XX INTRODUCTION
de décrire. Plusieurs types byzantins de Dieu, de l'Ange et du génie mauvais, reproduits par son crayon, ont dû trouver place dans le travail qu'on va lire.
A peu d'exceptions près, M. Durand a calqué ou copié tous les dessins qu'on donne ici. Quelques gravures seulement ont été faites d'après MM. Lassus et E. Boeswilwald , architectes à Paris; Duthoit, sculpteur à Amiens; Ch. Fichot, dessinateur à Troyes; Amable Crapelet , architecte à Auxerre ; Klein , peintre à Strasbourg ; Hippolyte Durand, ancien architecte de Reims. Ces artistes, habiles, savants et obligeants, ont misa mon entière disposition leur temps et leur talent pour me procurer des motifs qui me manquaient, dont j'avais besoin, et qui sont disséminés dans les cathédrales d'Amiens, d' Auxerre, de Reims, de Troyes et de Strasbourg. M. E. Boeswilwald a moissonné pour moi dans les belles peintures du Campo Santo de Pise.
Tous les dessins ont été gravés avec la plus minutieuse exactitude par MM. Andrew, Best et Leloir, auxquels doit revenir aussi une partie de mes remercîments.
Voilà pour la gravure ; quant au texte , il a été lu devant une commission spéciale prise dans le comité historique des arts et monuments, et composée de MM. Delécluze, baron Taylor, comte de Montalembert , comte Auguste de Bastard , du Sommerard , Auguste Leprévost, Schmit et Albert Lenoir. La commission a discuté plusieurs points douteux qui ont été éclaircis; elle a fait diverses observations qui ont été accueillies. Le travail a été ordonné et approuvé par le comité; mais une liberté entière a été laissée à l'auteur dans la coordination et l'appréciation des faits. M. Villemain , ministre de l'instruction publique , a bien voulu autoriser, sur l'avis et la demande du comité, l'impression et la publication de l'ouvrage.
Gomme mon travail touchait nécessairement aux plus délicates questions du dogme chrétien , je n'ai pas voulu m'aventurer seul et sans autorité dans une route semée de difficultés. J'aurais inévitablement commis des erreurs, soit dans les mots, soit dans le fond des choses, et j'avais à cœur d'en éviter jusqu'à l'ombre en matière
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aussi grave. Publié par les ordres du gouvernement et par les soins d'un ministre, destiné d'ailleurs à beaucoup d'ecclésiastiques qui se livrent à l'archéologie chrétienne, ce travail devait être à l'abri du moindre reproche d'inexactitude dans le langage et d'hétérodoxie dans les termes. J'ai donc prié monseigneur AfFre, archevêque de Paris, de me faire assister d'un théologien instruit qui pèserait mes idées et mes expressions, et ne les laisserait passer qu'après approbation et certificat d'orthodoxie. Monseigneur l'archevêque s'est empressé de répondre à ma demande et a chargé M. l'abbé Gaume, chanoine-official de la cathédrale de Paris , d'examiner mon livre. Les épreuves ont été lues avec le plus grand soin par M. Gaume. Plusieurs questions indécises ont été débattues et approfondies ; mais toujours je me suis retiré devant l'urbanité et la ferme raison du savant théologien. Je devais à mes lecteurs, et pour les rassurer, toutes ces explications ; je devais à monseigneur l'archevêque de Paris et à M. Gaume l'expression publique de mes plus vifs remercîments.
M. Chabaille, correcteur attaché aux comités historiques, a revu les épreuves de tout mon travail avec une attention, j'oserais presque dire avec une affection toute particulière. M. Chabaille ne s'en est pas tenu aux corrections typographiques ou grammaticales; savant dans l'art dramatique du moyen âge , versé depuis longtemps dans la littérature des mystères et des miracles, il m'a conseillé de faire, de temps à autre , des rapprochements entre l'art figuré et l'art parlé ou mimé; de poser les représentations scéniques en regard des statues et des images. J'ai dû accueillir avec empressement ces judicieuses observations qui m'étaient présentées avec une obligeance parfaite.
Enfin, et pour m'acquitter à peu près, car je dois beaucoup et à bien des personnes , j'offrirai mes remercîments à MM. les conservateurs de la Bibliothèque royale , à MM. les bibhothécaires de Sainte-Geneviève et à M. Amyot de la bibliothèque de l'Arsenal , qui ont mis à ma disposition les plus beaux manuscrits à miniatures, dont j'ai extrait plusieurs dessins. MM. le comte Auguste de