‹ Iconographie chrétienne. Histoire de DieuChapitre 61 sur 126 · JÉSUS EN BON PASTEUR · texte numérisé non relu

JÉSUS EN BON PASTEUR

Fresque des catacombes de Rome, premiers siècles de l'Eglise.

Ces diverses représentations font allusion à ces belles paroles de Jésus-Christ : « Quel est l'homme d'entre vous qui, ayant cent brebis et venant à en perdre une seule, n'abandonne pas les quatre-vingt-dix-neuf dans le désert et ne va pas à la recherche

de deux ; il y en a sept à la page 265. Le bon Pasteur semble lui-même plus ou moins fatigué ou du fardeau qu'il a sur les épaules, ou du chemin qu'il a fait pour retrouver la brebis perdue. Ordinairement il ne s'aperçoit ni de la fatigue ni du poids. Néanmoins, dans l'exemple de la page 391, il s’aide d’un bâton comme le voyageur au terme de sa route. Ce motif rappelle ces belles paroles du Dies iræ : « QUÆRENS ME SEDISTI LASSUS. » Nous voyons ainsi le bon Pasteur s'asseoir réellement de fatigue aux pages 269 et 273. À Ravenne, dans l’église de Galla Placidia, une mosaïque de l'an 440 montre Jésus orné d'un nimbe uni, et assis sur un tertre, au milieu d’une riche campagne. Le Sauveur tient de la main gauche une croix de résurrection et caresse une brebis de la main droite ; cinq autres brebis regardent avec plaisir cette affection dont l’une d'elles est l'objet. ( V. Ciampini, Wet. mon. 1° pars. tab. 57, p. 227.) Ces bergers divins sont quelquefois sans instrument de musique, comme celui de Ravenne et comme ceux des pages 339, 343, 473 de la Rom. sott. Les figures du bon Pasteur occupent ordinairement la place d'honneur sur les sarcophages et dans les peintures des catacombes: elles sont au centre du tombeau, au centre des voûtes, et au milieu des archivoltes ou des tympans. En raison de la multitude des représentations, il y a une grande variété dans la manière de les traiter ; il faut noter toutes ces variétés, même les moins importantes, parce qu'il y a toujours un fait et une idée à en tirer.

de la brebis perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve? Et quand il l'a retrouvée, il la met avec bonheur sur ses épaules; il revient chez lui, réunit ses amis et ses voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, parce que j'ai trouvé ma brebis qui était perdue‘. » Des paroles aussi palpitantes devaient inspirer saint Thomas d'Aquin, lorsqu'il composa son office du Saint- Sacrement. Le grand docteur et poëte s'écrie, en effet, dans l'une de ses hymnes : « Bon pasteur, pain réel, Jésus, aïe pitié de nous. Nourris-nous, défends-nous ; fais-nous voir le bonheur dans la patrie des vivants. Toi qui sais tout et qui peux tout; toi qui nous fais vivre ici mortels, là-haut fais-nous les commensaux, les cohéritiers, les compagnons des habitants des Cieux ?. »

Du reste, au moins les antiquaires païens l'affirment, ce sujet du bon pasteur n'appartient pas en propre et comme invention au christianisme ; ainsi qu'ils ont fait du nimbe, les chrétiens, à ce qu'on dit, l'auraient emprunté à l'art païen. Maïs, à supposer l’assertion fondée, c'était un sujet de charité égaré dans le paganisme, et que la religion du Christ, religion d'amour, devait revendiquer comme lui appartenant. Aussi le cœur, l'imagination et l'art des chrétiens ont tourmenté ce sujet en quelque sorte, et l'ont reproduit incessamment et sous tous les

* Saint Luc, ch. xv, vers. 4-7.

* Voici les admirables paroles de saint Thomas :

Bone pastor, panis vere,

Jesu, nostri miserere.

Tu, nos pasce, nos tuere ;

Tu, nos bona fac videre In terra viventium.

Tu, qui cuncta scis et vales, Qui nos pascis hic mortales, Tuos ibi commensales, Cohæredes et sodales

Fac sanctorum civium.

aspects possibles. Dès les premiers siècles, le christianisme se l'était complétement assimilé. On le figurait partout, jusque sur ces vénérables calices de verre, les plus anciens vases sacrés que nous connaissions, et dont nos musées possèdent quelques fragments. Tertullien parle e calices où l'on avait peint le bon Pasteur et la brebis égarée ”.

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