‹ Iconographie chrétienneChapitre 59 sur 141 · FIGURE DE DIEU LE PERE SOUS LES TRAITS DE SON FILS · texte numérisé non relu

FIGURE DE DIEU LE PERE SOUS LES TRAITS DE SON FILS

Miniature française, xiv' siècle.

Mais alors il n'a pas encore de physionomie à lui, ni de traits qui lui soient propres. Il faut qu'une inscription , il faut que le sujet représenté déclarent que c'est bien Jéhovah et non pas Jésus, autrement, en vertu des raisons développées plus haut , on le prendrait pour son fils ; car il en a l'âge , le costume , l'attitude et l'expression. Gomme son fils, et ce qui lui convient moins bien , il porte le nimbe crucifère , le nimbe marqué de la croix où Jésus est mort. Dans Saint-Saturnin de Toulouse, au soubassement du sanctuaire, on voit un bas-relief en marbre représentant le Père éternel enfermé dans une auréole ovale et perlée sur les bords. C'est bien le Père, car il est accompagné d'un chérubin , autour duquel est gravée cette inscription : « Ad dextram Patris chérubin stat cuncta potentis. » Or ce Père, à la droite duquel se tient le chérubin, est complètement imberbe, comme le Fils dont nous avons déjà donné des exemples^. Il porte à la tête un nimbe crucifère, et dont

peintures en i^Sô , avec le secours de trois de ses élèves. Aujourd'hui l'école d'Argos est éteinte , et presque tous les peintres chrétiens de la Grèce se sont réfugiés au mont Athos.

' Manuscrit de la Bibliothèque royale , xi\° siècle , Heures du duc de Berry, folio 65. La scène représente Jésus-Christ au Jardin des oliviers; Dieu le père met sa figure hors des nuages et apparaît à la victime céleste pour la consoler.

^ Pages i3, 29 et 3o, pi. 8, 17 et 18.

la branclie transversale est marquée de et, w ^ ; il a de la douceur dans les traits, de la bonté dans la physionomie; il est entouré des quatre attributs de ses évangélistes, et tient un livre où sont écrits ces mots de l'Evangile, ce salut qu'il adressait à ses apôtres : « Pax vobis. » C'est en tout point le Jésus -Christ que nous voyons sur les anciens sarcophages, sur les vieilles fresques des catacombes et sur les plus anciennes miniatures des manuscrits. Comment donc accorder ces attributs et ces caractères avec l'inscription qui déclare que ce Dieu est le Père et non le Fils? Cette personne divine de Saint -Saturnin a beaucoup d'analogie avec le jeune Dieu que nous donnons ici, et que nous ne pouvons dire avec certitude être Dieu le père plutôt que Dieu le fils.

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