carrière, écrit son terrible pamphlet : « Contre la papauté de Rome, fondée par le diable. » Et immédiatement il le double du commentaire que fournissent les dix caricatures de Cranach. Cette fois-ci il écrit lui-même les explications et signe chacune de son nom. On ne connait que trois exemplaires et comme l’un n’est pas complet, que l’autre a disparu, il n’en reste plus qu’un, celui de Halie. Conservé par un ami de Luther, il porte ces lignes, qui en sont bien lPexplication, après le titre :
« Quelques figures et images avec des rimes, que le D° M. Luther a fait paraître à propos de son petit livre contre la diabolique papauté, — à titre d’adieu, avant son départ de ce triste, mauvais monde, pour que les laïques, qui ne peuvent pas lire, voient et puissent comprendre ce qu’il a pensé de la papauté. »
1. « Das Bapstum mit seynen Glidern gemalet und beschriben. > Edit. Weimar, vol. XIX, p. 42-43.
2. Passional Christi und Antichristi, Lucas Cranachs Holzschnitte, mit dem Texte von Melanchthon. — Un facsimilé a été réédité avec une préface, par le professeur D. G. Kawerau en 1885.
3. < Bonus et pro laicis liber.»> Il ne faut pas joindre cette phrase à celle qui précède. Luther parle successivement de deux choses distinctes.