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JÉSDS-CHRIST EN GRAND ARCHEVEQOE

Peinture grecque, xvi' siècle.

Le Christ, coiffé de la couronne archiépiscopale et vêtu des différents ornements que portent les pontifes grecs, s'appelle le grand archevêque, 0 fxiycLc, cL^y^n^zxic,. On le voit ainsi aux grandes coupoles des églises byzantines, et recevant de la mmn des anges, qui passent successivement devant lui, tout ce qui doit servir au sacrifice mystique de la messe^. C'est

siècle. Les miniatures, moins parfaites que celles du ms. de la Bibliothèque royale, sont remarquables cependant. On attribue ces peintures à Giotto lui-même ou à TadéoGaddi, son élève. Elles ne sont probablement ni de l'un ni de l'autre; mais l'école d'où elles sont sorties était une des meilleures de l'Italie.

' Ce dessin est pris sur l'une des peintures à fresque si nombreuses en Grèce.

^ Sur le livre que lient le Christ en grand pontife . on lit : « Seigneur, Seigneur,

ce que les Grecs appellent la liturgie par excellence. La cathédrale de Reims, grecque sous ce rapport comme sous certains autres, donne un exemple de cette liturgie dans les anges qui habitent les niches des contre-forts. Ces anges, qui portent chacun un attribut spécial, viennent défiler, pour ainsi dire, devant un Christ appliqué contre l'abside , à l'extérieur, et qui est encensé par d'autres anges. Le Christ de Reims ne porte pas le costume pontifical, comme chez les Grecs, mais il remplit à peu près le même office ^

Le Christ, vainqueur des démons, sauveur des hommes et leur intercesseur éternel , vient s'asseoir à la droite de son Père , qui lui met la terre sous les pieds et lui donne la place d'honneur. Alors éclate la joie du paradis, et Jésus parcourt en triomphe, aux acclamations des anges et des saints, toutes les régions du ciel. Ce triomphe du Christ est, de tous les sujets, celui qui a le plus exalté les artistes ; on le voit représenté en sculpture et en peinture dans beaucoup de monuments, et toujours avec des modifications qui en font une œuvre nouvelle. Dans la crypte de la cathédrale d'Auxerre, vers la partie orientale, à la voûte de ce qui répond au sanctuaire, on voit une peinture à fresque de la fin du xii^ siècle, représentant le triomphe de Jésus sous sa forme la plus simple. Le fond du tableau est par-

regardez du haut du ciel-, voyez et considérez cette vigne, et prenez soin de celle que votre main a plantée.» ( Voy.le manuscrit de Panselinos). — On remarquera un losange attaché à un ill et pendant sur le genou droit du Christ; c'est ce que les Grecs appellent epigonation, lequel est souvent orné de figures en broderies. L'étole blanche semée de croix s'appelle omophoron ; c'est une pièce du costume consulaire et surtout impérial. Le vêtement à riches ornements s'appelle saccos, et la longue robe, qui répond à l'aube de nos prêtres , se nomme sticharion. On appelle epitrachilion ce qui est notre étole. Le bonnet porte , comme chez nous , le nom de mitra.

' Le manuscrit du duc d'Anjou , Lavall. 12 7, qui est à la Bibl. roy. montre, au f" 1 3g, Jésus-Christ disant la messe. On est à la consécration , et un ange, qui sert d'enfant de chœur, soulève la chasuble du prêtre divin. C'est d'après le texte : «Tu es sacerdos in «aeternum secundum ordinem Melchisedech » , que ce motif a été figuré.

tagé par une croix qui serait totalement ce qu'on appelle une croix grecque , si les bras de la traverse étaient un peu plus longs. Cette croix est rehaussée de pierreries feintes, rondes, ovales, en losange, disposées en quinconces. Au centre, le Christ est sur un cheval blanc couvert d'une selle. 11 tient la bride avec la main gauche; à la droite, la main puissante, est un bâton noir, la verge de fer avec laquelle il gouverne les nations. Il marche ainsi, la tête ornée d'un nimbe bleuâtre ou azuré, à croix de gueules; sa figure est tournée vers les spectateurs. Dans les quatre angles, qui rachètent le carré où la croix est inscrite, quatre anges, ailes déployées, à cheval comme leur maître, font une escorte à Jésus; leur main droite, qui est libre, se lève et s'ouvre en signe d'admiration : « Je vis le ciel ouvert. Il parut un cheval blanc, et celui qui le montait s'appelait le fidèle et le véritable, qui combat et qui juge avec justice. Ses yeux ressemblaient à la flamme du feu; beaucoup de diadèmes brillaient sur sa tête. Il portait écrit un nonv dont nul autre que lui n'a l'intelligence. Il était vêtu d'une robe arrosée de sang; il s'appelle le Verbe de Dieu. Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs et en vêtements de lin blanc et pur. » Voilà ce que dit TApocalypse et ce que la fresque d'Auxerre traduit à quelques différences près qu'on fera bien de remarquer K

' Cette peinture sur mur, un peu endommagée , est une des plus curieuses qui existent; eile donne la traduction approximative d'un beau passage de l'Apocalypse, chap. xix, versets 11-17. On remarquera l'absence desétriers; comme on trouve des étriers à une époque plus reculée, ce n'est pas un caractère d'ancienneté. Le Christ aies cheveux jaunâtres, barbe rousse, ainsi que les sourcils; sa robe est rouge ou rosée, son manteau est gris et doublé de jaune. M. Amable Crapelet, un jeune dessinateur d'Auxerre, a bien voulu me faire un dessin très-exact de cette intéressante peinture. C'est au fond, dans la conque de l'abside , qu'est peinte cette figure divine , inscrite dans une auréole en quatre-feuiiles , accompagnée des attributs des évangélistes et de deux chandeliers à sept branches , que nous avons donnée plus haut , p. 87, pi. 36. Le nimbe de ce Dieu est rosâtre et croisé de vert.

TRIOMPHE DE jÉSUS-CHRIST X CHEVAL.

Fresque française, xn° siècle.

Mais ceci n'est que le germe de ces admirables triomphes dont un est peint sur verre, à Notre-Dame de Brou, et un autre décrit dans la Divine comédie. Celui de Brou est un des plus complets que nous possédions ; pour reconnaître les nombreux personnages qui le composent, ainsi que tous les triomphes qui lui sont analogues, on croit utile d'en donner une description succincte.

Dans le collatéral gauche de Notre-Dame de Brou , la chapelle dite du Retable ou des Sept- Joies ^ est éclairée par une grande

Celte chapelle reçoit ce nom d'un beau retable en albâtre, où sont sculptés les sept événements heureux arrivés à la Vierge Marie: l'Annonciation, la Visitation, la

verrière sur laquelle on voit l'assomption et le couronnement de Marie. La scène est encadrée par un arc de triomphe de forme antique et dont l'arche est en plein cintre. Sur la frise du monument se déploie le triomphe du Christ en cinq compartiments, et dont quatre sont occupés parles personnages qui précèdent ou qui suivent le Fils de Dieu ; c'est ainsi qu'à Paris, sur l'arc de l'Etoile, se développe la grande armée qui marche vers ses conquêtes. En tête de tous s'avancent Adam et Eve, jeune couple nu, près d'entrer dans le paradis, et joignant les mains par reconnaissance. Ils sont suivis d'Abel, nu comme son père et sa mère, et qui est le premier martyr du monde. Après eux, Noé élève en l'air l'arche où se réfugièrent, pendant le déluge , les derniers germes des hommes , des animaux et des plantes. En recueillant pour un peuple choisi la croyance en un Dieu unique , Abraham sauva le monde intellectuellement comme Noé matériellement; il s'avance accompagné de son fils Isaac, qu'il était près de sacrifier à Dieu, et qui porte sur ses épaules, comme plus tard Jésus, le bois où il devait être immolé. Puis Moïse lève en l'air les tables de la loi, comme Noé son arche. Derrière est le prophète Jonas englouti et rendu par un monstre marin , comme Jésus le fut par le sépulcre; il porte au bout d'une pique le monstre tué, comme la mort que le Fils de Dieu écrasa sous ses pieds. Après Jonas c'est David, qui a dansé autrefois devant l'arche, et qui maintenant chante et pince de la harpe en présence de la croix, arche du Nouveau Testament. Puis , dans la foule , brillent çà et là Samson, Gédéon, Elie, Salomon, Ezéchias, c'est-à-dire les principaux juges et les plus grands rois. Suit un groupe de femmes et d'hommes : ce sont les sibylles complétant les grands et les

Nativité, l'Adoration des mages, l'Apparition de Jésus, la Descente du Saint-Esprit et l'Assomption.

petits prophètes. C'est, pour les prophètes, Isaïe, qui s'est écrié : « Une tige s'élèvera de l'arbre de Jessé; une Vierge enfantera. Un petit enfant, Emmanuel , le Messie naîtra d'une femme qui restera vierge.» C'est, pour les femmes, la sibylle persique, une lanterne en main et annonçant la venue du Messie; la Libyque, tenant un cierge allumé et présidant à la naissance du Christ, lumière du monde ^ ; la sibylle de Cumes, qui tient une crèche et a prédit la naissance dans une étable; la Phrygienne, qui porte un étendard parce qu'elle a prophétisé la résurrection et la victoire du Christ. Trois étendards ou flammes flottent au vent et se teignent des couleurs du Dieu martyr. Des trompettes, puissantes comme celles qui ont fait tomber

' Les attributs que portent les sibylles, à la hauteur où la frise est du sol , ne sont pas très -distincts. Ce sujet des sibylles mises en regard des prophètes est fréquent à cette époque. A Brou, les sibylles sont encore sculptées en marbre, au tombeau de Philibert le Beau. Les sibylles sont sculptées à Autun , au retable dit noii me tan g ère , dans une chapelle de la cathédrale. Sculptées au portail occidental de l'éghse de Clamecy (Nièvre), elles sont peintes sur verre à Saint-Ouen de Rouen , à la cathédrale de Beauvais , à la cathédrale d'Auch. Dans la cathédrale de Sens, une des sibylles annonce à Auguste la naissance du Christ. Elles sont sculptées sur les stalles en bois de Saint-Bertrand de Comminges, de la cathédrale d'Auch; elles sont peintes en marqueterie contre le dossier des stalles provenant de l'ancienne chapelle de Gaillon, et qui sont maintenant dans l'église de Saint-Denis; elles sont peintes sur parchemin dans plusieurs manuscrits, notamment dans les Heures d'Anne de France, fdle de Louis XI, qui sont à la Bibliothèque royale, n° 920. Une chapelle dite des sibylles est à l'entrée de Saint-Jacques de Dieppe; elle renferme douze niches qui devaient être occupées par les statues des douze sibylles. Des chapelles de ce nom existent à l'abside de Saint -Etienne de Châlons ( Marne). Voilà ce qui existe en France; il en est de même en Allemagne, aux stalles de la cathédrale d'Ulm, entre autres. En Italie, Michel-Ange et Raphaël se sont exercés sur ce beau sujet. Une iconographie des sibylles ne serait pas sans intérêt, et l'on doit attendre des détails curieux à cet égard d'un travail que prépare M. Ferdinand de Guilhermy. Dans les monuments , les sibylles ne remontent pas au delà du xii' siècle; dans les textes , elles datent des premières époques , de Lactance , de saint Augustm , de saint Jérôme ; il en est question dans les apocryphes. On semble ensuite les avoir oubliées pendant le moyen âge proprement dit, du vii^ siècle auxv'; cependant Vincent de Beauvais les nomme dans son Spéculum universale, et on les voit sculptées à la fin du xii" siècle dans la cathédrale d'Auxerre.

les murs de Jéricho, sonnent la victoire du Crucifié. Avec ces prophètes et prophétesses se ferme à peu près le monde ancien , le monde antérieur à Jésus.

Alors se présente le monde nouveau, le monde chrétien. Le personnel en est disposé chronologiquement : il commence aux apôtres, et par le premier de tous, saint Pierre, qui tient à la main deux clefs d'argent, celle qui ouvre le paradis et celle qui le ferme. Puis saint Paul avec fépée dont il a été décollé, et qui figure en outre le glaive de sa parole tranchante. Puis saint André, qui porte sur ses épaules la croix où il mourut; saint Jean , qui tient le calice empoisonné d'où la mort s'envola sous la forme d'un dragon. Ensuite marchent les autres apôtres, chacun à leur rang : Simon porte la scie qui le fendit en deux; Matthieu, la pique dont il eut le cœur percé; Thomas, féquerre ou la règle, qui en fait le patron des architectes. Les apôtres sont suivis des martyrs qui ont donné leur sang pour la foi , ont témoigné de leur croyance en sacrifiant leur vie, et dont les légions innombrables sont représentées par les chefs. On distingue saint Etienne à la pierre qui lui a ouvert le front , saint Laurent à son gril, qu'il élève comme un étendard de triomphe. Le grand saint Christophe, qui dépasse de tout le buste les plus élevés , porte le petit Jésus sur ses épaules ; il est presque nu comme un athlète antique ou comme un chrétien du peuple, dont on le croit la personnification. Ce colosse courbe les épaules sous le tout petit Jésus, comme sous un poids énorme ; il s'appuie sur un tronc de palmier qui lui sert de bâton. A côté des martyrs paraissent les confesseurs : saint Augustin, saint Ambroise, qu'on croit reconnaître à leur mitre; le vieux saint Jérôme habillé en simple prêtre et non en cardinal, comme on aimait à le figurer alors. Puis l'éclatant empereur Charlemagne , tout couvert d'armures

en fer battu et forgé, la couronne en tête, le sceptre sur l'épaule droite , la main gauche sur la garde de son épée , marche à côté du pauvre saint Roch, vêtu d'habits de pèlerin, que ses longs voyages ont usés. Derrière cette foule et sortant de la porté d'une ville, paraissent les ordres religieux : les bénédictins, à qui le prieuré de Brou appartenait d'abord; les augustins, à qui on le donna ensuite; les prêcheurs ou dominicains, les mineurs ou franciscains, les chartreux ou disciples de saint Bruno. Tous sont vêtus des costumes taillés à la forme et teints aux couleurs de leur ordre. Ces rehgieux, comme les martyrs et les confesseurs, sont représentés par les chefs, saint Benoît, saint Dominique, saint François, saint Bruno. Derrière eux doit venir une foule considérable, qui n'est pas encore sortie des murs de la ville, et qui se presse à la porte. Cette ville représente la terre, qui enfante continuellement des saints.

Mais entre ces deux mondes, l'ancien et le nouveau, entre les prophètes et les apôtres, il y a une transition : c'est pour elle précisément que la procession s'ordonne; car c'est pour le Christ, qui joint l'Ancien Testament au Nouveau, que s'échelonne cette multitude. Le Christ est placé entre cette foule qui précède et cette foule qui suit; il en occupe géométriquement le milieu. Mais on ne part pas des prophètes pour arriver immédiatement à lui , comme on ne le quitte pas pour atteindre aussitôt les apôtres. Après les prophètes, il y a une suite qui est la fin de l'ancien monde; avant les apôtres, il y a une tête qui est le commencement du monde nouveau.

En effet, après les prophètes, soutiens de la vieille loi, s'avancent les juifs qui ont entrevu faurore de la nouvelle ; il y a les juifs christianisants, comme fécole d'Alexandrie les appelait. C'est le Cyrénéen , qui aida Jésus à porter sa croix; Longin, qui lui perça le côté; Gamaliel, qui ensevelit son corps;

c'est ie bon larron, qui se convertit sur le gibet, pria le Christ de se souvenir de lui, et entra le jour même de sa mort dans le paradis avec le fils de Dieu^ Le bon larron, nu, presque aussi grand que saint Christophe, marche à l'aide de sa croix comme Christophe à l'aide de son palmier : belle idée qui transforme la croix de ce larron en arbre de salut , en bâton d'appui , en bourdon pour le pèlerin qui se dirige vers le ciel. Enfin, sous ce gigantesque personnage, sept petits enfants tout nus se tiennent par la main et forment une ronde comme les Heures antiques : ce sont les petits innocents qui, avant tous les martyrs chrétiens , ont versé leur sang pour Jésus. Le premier de ces petits martyrs tient à la main le glaive qui le perça dans les bras de sa mère^. Après le Christ, mais avant les apôtres, s'avance un autre martyr, saint Jean-Baptiste : il porte au bout d'une pique l'Agneau divin qu'il a montré du doigt et dont il fut le précurseur; il le porte comme un légionnaire l'aigle romaine, en tête de la colonne. Jean-Baptiste ouvre la marche du nouveau monde et ferme celle du monde ancien. Juif de naissance et chrétien de cœur, il reçut encore la circoncision, ce baptême sanglant des juifs; mais il donnait déjà le baptême, cette circoncision pacifique des chrétiens. Jean-Baptiste sert de lien entre les deux Testaments.

Enfin, au centre de tout s'élève le héros de ce triomphe, Jésus-Christ , qui est assis sur un char découvert et à quatre roues. Lui seul est décoré d'un nimbe, qui s'irradie de tous les points de sa tête, et qui éclaire tout ce qui l'entoure. D'un regard il voit le passé qui le précède et l'avenir qui le suit.

' Saint Luc, chap. xxiii , v. /j3.

^ Il se pourrait plutôt que ces sept enfants fussent les sept frères Machabées; l'Eglise latine les honore, comme les Innocents, d'un culte spécial. Mais, dans un cas comme dans l'autre, le motif est le même. (Voyez la Légende dorée : De septem fratribus Machaheis. )

Sa figure est celle que Raphaël et les peintres de la renaissance lui ont donnée, celle que Lentulus et le Damascène ont décrite : elle est grave et douce. Au centre du char est posé un globe constellé et traversé par Técliptique où brillent les signes du zodiaque. Ce globe figure le monde, et sert de trône au Christ; c'est au sommet que le Fils de Dieu est assis. Le char est posé sur quatre roues, et tiré par les quatre attributs ou symboles des évangélistes. L'ange de saint Matthieu et faigle de saint Jean sont d'un blanc céleste ; le lion de saint,Marc et le bœuf de saint Luc sont d'un jaune fauve, qui figuré la terre où ils vivent. C'est qu'en effet faigle et fange planent, tandis que le lion et le bœuf marchent. Cependant, sur le vitrail, tous quatre ont des ailes. Une courroie d'argent, passée au cou des quatre symboles, vient s'attacher au timon du char. L'Église, représentée par les quatre puissances religieuses les plus élevées, le pape, le cardinal, f archevêque, Tévêque, ou par les quatre Pères par excellence , saint Grégoire, saint Jérôme, saint Ambroise, saint Augustin, pousse le char aux quatre roues et le mène de concert avec les évangélistes. Jésus guide son triomphe, non pas avec des rênes, mais en répandant avec la main droite des bénédictions partout où il passe.

Tout cela marche sur le vitrail et chante de joie. Dans les nervures qui treillissent f amortissement de la fenêtre, quarante-six anges à cheveux longs et dorés, à robes blanches et transparentes, à ailes jaunes, rouges, violettes et vertes, tous sur un fond bleuâtre comme le ciel, célèbrent à toute voix ou avec des instruments de musique la gloire du Christ. Les uns ont en main des instruments de toute espèce, les autres des cahiers de musique. Les quatre animaux des évangélistes semblent accompagner de leur voix éclatante, le bœuf de ses

mugissements, le lion de ses rugissements, l'aigle de ses cris, l'ange de ses chants, les acclamations de la foule des saints et les chants des quarante-six anges qui remplissent le haut de la fenêtre. En tête de la procession, un ange guide le cortège, et, avec une petite croix qu'il tient à la main, montre à tous le paradis où il faut entrer. Enfin douze autres anges, tout bleus comme le ciel où ils se fondent, sont en adoration devant le triomphe du Christ. Ils semblent lire cette inscription monumentale qui se voit au-dessus de la frise, immédiatement sous les oves de la corniche : , .

TRIUMPHANTEM MORTIS CHRISTUM , ETERNA PAGE TERRIS RESTITUTA, COELIQUE JANUA BONIS OMNIBUS ADAPERTA ,

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