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durable. Une stalle injurieuse D Se pour les calvinistes fut com-
mandée à quelque sculpteur
du pays. Calvin, père ou porc, resta donc prèchant aux schis- Sn NE matiques un culte grossier. Quel est le juge d’instruction qui, en face du clou fiché dans Pinscription, n’accuserait tout d’abord un réformé d’avoir voulu protester contre cette symbolisation injurieuse { ? »
À notre avis, ce juge d’instruction risquerait fort d'émettre une hypothèse erronée. Nous pensons plutôt que le sculpteur catholique avait gravé sous la figure du porc : Calvin le père, c’est-àdire voilà ce qu'est /e père de ces calvinistes, qui écoutent. Et puis un catholique rageur crut de bon goût de faire une plaisanterie, et, au moyen de la tête ronde d’un clou, de transformer père en porc. En vérité pourquoi un calviniste aurait-il opéré cette transformation? Et en quoi son
clou, qui laissait tout intact, sauf qu’il aggravait l’inscription, aurait-il pu être une protestation ?
Calvinus Vesperen.
C’est un placard flamand (de 0,382 de hauteur), intitulé Calvinus Vesperen (Les vépres de Calvin), qui, dans sa partie supérieure, offre deux gravures sur bois, carrées (0,120), juxtaposées avec des encadrements ornementaux typographiques.
A gauche, c’est le jugement d’un homme enchaîné, amené par un geôlier devant quatre juges assis; de la bouche de l’homme enchaîné sort le mot : APPELLO. — A droite, c’est un homme qui meurt et un secrétaire écrit.
Une longue poésie parle, entre autres, du prétendu miracle que Calvin aurait voulu faire en
enfermant quelqu'un dans une caisse, etc. Et la poésie se termine par ces mots:
« Gloire au Père, chez lequel tous les catholiques viendront ensemble.
» Et tous les calvinistes égarés iront ensemble en enfer, aux siècles des siècles. Amen. »
1. Champfleury, Ærstoire de la caricature sous la réforme et la ligue, p. 96, 97. . Bibliothèque de Zurich.
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Le portrait d’Arcimboldo.
À la fin de l’année 1902, on a découvert, dans le château royal de Gripsholm, un portraitcaricature de Calvin. Il se trouve actuellement au Musée national de Stockholm. (P/anche XXIIT.)
Je résume ce que m'ont appris un article paru dans la Neue preussische Kreuzzeitung *, du 7 janvier 1903 et une lettre, du 7 déc. 1903, de M. le pasteur Alf. Mohn, alors à Stockholm.
Il ne semble pas qu’il soit possible de douter du personnage qu’on a voulu représenter. C’est bien le Réformateur de Genève, avec sa cape noire, son manteau, sa fourrure.
La figure, qui se détache sur un fond vert, est formée de morceaux de poulets déplumés. La bouche est une tête béante de poisson; la barbe est la queue d’un brochet. La collerette est fabriquée au moyen de morceaux de papier, que l’on peut supposer être des menus de festin ?.
1. Cet article a été traduit dans la Semaine religieuse de Genève, du 24 janvier.
2. Le procédé n'était pas nouveau. Champfleury, Æs{oire de la caricature, p. 74, cite, de la fin du sei-
zième siècle, le Gorgoneum caput. < Dans un cadre ornementé, à travers les enroulements duquel montrent leur tête, un âne déchiffrant à l’aide de lunettes quelque livre sacré, un évêque à tête d'animal, un jésuite
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Calvinus Vesperen. (p. 151).
Devant le Réformateur se trouvent deux livres reliés en parchemin. Celui de dessous porte, en grec, Bapleon. Celui de dessus porte, en latin, Zsernia. Ce dernier nom est celui d’une . petite ville de ltalie méridionale, où lauteur du tableau, — sa signature est au dos de la toile : Giuseppe Arcimboldo, 1 566,
de mettre en lumière la haine provoquée, dans les milieux catholiques, par l’ascétisme du Réfor-
avait passé une partie de sa jeunesse. Le but du peintre aurait été
mateur.
Cet Arcimboldo était né en 1533, à Milan, appartenait à une vieille famille noble de la ville, et était proche parent, neveu peut-être, de larchevèque Arcimboldo, fameux en Scandinavie comme vendeur d’indulgences. Appelé à Prague par l’empereur Maximilien II, en 1565, et nommé peintre de la cour, il mit son talent, réel paraît-il, au service des idées catholiques et de
la vie frivole de ses Mécènes. Il fut décorateur, organisateur de spectacles et de carnavals. En
représenté par un pourceau, et une oie tenant dans son bec un rosaire, la figuration du pape, sa tiare et ses habits sacerdotaux sont formés à l'aide des instruments de la passion et des objets sacrés ayant trait au culte. Cette curieuse estampe, de la fin du seizième siècle, est une des premières à ma connaissance, où les instruments et les emblèmes relatifs à une corporation servent de contour au personnage symbolisé. Les dessinateurs ont abusé depuis de ce système. » — Des têtes analogues ont été faites avec toutes sortes d'objets. Dans la collection Hennin (X, p. 55), on voit un pape dessiné avec une cloche, des tasses, des assiettes.
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Calvin, travesti.
même temps, il se fit comme une spécialité de portraits composés d’après le procédé employé pour celui de Calvin. On a de lui deux tableaux, représentant des figures de femmes, mais avec des fleurs, et quatre autres dans la galerie impériale de Vienne.
Les œuvres d’Arcimboldo proviennent de la Chambre royale d’art et de peinture à Prague. Au début de la guerre de Trente Ans une partie de cette galerie fut transférée à Vienne, et le reste apporté à Stockholm par les troupes suédoises victorieuses. La reine Christine, bien que peu portée à goûter la doctrine calviniste, fit enlever de la galerie royale les œuvres du peintre
italien. Et c’est tout récemment, comme nous venons de le dire, qu’on a retrouvé le portrait de
Calvin.
Calvin, travesti.
Dans une salle, devant une cheminée où flambe un grand feu, Calvin, âgé, se chauffe. Il y a deux femmes, l’une assise, l’autre debout qui les sert: un petit chien est à côté.
La gravure, avec son bord, ou son cadre, mesure : 0,25/0,323. — Elle est signée : Le Blond exc. avec privilège. Et quatre strophes, de quatre vers chacune, nous donnent les explica-
tions nécessaires. En voici deux :