Opera XXI, p. 55. — 2. Jbid., p
3. Homitia XCII in I Lib. Samuel., Cap. Xxxv. Opera XXX, p. 564, 565. — Voir le chapitre sur l'ascétisme calviniste dans /ean Calvin, IV. — 4. Institution chrétienne, II, XI, 9.
qu'entre la figure du début et la figure de la fin, il y ait eu toute une série de figures très différentes. Commençons, une fois pour toutes, par bien nous rendre compte de ce fait. Et ce n’est pas assez dire. Pour avoir supporté, pendant de si nombreuses années, la fatigue d’un labeur comme le sien, l’effort, l’usure de maladies comme les siennes, maladies d’estomac, phtisie et autres, il faut, — d’une nécessité naturelle, — que Calvin ait eu une constitution suffisamment robuste. Pour avoir pu dépenser, prodiguer aussi longtemps tant de forces, il fallait qu’il en possédât, au début, dans sa jeunesse, une provision, une accumulation suffisantes. Et cette force, cette puissance de vie, cette robustesse, n’ont pas pu ne pas se montrer en une certaine mesure, d’une certaine façon, dans son corps, sur sa figure.
Et alors, sans pouvoir rien décider sur l’authenticité du portrait que nous publions, nous nous représentons Calvin, — disons exactement : nous sommes obligé de nous le représenter, — sous une apparence plus ou moins analogue, au moment brillant de sa jeunesse, par exemple à la fin de ses études à Orléans, alors qu’il était Procureur de la nation Picarde, dans le cercle
chaud de ses amis, où il brillait par sa verve, par son entrain.
CHA PIPRE SECOND
L’émail de L. Limosin.
Planche IT.
I. r. Catalogue de la vente Spitzer. 2. M. J. Pannier, dans le Christianisme au dix-neuvième siècle. 3. M. N. Weiss, dans le Bulletin du protestantisme. 4. M. G. Molinier. 5. M. Romain Rolland. — II. Partisans et adversaires. — III. 1. Les preuves selon MM. Bourdery et Lachenaud. 2. Jeanne d'Albret et Limosin. 3. Les autres portraits de Réformateurs par L. Limosin. — IV. Conclusion.
OTRE second portrait est un émail de Léonard Limosin, — émail et portrait surtout connus depuis la vente publique de la grande collection Spitzer, en 1893.
1. Le Catalogue illustré s’exprimait ainsi : « N° 484. Portrait de Cal-
vin. Léonard Limosin, 1535. Le Réformateur est représenté en buste et de troïs quarts, à gauche. La barbe et les cheveux longs; il est coiflé d’un bonnet et vêtu d’une robe noire. Au-dessus de sa tête, une guirlande de feuillage; sur le bord, dans le haut, on lit la signature tracée en or: L. L., 1535. — Emaux de couleurs. Fond vert translucide et bistré.
Rehauts d’or. Contre-émail incolore. Hauteur : 0"110; largeur : 0"093. »
2. Les journaux de l’époque nous renseignent sur la vente elle-même, le 24 avril, et sur l’impression faite par notre portrait : « C’est un-émail de Léonard Limosin, indiqué au catalogue sous le N° 484, comme étant de 1535... En 1535, le Réformateur n’avait que vingt-six ans. Le portrait en question ne paraît pas figurer un homme aussi jeune, bien que l’expression soit assez différente des gravures connues. Elle est plus douce, la barbe est large et longue, un peu saillante, mais surtout par le bout (contrairement, par exemple, aux lcones de Bëze). Calvin est presque de face, tandis qu’on l’a généralement représenté de profil. Cet émail n’est guère plus grand que la main, dans un cadre doré un peu compliqué, et ce n’est pas l’un des meilleurs de cette intéressante série. Cependant on l’avait mis à part, avec trois autres portraits, et sur une demande de 1500 francs, il a été adjugé, — après des enchères et surenchères très passionnantes, — au prix de 14000 francs, soit près de dix fois plus cher. Pareil fait ne s’est pas produit dans toute la
vacation !. »
1. Jacques Pannier, article intitulé : « Portraits de Calvin», dans le Christianisme au dix-neuvième
3. Divers détails sont précisés par M. N. Weiss, dans son article : « Le plus ancien portrait de Calvin »: « La date (1535) et les initiales du célèbre artiste (Léonard Limosin), inscrites sur le cadre, sont contemporaines de l’émail lui-même. Quant an nom de Calvin, il n'y figure nulle part, mais l'attribution est ancienne ; car on savait qu’il existait un émail de Léonard Limosin représentant le Réformateur. » — Il est fâcheux que M. N. Weiss n’ait pas cru pouvoir indiquer comment on savait et qui savait que cet émail existait : c’eût été un renseignement essentiel dans le débat. — «Il était depuis dix-huit ans dans la collection Spitzer; mais 1/ ne n’a pas élé possible de savoir où il avait été trouvé. Bien qu’il ne faille pas demander aux émaux de cette “époque, qui brillent surtout par la fraîcheur, l'éclat, l'harmonie et le fondu des couleurs, les qualités de trait et de précision des portraits, dessinés ou gravés, celui-ci a été considéré comme très remarquable, puisque sur une demande de 1500 francs, il n’a été adjugé qu’au prix de 14 500 francs:
» Si ce portrait est authentique, — et l’on ne voit pas, à priori, pourquoi il ne le serait-pas; — il est le seul connu qui représente Calvin jeune, et ‘au début de sa carrière !. P’émaillétant signé et daté de l’année 1535, l’esquisse qui lui a servi de modèle est'sans doule antérieure. Calvin a séjourné dans l’ouest, en Saintonge, à Nérac et à Poitiers, et s’il n’a pas été en contactdirect avec l'artiste, il est très possible, vu la notoriété déjà très grande du jeune homme, que son portrait ait été commandé par un de ses amis ou admirateurs. Calvin avait alors vingt-cinq ans et venait de prendre définitivement parti pour la Réforme. Tout ce qu’on sait de lui à cette époque révèle une maturité d’esprit, une autorité de caractère, une gravité réfléchie tout à fait exceptions nelle à cet âge. Il suffit à cet égard de rappeler que la première édition de l’/nstitution-est.de 1535 *. Or c’est bien ainsi, si on la contemple attentivement, que nous le révèle cette image: très simple, sans élégance, méditatif et presque timide, en même temps que d’une énergie calme et très concentrée. Les traits encore pleins, mais déjà fatigués par les veilles, la barbe très fournie, d’un brun roux, les épaules ramassées et légèrement portées en avant, sont d’un homme mûri
avant l’âge beaucoup plus que d’un adolescent #. »
4. De ce portrait il a été assez souvent question. En 1891, M. Etienne Molinier a écrit: «Sauf dans des cas très rares, les portraits exécutés par Léonard, non point en reproduisant des dessins exécutés par lui-même d’après nature, mais en suivant des modèles qui lui étaient fournis par ces portraitistes de profession qui nous ont laissé, pour le seizième siècle, une si charmante iconographie dessinée au crayon, se détachent sur un fond bleu. A peine peut-on citer deux ou trois exemples, comme le portrait de Calvin, de la collection Spitzer, où il a fait usage des émaux
translucides, vert ou couleur tannée (pour les fonds) #. »
siècle, du 4 mai 1893. — Il paraît qu'à la même vente, il y avait un autre portrait, dit de Calvin, sur lequel nous n'avons pas de renseignements. Les journaux se bornent à indiquer son existence, et n’ont pas l'air d'y attacher grande valeur.
!. Ces lignes étaient écrites avant la publication de M. le pasteur Dupin de Saint-André sur le « portrait de Touraine. »
2. La préface, et par conséquent la composition de la première édition, qui parut en 1536.
3. Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, XLII, 1893, p. 543, 544.
1. E. Molinier, L'émaillerie (Bibliothèque des merveilles), 1891, p. 26, 27. — L. Limosin, « que l’on pourrait nommer le prince des émailleurs. » (/bid., p. 282.) — « Si, pour beaucoup de personnes, B. Palissy représente, incarne pour ainsi dire toute la céramique française du seizième siècle, on peut dire que
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