ÉPH-DURAND:EX LIGN *IN-LIGN: DEL
Une fois clairement formulé et visiblement montré, le dogme de la Trinité sempara de tous les esprits. On relut l'Ancien
* Ce bois a été rapporté d'Italie par M. Paul Durand, à qui il appartient. Cette sculpture est du x1v° siècle, et cependant on remarquera que déjà par négligence, peut-être par pur oubli, on n’a pas croisé le nimbe du Père ni le nimbe du Fils. Quant au Saint- Esprit, il est dans une auréole et on ne pouvait lui donner un nimbe. Ce Baptême est ün des plus complets que l'on connaisse; il a une certaine physionomie byzantine.
ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 543 Testament, et on voulut voir la vérité dévoilée dans des textes trop peu explicites ou qui avaient passé inaperçus: C'est alors que les pluriels de la Genèse, que les trois acclamations des Séraphins, que les trois doigts auxquels Dieu suspend la masse du monde, que les trois anges reçus par Abraham, que les trois enfants jetés dans la fournaise, furent regardés comme des allusions à la Trinité, comme des symboles ou du moins comme des figures des trois personnes divines®.
Après l’histoire, on interrogea l'âme humaine et l'ony trouva un reflet de la Trinité. L'âme faite à la ressemblance de Dieu était une dans sa substance et triple dans ses attributs ; la puissance du Père, la bonté du Fils, la sagesse de l'Esprit se répétaient en petit dans la volonté, l'amour et l'inteligence de l'âme humaine.
L'âme peut connaître, désirer et faire le mal tout comme elle peut apprendre, vouloir et accomplir le bien avec les facultés dont elle dispose ; c'est la conséquence de sa nature et limperfection de la liberté qu'elle possède. Le mal complet, le mal absolu dans l’homme, se présente donc sous trois faces correspondantes aux attributs de l'âme. Dans l'ordre sur-
* Le texte suivant du liturgiste Guïllaume Durand rendra compte de la disposition où étaient les esprits du moyen âge relativement à la Trinité, et complétera les textes que nous avons déja indiqués. « Dicens Deum singulariter deorum fugit pluralitatem..…. « (Deut. vr.) Audi Israel, Dominus Deus tuus, unus est. Et apostolus { Eph. 1v) : Unus est « Deus, una fides, unum baptisma. Dicens vero Patrem incipit personas distinguere, de «quibus Esaias ( Esa. xz) : Quis appendet tribus digitis molem terræ. Et alibi (Esa. vr) : «Seraphim clamabant sanctus, sanctus, sanctus. Et Dominus (Matt. xxvir1) : Baptisate «omnes gentes in nomine Patris ,et Filüi, et Spiritus-Sancti. Et Joannes {Joan. v) : Tres «sunt, qui testimonium dant in cælo : Pater, Verbum et Spiritus-Sanctus. Pater est prima, «non tempore sed auctoritate, in Trinitale persona. Quodisequitur omnipotentem, no- «men est essentiale, ideoque illud ad substantivum Deum, vel ad relativum Patrem, «non sine ratione referimus, dicentes credo in Deum Patrem omnipotentem, vel credo «in Patrem omnipotentem. Similiter et quod sequitur : Creatorem cœli et terræ. » (Guil-
laume Durand, Rationale, lib. IV, de Symbolo.)
5Al INSTRUCTIONS.
naturel, dans l’ordre infini, Dieu est l'absolu du bien, et Satan est l'absolu du mal. Dieu est un enstrois hypostases; Satan est un en trois personnes ou plutôt.en trois figures. C'est ainsi que les théologiens et les artistes du moyen âge ont compris et représenté la plénitude de la vertu et du vice. Des images montrent Dieu sous l'aspect d'un homme à trois visages, un pour chaque personne; d’autres images offrent le diable sous . l'apparence d’un être humain portant trois figures sur un tronc unique comme dans ce dessin.