‹ Iconographie chrétienne. Histoire de DieuChapitre 55 sur 126 · JÉSUS-CHRIST EN GRAND ARCHEVÊQUE · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST EN GRAND ARCHEVÊQUE

Peinture grecque, xvr' siècle.

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Le Christ, coiflé de la couronne archiépiscopale et vêtu des différents ornements que portent les pontifes grecs, s'appelle le grand archevêque, 0 méyas apyiepeus. On le voit ainsi aux grandes coupoles des églises byzantines, et recevant de la main des anges, qui passent successivement devant lui, tout ce qui doit servir au sacrifice mystique de la messe”. C'est siècle. Les miniatures, moins parfaites que celles du ms. de la Bibliothèque royale ‘sont remarquables cependant. On attribue ces peintures à Giotto lui-même ou à Tadéo Gaddi, son élève. Elles ne sont probablement ni de l’un ni de l’autre; mais l'école d’où elles sont sorties était une des meilleures de l'Italie.

! Ce dessin est pris sur l’une des peintures à fresque si nombreuses en Grèce. * Surle livre que tient le Christ en grand pontife, on lit : «Seigneur, Seigneur,

ICONOGRAPHIE CHRÉTIENNE. 313 ce que les Grecs appellent la r1TuRGrE par excellence. La cathédrale de Reims, grecque sous ce rapport comme sous certans autres, donne un exemple de cette liturgie dans les anges qui habitent les niches des contre-forts. Ces anges, qui portent chacun un attribut spécial, viennent défiler, pour ainsi dire, devant un Christ appliqué contre labside , à l'extérieur, et qui est encensé par d'autres anges. Le Christ de Reims ne porte pas le costume pontifical, comme chez les Grecs, mais il remplit à peu près le même office”.

Le Christ, vainqueur des démons, sauveur des hommes et leur intercesseur éternel, vient s'asseoir à la droite de son Père, qui lui met la terre sous les pieds et lui donne la place d'honneur. Alors éclate la joie du paradis, et Jésus parcourt en triomphe, aux acclamations des anges et des saints, toutes les régions du ciel. Ce triomphe du Christ est, de tous lessujets, celui qui a le plus exalté les artistes; on le voit représenté en sculpture et en peinture dans beaucoup de monuments, et toujours avec des modifications qui en font une œuvre nouvelle. Dans la crypte de la cathédrale d'Auxerre, vers la partie orientale, à la voûte de ce qui répond au sanctuaire, on voit une peinture à fresque de la fin du xrr° siècle, représentant le triomphe de Jésus sous sa forme la plus simple. Le fond du tableau est par-

regardez du haut du ciel; voyez et considérez celte vigne , et prenez soin de celle que votre main a plantée. » ( Voy.le manuscrit de Panselinos }. — On remarquera un losange attaché à un fil et pendant sur le genou droit du Christ; c'est ce que les Grecs appellent epigonation, lequel est souvent orné de figures en broderies. L’étole blanche semée de croix s'appelle omophoron ; c’est une pièce du costume consulaire et surtout impérial. Le vêtement à riches ornements s'appelle saccos, et la longue robe, qui répond à l'aube de nos prêtres, se nomme sticharion. On appelle epitrachilion ce qui est notre étole. Le bonnet porte, comme chez nous, le nom de mitra.

*. Le manuscrit du duc d'Anjou , Lavall. 127, qui est à la Bibl. roy. montre, au f 139, Jésus-Christ disant la messe. On est à la consécration, et un ange, qui sert d'enfant de chœur, soulève la chasuble du prêtre divin. C’est d’après le texte : « Tu es sacerdos in “ælernum secundum ordinem Melchisedech», que ce motif a été figuré.

INSTRUCTIONS. — IL, Lo

tagé par une croix qui serait totalement ce qu'on appelle une croix grecque, si les bras de la traverse. étaient un peu plus longs. Gette croix est rehaussée de pierreries feintes, rondes, ovales, en losange, disposées en quinconces. Au centre, le Christ estsur un cheval blanc couvert d'une selle. I tient la bride avec la main gauche; à la droite, la main puissante, est un bâton noir, la verge de fer avec laquelle il gouverne les nations. [I marche ainsi, la tête ornée d’un nimbe bleuâtre ou azuré, à croix de gueules; sa figure est tournée vers les specta- 4 \ J \ | =

teurs. Dans les quatre angles, qui rachètent le carré où la croix est inscrite, quatre anges, ailes déployées, à cheval comme leur maitre, font une escorte à Jésus; leur main droite, qui est libre, se lève et s'ouvre en signe d'admiration : «Je vis le ciel ouvert. Il parut un cheval blanc, et celui qui le montait s'appelait le fidèle et le véritable, qui combat et qui juge avec justice. Ses yeux ressemblaient à la flamme du feu; beaucoup de diadèmes brillaient sur sa tête. Il portait écrit un nom dont nul autre que lui n'a l'intelligence. Il était vêtu d'une robe arrosée de sang; 1l s'appelle le Verbe de Dieu. Les armées qui sont dans le ciel le suivaient sur des chevaux blancs et en vêtements de lin blanc et pur.» Voilà ce que dit l'Apocalypse et ce que la fresque d'Auxerre traduit à quelques différences près qu'on fera bien de remarquer k

* Cette peinture sur mur, un peu endommagée , est une des plus curieuses qui existent; elle donne la traduction approximative d'un beau passage de l'Apocalypse, chap. xix, verseis 1 1-17. On remarquera l'absence des étriers, comme on Lrouve des étriers à une époque plus reculée, ce n’est pas un caractère d'ancienneté. Le Christ a les cheveux jaunûtres, barbe rousse, ainsi que les sourcils; sa robe est rouge ou rosée, son manteau est gris et doublé de jaune. M. Amable Crapelet, un jeune dessinateur d'Auxerre, a bien voulu me faire un dessin très-exact de celte intéressante peinture. C'est au fond, dans la conque de l'abside , qu'est peinte cette figure divine, inscrite dans une auréole en quatre-feuilles , ac-

compagnée des attributs des évangélistes et de deux chandeliers à sept branches, que nous avons donnée plus haut, p. 111, pl. 36. Le nimbe de ce Dieu est rosâtre et croisé de vert.

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